Economie

Assurance maladie: La facture salée du diabète

Par | Edition N°:4325 Le 23/07/2014 | Partager
379 millions de DH décaissés en 2013 par la Cnops
Les dépenses de prise en charge ont doublé en cinq ans!
Le diabète de type 2 prend des allures de pandémie

Progression géométrique que celle du diabète au Maroc. En l’espace de cinq ans, le nombre de malades couverts par la Cnops a plus que doublé à 49.169. Un cas plus que représentatif de cette pathologie chronique qui, avec le temps, a pris l’allure d’une pandémie au niveau national. Puisque l’étude que vient de réaliser la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops) à ce sujet reflète un échantillonnage grandeur nature. Car elle concerne la population réellement couverte et indemnisée pour les soins engagés.
Chez la Caisse, le diabète est la première affection de longue durée (ALD) parmi les assurés atteints de maladies chroniques: 40%.  Et sur la période 2008-2013, ses dépenses de soins ont plus que doublé, passant de 183 millions de DH à 379 millions. L’affection est devenue ainsi le 4e poste des dépenses de soins relatifs aux ALD. Ceci, bien évidemment, sous l’effet de l’extension du diabète parmi la population des assurés : de 22.079 en 2008 à 49.169 en 2013. En moyenne, 6.000 nouveaux cas sont déclarés annuellement auprès de la Cnops. Que dire alors des statistiques des autres organismes de prévoyance sociale et du nombre de diabétiques tout court? Seuls les indicateurs de la Fédération internationale du diabète relatifs au cas du Maroc restent d’actualité. Pour l’année 2013, ils font état de 1,5 million de cas. Tout en précisant qu’à peine un peu plus de la moitié est diagnostiquée. Et le nombre de décès s’élève à 9.426 cas parmi les diabétiques âgés entre 20 et 79 ans. En revanche, l’étude du ministère de la Santé qui remonte à l’an 2000 estime le chiffre à 2 millions. Les ONG et les spécialistes avancent que 10% de la population serait concernée et la maladie progresse de 6,6% par an parmi les personnes âgées de plus de 20 ans. Ce qui est très inquiétant en soi. Mais ce qui est sûr, c’est que le Marocain bat tous les records mondiaux s’agissant de  la consommation du sucre et des céréales, ces denrées considérées comme principaux responsables de l’endémie.  Pas moins de 200 kilos de blés et entre 45 et 50 kg de sucre sont consommés annuellement par chaque citoyen. C’est donc la rançon logique d’une alimentation encore basée sur «le pain et le thé».
Plus grave encore, sont les complications graves et dévastatrices engendrées dans le sillage de l’excès de glycémie: cécité, insuffisance rénale et maladies cardiaques. Et le constat de la Cnops est plus qu’alarmant à cet égard.
«Grand nombre de diabétiques souffrent également d’autres affections de longue durée qui sont dues pour l’essentiel à des complications du diabète», révèle l’étude. Ce qui aggrave encore les coûts de soins. Les  principales pathologies associées au diabète en 2013 sont: l’hypertension artérielle  avec  plus d’un tiers d’assurés diabétiques atteints. Elle est suivie du glaucome chronique avec  plus de 2% alors que l’insuffisance rénale chronique vient en 3e lieu avec 0,9%.
Le nombre de personnes atteintes de diabète de type 2 a également plus que doublé entre 2008 et 2013. Ce genre de diabétiques vient désormais en tête avec 58% l’année dernière alors qu’in ne représentait que 27% il y a 5 ans.  Le sexe n’est pas un facteur distinctif. Femmes et hommes y sont confrontés quasiment à parité égale. En revanche, c’est l’âge qui explique la prévalence de la maladie. Chez la Cnops, 94% des diabétiques ont dépassé l’âge de 40 ans et 46% sont des assurés pensionnés. Le taux d’augmentation est de 7,6 % chez les femmes âgées de 65-70 ans et de 7,5% chez les hommes de même âge.
Pour la Cnops, l’indicateur relatif aux dépenses est aussi en forte augmentation. Il a marqué une hausse annuelle de 16% sur la période de référence. Il résulte du nombre de dossiers des diabétiques qui représentent 11% du total des soins couverts par la Cnops et les mutuelles en 2013, avec une moyenne de 1.087 DH par patient. La même année, le coût moyen du dossier d’un diabétique en ambulatoire est de l’ordre de 850 DH alors que celui en tiers payant s’élève à 3.375 DH. C’est dire l’ampleur de la hausse de personnes poly-pathologiques. 

Médicaments: 100% de prise en charge

Le taux global de couverture par le régime AMO (géré par la Cnops) des frais engagés par les diabétiques s’est établi à 76% en 2013. Il se répartit entre  70% pour les soins ambulatoires et 94% pour ceux en tiers payant. Ce taux se situe à un niveau supérieur à celui de couverture des autres bénéficières de la Cnops (70%) puisque la consommation médicale des diabétiques est constituée principalement des médicaments qui sont pris en charge par la Cnops à 100%. C’est sans commune mesure avec l’assurance privée et même l’AMO géré par la CNSS.

A. G.

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