Enquête

La reproduction en cage, une alternative

Par L'Economiste | Edition N°:4482 Le 13/03/2015 | Partager
Plusieurs expériences réussies au Maroc
Volière spacieuse, délicatesse, branches naturelles, indispensables pour la reproduction

Contrairement à une idée reçue,  les chardonnerets parva (espèce spécifique au Maghreb) 

Un chardonneret femelle peut pondre une vingtaine d’œufs par saison et réaliser entre quatre et cinq couvées. Si les oisillons qui en éclosent sont privés de soins, ils périssent

peut se reproduire en captivité. Plusieurs éleveurs marocains ont réussi l’expérience. C’est le cas de Mostafa Rahmani. Il a commencé la fertilisation des œufs en 2012.
Une expérience qui a abouti à la naissance de plusieurs chardonnerets en cage. Toutefois, précise-t-il, il est impératif  de respecter toutes les conditions requises à cette reproduction. Une volière spacieuse, un espace accueillant, des branches naturelles, une température ambiante et surtout préparer la femelle avant la ponte des œufs en lui assurant une  nutrition riche et variée. Il est aussi recommandé d’arranger le nid, d’y fredonner un peu tout en produisant des gazouillements pour rassurer la femelle.
Et pas mieux qu’un mâle protecteur qui recourt à la puissance et à la beauté des mélodies qui incitent à la reproduction. Toutes les délicatesses pour domestiquer l’oiseau sont à réaliser en crescendo dès que le couple est mis en cage. Ce type de reproduction se fait à partir d’avril jusqu’à juillet.

En captivité, le chardonneret peut s’accoupler avec des canaris pour donner naissance à une espèce très convoitée: le mistou ou «mulet» dont le prix plancher démarre à 800 DH. Cet oiseau croisé est très apprécié pour ses romances douces et fortes en tonalité

Une femelle peut pondre une vingtaine d’œufs et couver à quatre reprises.
Cette délicate opération nécessite un savoir-faire et une passion du moment que l’opération n’est pas assurée dès les premières tentatives. Plusieurs pontes et couvaisons sont nécessaires pour atteindre l’objectif avec des chardonnerets difficiles à domestiquer.
La reproduction à l’intérieur des cages aidera à la protection de l’espèce et encouragera les éleveurs à tenter différentes formes d’accouplement. «Les petits chardonnerets sont plus faciles à dompter et à initier aux différentes mélodies», souligne Yahia Snoussi, un dompteur de chants d’oiseaux. D’où l’importance d’encourager cette pratique qui contribue à la protection de l’espèce et qui peut générer des bénéfices aux éleveurs.
Les accouplements en gage peuvent, par ailleurs, améliorer l’éclat des couleurs du pavra. Même si «la valeur de cet oiseau n’est pas dans la couleur de son plumage (en comparaison avec le chardonneret élégant), mais dans la qualité des sonorités qu’il exécute. Ils sont vendus à un prix abusif à cause de cet atout», précise Rahmani.

Des concours de chant... pour protéger l’espèce

Les chardonnerets comme les autres oiseaux de chant sont évalués selon une grille qui prend en considération la rythmique et la composition ornithologique

Des concours de chant du chardonneret sont organisés à travers plusieurs villes du Royaume: Mohammedia, Oujda, Meknès, Tanger, Agadir, Kénitra…. ils sont ponctués par un championnat national pour primer les meilleurs oiseaux et leurs éleveurs. La Fédération marocaine d’ornithologie qui compte 33 associations affiliées et plus de 3.000 adhérents, fait appel à des arbitres nationaux et internationaux  pour départager les compétiteurs et consacrer la qualité des mélodies exécutées. Les juges arbitres classent les oiseaux à partir d’une fiche de chant internationale réservée aux prestations des chardonnerets. Elle est composée de deux rubriques: une pour les tours positifs et une autre pour les fausses notes. La partie des notes positives comprend quinze critères se rapportant aux prestations et une note pour l’impression générale ressentie lors du temps de passage. La partie des notes négatives comprend dix canards à éviter. Ces prestations sont classées en chants basiques (six variations), chants sans finition (trois variations) et chants avec changements allant de 2 à 5 variétés. Quant aux pénalisations, elles se rapportent aux mauvaises roulades, la double fin, la précipitation, le craquement, la note discordante ou la note de canari, les mauvaises terminaisons et le double «chau»

A. K.

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