Régions

Casablanca: Souriez, vous êtes filmés…!

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4697 Le 29/01/2016 | Partager
Plus d’un millier de caméras dans 186 carrefours
Objectif: Faire baisser le taux de criminalité et gérer le trafic

Tout un dispositif de vidéosurveillance pour dissuader les malfrats et améliorer la qualité de vie dans la capitale économique. A l’image des grandes métropoles internationales, Casablanca compte se doter d’un système de vidéosurveillance urbain. L’ensemble du territoire de la ville sera quadrillé par plus d’un millier de caméras connectées à un Poste central de commandes (PCC), sis à la préfecture de police au boulevard Zerktouni. Cette plateforme, dont les travaux ont été inaugurés par le Souverain lundi 25 janvier, sera prête d’ici fin 2016.
Une première pour la métropole dont les habitants ne cessent de clamer leur sentiment d’insécurité. Aux 760 nouvelles caméras (prévues par le nouveau système de vidéosurveillance), s’ajoutent les 60 déjà existantes (rénovées en 2015), sans compter les 560 caméras du tramway. Au total, plus de 1.380 caméras seront donc placées dans des points névralgiques, sans compter les dispositifs prévus dans l’aéroport, les ports, les grandes surfaces et les banques.
Ces caméras (fixes, panoramiques, mobiles, thermiques, nomades…) visent  à «garantir la sécurité dans l’espace public et optimiser la mobilisation des forces de l’ordre sur le terrain», précise-t-on auprès de Casa-Transports, SDL en charge de ce projet. Ce dispositif de nouvelle génération sera capable d’effectuer le suivi automatique des objets mobiles, la reconnaissance faciale et des véhicules, le calcul de la vitesse, la détection automatique d’incidents…
Un montant de 460 millions de DH (dont 260 millions versés par l’Intérieur, le reste par la CUC) sera consacré à cette opération prévue sur 2 tranches. La 1ère sera lancée dans un an (200 caméras dans 26 carrefours). Quant à la 2e, elle sera opérationnelle dans 16 mois (560 caméras dans 160 carrefours).
Rappelons qu’il s’agit là de la concrétisation des recommandations formulées par le groupe de travail «Casablanca, lieu de vie» (dans le cadre du think-tank lancé début 2014 par le wali). En effet, ce groupe avait préconisé, dans un rapport d’une centaine de pages, que le sentiment d’insécurité pouvait être sensiblement réduit en ayant recours à un système de vidéosurveillance intégré (avec 5.000 caméras à l’horizon 2030). Un benchmark avec des villes américaines, connues pour leur fort taux de criminalité, a été effectué par les membres du think-tank. Il en ressort que dans une ville comme Baltimore, une baisse moyenne de 30 incidents par mois a été constatée suite à l’installation de 500 caméras dans le centre-ville et dans les zones à fort taux de criminalité. «L’augmentation de la luminosité dans les bidonvilles contribue aussi à la baisse de la criminalité», signalent les auteurs du rapport. Dans les bidonvilles de Nairobi, l’installation de 3.000 lampadaires couvrant 150 km s’est traduite par une baisse du nombre de vols et d’agressions.

Le «911» casablancais

Le think-tank casablancais avait proposé, rappelons-le, la mise en place d’un numéro d’urgence semblable au 911 américain (cf. éditions du 13 janvier et du  29 novembre 2015). Il s’agit d’un numéro d’urgence unifié pour toutes les urgences, relié à un centre d’appels chargé du dispatching (au niveau du poste central de commandes). Il regroupera tous les intervenants (wilaya, CUC, police, santé, sapeurs-pompiers…). Son financement pourrait être assuré via une taxe (exemple: 2 DH/mois et par abonné). A raison de 5 millions d’abonnés, le budget consacré à la gestion de ce centre d’appels pourrait atteindre les 120 millions de DH, estiment les auteurs du rapport.

Aziza EL AFFAS

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc