Enquête

Les entreprises remplacent-elles leurs retraités?

Par L'Economiste | Edition N°:570 Le 11/08/1999 | Partager

· Les patrons ne se soucient pas des peines prévues par la loi

· Retraite ne signifie pas automatiquement création d'emploi

· Opportunité pour intégrer des profils jeunes et pointus

Votre repos est bien mérité, nous vous remercions pour vos services, passez quand vous voulez. Ce sont les quelques commentaires adressés par des chefs d'entreprise ou d'administration à leurs salariés en fin de parcours. Objectif, remonter le moral de leurs anciens «serviteurs». Ils sont en effet des milliers qui partent à la retraite à partir du 30 juin de chaque année. Agés de 60 ans, la date de naissance de la plupart d'entre eux n'est pas précise. De ce fait, les retraités sont considérés être nés le 1er juillet. Ils quittent ainsi leur travail la fin du mois de juin. Qu'ils soient en bonne santé, lessivés, professionnels ou incompétents, les employés âgés de 60 ans sont tenus selon la loi (voir encadré) de quitter leur lieu de travail. Ils libèrent ainsi les postes et laissent en principe la place aux jeunes d'intégrer la vie professionnelle.
D'après les dispositions de la loi, les chefs d'entreprise sont donc obligés d'embaucher des salariés à la place des retraités, même s'ils n'ont en ont pas besoin. La retraite n'est pas une occasion pour l'entreprise de diminuer les effectifs.
Mais dans la réalité, c'est loin d'être le cas. L'essentiel des entreprises sont des PME-PMI familiales voire individuelles. Plusieurs d'entre elles ne trouvent pas d'intérêt de remplacer chaque poste libéré, surtout si elles vivent dans une conjoncture difficile. Elles ne se soucient guère des peines prévues par la loi.

Ainsi, les départs à la retraite, qui devraient en quelque sorte stimuler la machine de l'emploi et rajeunir les effectifs, sont loin d'exercer ce rôle. Les patrons-propriétaires de leur entreprise- censés donner l'exemple, restent aux fauteuils de commande, même s'ils atteignent l'âge de retraite. Si des entreprises ne se sentent pas obligées de remplacer leurs retraités, d'autres structures plus organisées, notamment les multinationales, les organisations publiques partent à la recherche de profils jeunes et bien pointus. Ils ont commencé par le rajeunissement de leurs cadres. C'est le cas notamment de l'ONE, la RAM et l'OCP. L'expérience n'intervient pas. C'est surtout la motivation et les idées novatrices qui priment sur ce segment. La tendance veut qu'aujourd'hui les managers les plus influents au monde soient jeunes (la quarantaine) et inventifs. Ils sont entourés d'équipes plus jeunes versées dans les métiers du développement.


Les principaux articles du Dahir de 1982


Dahir du 6 mai n°1-81-314 portant promulgation de la loi n°7-80 fixant la limite d'âge pour l'occupation d'un emploi salarié et imposant l'obligation à l'employeur de recruter un personnel de remplacement.
Limite d'âge
Art. 2: Tout salarié qui atteint l'âge de soixante ans doit être mis à la retraite sauf ceux dont le cas, sur demande de l'employeur, sera soumis à la décision du Ministère du Travail. La limite d'âge est fixée à cinquante-cinq ans pour les mineurs qui justifient avoir travaillé au fond pendant cinq années au moins.
Obligation de recrutement
Art. 4: L'employeur est tenu de recruter, à titre de remplacement, un salarié pour chaque emploi libéré à la suite de la mise à la retraite du titulaire du poste en application de l'article 2 ci-dessus.
Dispositions diverses
Art. 6: Est puni d'une peine d'emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 120 à 12.000 DH ou l'une de ces deux peines seulement tout employeur qui contrevient aux dispositions de la présente loi. Est également passible des mêmes peines l'employeur qui aura recruté un salarié ayant atteint la limite d'âge.

Mohamed DOUYEB


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