l'Economiste
Edition N° 24 du 09/04/1992

La première unité de sciage, d'étuvage et de séchage du Maroc a démarré
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1992-04-09

La première unité de sciage, d'étuvage et de séchage du Maroc, créée il y a environ une année, à Berrechid a démarré. Face au stade semi-industriel de la scierie au Maroc, la nouvelle unité a, selon ses responsables, pour but de pallier à cette situation, de réaliser des économies de devises au niveau des importations de produits finis et de régulariser l'approvisionnement du marché local en bois scié, séché et étuvé.

Une étude de marché effectuée par les dirigeants de la société Somacib (Société Marocaine de Sciage du Bois) a démontré que la scierie au Maroc n'était qu'à un stade semi-industriel. En effet, la production industrielle du sciage est, selon les dirigeants, très faible d'où le but de créer et de développer une unité industrielle de sciage avec un prix de revient inférieur au prix appliqué actuellement à l'importation de produits finis.
La spécialité de la société Somacib réside au niveau du bois scié (l'hêtre) étuvé et blanc, que l'on trouve uniquement en Europe.
"Notre principal objectif est de réaliser une capacité de Sciage annuelle de 10.000m3. L'étuvage de bois hêtre que nous prévoyons de faire pour le marché local sera de 4 à 5.000m3 ce qui contribuera à diminuer entre 25 à 30% l'importation du bois étuvé importé de Roumanie et de Yougoslavie, ceci fera ainsi bénéficier le pays d'une économie de sortie de devises importante", explique M. Kebir Oudghiri, Directeur Général de la société.
La scierie est édifiée sur une superficie de 14.000m2 environ, à Berrechid (Zone V du Code des Investissements) qui, pour les responsables, "se trouve à une distance raisonnable du port de Casablanca". Le coût global du projet s'articule autour de 22 millions de DH. Le matériel utilisé est composé de machines importées de France et installées par des techniciens français.
La scierie englobe une unité de sciage moderne, un département d'étuvage et un département de séchage artificiel. Pour le sciage, la capacité envisagée est de l'ordre de 10.000m3 de diverses essences. A partir de grumes importées, le travail consiste à débiter les bois dans les épaisseurs généralement utilisées.
Les plateaux sciés sont repris automatiquement sur convoyeur mécanique, pour les véhiculer de poste en poste, de façon continue en vue de leur classification, stockage et séchage.
Les plateaux sont conditionnés par qualité (A, B) selon l'état des deux faces de chaque plateau. La présentation des produits se trouve strictement normalisée.
L'étuvage, quant à lui, consiste à faire baigner le bois dans la vapeur d'une chaleur allant de 80 à 85 degrés, pendant 24 à 36 heures.
L'hêtre est de couleur blanche, une fois étuvé il devient rougâtre et c'est ce que l'on appelle l'hêtre étuvé. "Notre objectif est de réaliser une production d'étuvage de 25 à 30% des volumes importés, soit un cubage de 4 à 5.000m3 annuel avec une augmentation de 20 à 25% chaque année", dit M. Oudghiri.
Au niveau de la troisième opération, le séchage, rappelons que certaines variétés de bois sont importées à l'état frais non propres pour une utilisation immédiate en menuiserie, compte tenu des risques de détérioration des articles fabriqués dûs à l'humidité du bois.
"Aussi, nous envisageons de faire sécher une quantité suffisante dans nos cellules isothermiques allant de 120 à 150m3 tous les quinze jours", explique M. Oudghiri.

10 millions de DH pour une extension

Les cellules isothermiques utilisées ont une structure et une toiture en aluminium boulonnée en inox, ayant un volume brut de 540m3 avec une capacité de 140 à 180m3 de bois. La circulation d'air, opération importante au niveau du séchage, dans la cellule, au travers des piles de bois, est assurée par neuf ventilateurs d'une puissance pouvant atteindre un débit nominal total de 90.000m3 par heure.
Toute cette opération est assistée par ordinateur.
La commercialisation de la production s'effectue par la vente directe aux importateurs de bois sciés ou étuvés et la vente d'environ 40% de la production par l'intermédiaire de revendeurs s'adressant aux petits utilisateurs. Enfin, dans le cadre des projets de la société pour fin 1992, "nous envisageons, face à une demande de plus en plus importante, l'extension de l'usine avec l'achat de nouvelles machines afin d'augmenter la production de l'hêtre étuvé. Pour cette extention, nous prévoyons environ 8 à 10 millions de DH", conclut le Directeur Général.

Carte de visite

Créée en Novembre 1990, avec un capital social de 4 millions de DH, la société Somacib a vu le démarrage effectif de sa production en Septembre 1991.
L'effectif de la société s'élève à environ 35 personnes englobant outre le personnel administratif, deux électro-mécaniciens, deux contre-maîtres, des machinistes, des chauffeurs, des manutentionnaires.
Le parc automobile se compose de véhicules de service, de tracteurs, de remorques et de chariots élévateurs.
Le budget publicitaire annuel de la société s'articule autour de 25.000DH environ.

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