Enquête

Formation pointue et sang froid

Par L'Economiste | Edition N°:573 Le 16/08/1999 | Partager

· Déterminisme et goût du risque exigés pour réussir ces métiers

· Les conditions d'accès à ces fonctions sont devenues plus serrées

Le développement du marché boursier s'est répercuté sur les conditions d'accès à ses métiers. Pour les exercer, les candidats sont tenus de justifier de cursus pointu.
Pour exercer le métier de trader, le marché exige une formation pointue d'un minimum de quatre années après le bac. Les ingénieurs et les lauréats des grandes écoles sont très prisés pour ce poste. Pour cause, le trader doit justifier d'un esprit cartésien. En ce sens, il est tenu de faire preuve d'une grande capacité à manipuler et analyser les chiffres. C'est le cas notamment des traders opérant dans les marchés obligataires et des produits dérivées, lesquels appellent une maîtrise des techniques mathématiques. En revanche, le marché des actions requiert davantage une connaissance empirique.
Selon des traders, ce métier nécessite beaucoup de déterminisme et de discipline mais surtout beaucoup de sang froid et de maîtrise de soi.
La marge de manoeuvre du trader est limitée puisqu'il effectue ses transactions dans la limite du seuil déterminé en concertation avec le responsable de la salle des marchés. Cette situation est largement justifiée. D'ailleurs, plusieurs événements ont confirmé l'importance voire la nécessité d'une telle mesure.
Pour cela, il suffit de se rappeler de la catastrophe de Barings causée par le trader Nick Leeson à la filiale de Singapour. L'inefficacité du système de contrôle lui avait permis de dissimuler ses actions à ses supérieurs et de poursuivre ses manipulations.
Mais si le trader ne dispose pas d'une liberté absolue dans ses transactions, il n'en demeure pas moins qu'il doit avoir le goût du risque. "Il peut même prendre des décisions qui ne vont pas forcément dans le mouvement du marché", souligne un trader.

Broker et négociateur


Le métier de broker, quant à lui, exige une formation généraliste voire multidisciplinaire. Ses compétences personnelles lui sont d'une grande utilité du fait qu'il est amené à faire des propositions aux clients. De plus, il a besoin d'avoir une bonne mémoire étant donné qu'il doit mémoriser les différents indicateurs ainsi qu'une grande culture générale. Les lauréats des grandes écoles de commerce sont très sollicités pour assurer cette fonction.
En aval de la chaîne se trouve le négociateur, qui a pour mission de concrétiser les ordres du broker sur le marché. Cette fonction ne nécessite pas une formation poussée. Néanmoins, le négociateur doit justifier d'un background en finance. En général, il bénéficie d'une initiation aux rouages de la bourse sur une période d'un mois.
A noter que cette fonction peut être assurée par le broker.
Côté rémunération, le trader contrepartiste, est rétribué en fonction de la plus-value dégagée par la transaction. Pour celui non contrepartiste, il est rémunéré selon un bonus convenu à l'avance.
Quant au broker, sa rémunération est indexée sur le volume des transactions réalisées. En général, ces deux intervenants jouissent de revenus confortables.
Mais au niveau du marché local, le salaire fixe conjugué à des primes, lesquelles dépendent du volume et du chiffre d'affaires réalisé, reste la pratique courante. Conséquence, les revenus des traders et brokers marocains restent bien en deçà de ceux de leurs homologues qui opèrent à Wall Street.


Pas d'horaires fixes


Les métiers de trader et de broker n'ont pas d'horaires fixes.
Le trader, penché sur son terminal est toujours à l'affût des informations relatives à l'évolution des titres. Mais il lui arrive de bénéficier de journées libres s'il estime que l'évolution des cours n'est pas significative. Ceci n'est pas le cas du marché de change où la recherche d'informations s'effectue 24 h sur 24.
Le broker, lui, prospecte pour exécuter les ordres de ses clients.
Mais sa mission ne s'arrête pas à ce niveau. Après la fermeture de la séance, il doit prospecter de nouveaux clients et effectuer un feed-back avec les anciens en les informant des transactions qu'il a réalisées pour leur compte.

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