Enquête

Les jours de l'agrément sont comptés

Par L'Economiste | Edition N°:554 Le 20/07/1999 | Partager

· Le Maroc va se doter d'un institut de transport
· Conséquence de l'institution des critères professionnels à l'entrée, le centre accompagnera la rénovation du cadre réglementaire


M. Mustapha Mansouri, ministre du Transport et de la Marine Marchande est un homme comblé. Un peu plus de vingt-quatre heures après l'adoption du projet de loi portant réforme du transport public de marchandises, une réforme qu'il a placée au coeur de sa stratégie, les professionnels français via l'AFTRI (Association Française du Transport Routier International) et l'Agence Française de Développement (AFD) lui apportaient solennellement leur soutien à la mise en place d'une structure de formation dédiée au transport routier.
Une convention de partenariat a été conclue la semaine dernière à Rabat entre la Fédération des Syndicats des Transporteurs Publics de Marchandise, celle regroupant les transpor-
teurs des voyageurs et l'Office National du Transport du côté marocain, et l'AFTRI et l'Agence Française de Développement, côté français. Des routiers français, le ministre attend bénéficier de leur expertise et de leur savoir-faire pour monter le centre. Cela va de la définition des modules pédagogiques en passant par la formation des formateurs jusqu'à l'accueil des stagiaires. Quant à l'AFD, elle apportera son soutien financier au projet évalué à plusieurs dizaines de millions de DH.
Le projet se trouve encore au stade d'études d'opportunité financière et technique. L'association des professionnels du transport est en soi une excellente initiative. Elle constitue un gage d'adaptation de la formation qui sera dispensée aux besoins des entreprises. Le gouvernement a tiré les leçons du précédent.
Il y a trois ans, des jeunes diplômés chômeurs avaient suivi une formation de chauffeurs dans un centre de formation au bout de leur cursus, tous exigèrent au nom de leur droit à l'emploi d'intégrer la fonction publique au grand dam des entreprises qui avaient partiellement financé leur formation. Le Ministère du Transport, malgré sa bonne volonté se retrouva alors piégé.

Qui va gérer le centre?


Il reste aussi à trouver un accord sur la gestion de l'institut. Dans beaucoup de pays, dont l'Hexagone duquel veut s'inspirer M. Mansouri, la gestion des centres de formation professionnelle spécifiques est généralement assurée par les professionnels eux-mêmes. La rénovation du cadre réglementaire engagée par le gouvernement institue pour la première fois des critères de professionnalisme pour accéder à l'activité en lieu et place du célèbre agrément (dans le transport de voyageurs, c'est toujours le règne de l'agrément en attendant le projet de loi). Le rôle de cette structure de formation est plus que stratégique, car il lui reviendra d'irriguer les entreprises de transport en ressources humaines qualifiées.


Et l'encadrement?


Pour accompagner la libéralisation de leur activité, les professionnels planchent actuellement sur le projet d'une bourse de fret qui, à terme, devrait se substituer au dispositif actuel de la répartition du fret assurée par l'Office National du Transport (ONT).
Il reste par ailleurs à relever le grand défi de l'encadrement des transporteurs. On l'a vérifié encore lors de la récente grève des camionneurs. Si l'UGTM (Union Générale des Travailleurs du Maroc) a réussi son OPA sur les grévistes, qui sont, il faut le rappeler, des chefs d'entreprise et non des salariés, c'est parce que les associations professionnelles censées défendre les intérêts de leurs membres ont été complètement absentes.

Abashi SHAMAMBA

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