Enquête

La CDT durcit le ton au CIH

Par L'Economiste | Edition N°:552 Le 16/07/1999 | Partager

· Le personnel SNB de la Banque affilié à la CDT menace de décréter une grève de 72 heures
· Le Syndicat prépare une marche nationale en octobre


"L'été sera chaud et la lutte sera poursuivie dans plusieurs banques de la place". C'est la menace que le Syndicat National des Banques (SNB) affilié à la CDT a proféré lors d'une conférence de presse tenue vendredi 16 juillet à Casablanca. Le thème de la rencontre a porté sur l'épineuse question de la restructuration au sein du CIH.
Le bras de fer entre le Syndicat et la Direction se durcit. La menace d'une grève de 72 heures au sein de la banque est mise sur la table. Les syndicalistes du CIH en veulent au PDG, M. Abdelouahed Souhail, pour avoir procédé "unilatéralement" au redres- sement de la banque. "Le budget social a été comprimé. Les prêts logement et les différents avantages sociaux ont été arrêtés", affirme M. Abdelhak Riki, qui a remplacé M. Abdelkrim Benatik, secrétaire général du Syndicat, absent lors de cette conférence "pour des raisons de santé".
Pour la Direction, il s'agit de mettre de l'ordre dans l'octroi de ces avantages. "L'établissement a mis fin à certains prêts démesurés. Il s'agit maintenant de rationaliser les dépenses pour une meilleure gestion", affirme M. Abdellatif Sadek, directeur du Secrétariat des Affaires Générales au CIH. Ce dernier assure que la mise à niveau de l'entreprise est accompagnée d'une campagne d'information auprès du personnel. L'objectif est de mobiliser tous les salariés pour préparer le projet d'entreprise 2000-2003.
La recomposition du marché banquier est derrière la montée en force du mouvement syndical. Selon les syndicalistes, cette politique de restructuration doit être accompagnée d'une concertation du personnel. Le SNB prépare une marche populaire devant regrouper 7.000 banquiers dans les rues de Rabat. La marche est prévue pour octobre.
Mais le plus difficile est à venir, disent les syndicalistes. De l'avis de plusieurs banquiers (voir supplément "banques" du mercredi 30 juin), les mouvements de recomposition comportent des risques d'échec. La confrontation de cultures et de stratégies différentes ne passera pas sans causer "quelques secousses" au niveau des entreprises concernées. Cette question suscite de grandes inquiétudes au sein de la profession.
" Restructurer ne veut pas dire comprimer la masse salariale. Ce n'est pas au personnel de payer les pots cassés des déboires de la banque", affirme M. Ahmed Darghmouni, responsable du Bureau syndical du CIH.
A part le CIH, cette série de sit-in du SNB a touché aussi Crédit du Maroc. Le SNB en veut "aux actionnaires de la banque qui rejettent toute revendication du personnel". La réforme du statut de la CNCA qui doit être transformée en SA et l'ouverture du capital de la Banque Populaire suscitent des inquiétudes chez les syndicalistes, même si "des avancées" ont été enregistrées au niveau des discussions avec les deux directions.

Nadia LAMLILI

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