Politique

Marrakech: Médina, l’«arrondissement de la mort»

Par L'Economiste | Edition N°:4596 Le 28/08/2015 | Partager
49 sièges en jeu, entre les communales et les régionales
Sous les airs de fête populaire, la campagne démarre enfin
Mécontent de sa position sur la liste, un ex-élu PJD fait défection

Les sorties des candidats dans les quartiers populaires sont accompagnées de «dekka» et de youyou. Fatima Zahra Mansouri à la médina.

COMME pour un sprint, la campagne électorale est définitivement lancée au fur et à mesure que l’on se rapproche de la date du scrutin. Depuis jeudi, les militants quadrillent les quartiers populaires et «labourent»  mètre par mètre, les rues. Chaque voix compte et peut faire la différence. Cette technique du porte-à-porte n’est pas seulement une question de stratégie, mais aussi de prévention et d’économie. 
4.000 candidats représentant 16 partis sont en compétition pour briguer les 186 sièges de la région de Marrakech dont 86 au Conseil communal. La Wilaya de la ville dénombre en tout 84 listes divisées en deux parties: la première avec 2.268 candidats alors que la deuxième (réservée aux femmes) ne comporte que 492 candidates.  Dans l’arrondissement dit de la mort, la médina,  les candidats sont en course pour 18 sièges communaux et 31 pour l’arrondissement. C’est ici que se présente la mairesse actuelle Fatima Zahra Mansouri et la bataille entre partis qui ont aligné leurs meilleurs poulains sera féroce. Ahmed Ghali Benna,  32 ans d’expérience dans le jeu électoral représente l’Union constitutionnelle, alors que Najib Rafouch concourt pour  l’USFP. Le PI a aligné Khalid El Fataoui tandis  que le PJD mise sur Younes Benslimane -qui brigue d’ailleurs la présidence de la commune. Dans cette course, les deuxième et troisième rangs ont leurs grandes chances et les candidats n’hésitent pas à changer de parti lorsqu’ils estiment n’avoir aucune chance d’être élu.  Mustapha Moutahar qui a décroché son siège à la CCIS en tant que PJD aux professionnelles a claqué la porte du parti de la lampe parce qu’il ne figurait pas dans une position de favori  pour les communales. Il se présente aujourd’hui  sous la bannière du PND (Parti national-démocrate) pour la médina. Pour lui, le PJD reste un parti fort mais se doit de donner plus de chances à ses membres.  Dans tous les cas, les candidats deviennent de plus en plus actifs. Pour certains, les sorties sont très remarquées avec fanfare et beaucoup de sympathisants. D’autres plus discrets, et surtout moins nantis, se contentent d’une visite du candidat accompagné de deux ou trois personnes. 
En réalité, le porte-à-porte n’est pas toujours facile à Marrakech. Certains ferment leurs portes au nez du candidat, comme l’a bien vécu une tête de liste représentant pourtant une grande formation politique. Ceux qui ont déjà choisi leur camp sont également mal à l’aise à l’arrivée du parti concurrent. C’est dans la médina et les quartiers les plus populaires que les porte-à-porte sont plus courants. Et les femmes y prennent grande part, pas seulement en tant que têtes de liste et électrices, mais en tant que rabatteurs. Ce sont elles qui jouent le meneur dans les quartiers populaires, là où est concentré le plus grand nombre d’électeurs. Les candidats en sont conscients.
Badra BERRISSOULE
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