l'Economiste
Edition N° 4143 du 31/10/2013

M’dina Bus dans la tourmente
Points: 
Les pertes d’exploitation s’élèveront à 140 millions de DH à fin 2013
La première hausse de gasoil de 1DH a coûté à l’entreprise 40 millions de DH de pertes
Le mécanisme de compensation n’est pas encore défini
4143
31-10-2013

La gestion déléguée du transport urbain à Casablanca enchaîne les péripéties. En témoigne la situation de M’dina Bus qui ne semble pas en finir avec ses déboires. Un système de subvention étant l’unique bouée de sauvetage envisageable pour le moment. «Celui-ci fait justement l’objet de la revue triennale qui est en cours de validation par le conseil de la ville et qui devrait rentrer en vigueur d’ici mars 2014», annonce Moulay Youssef El Ouedghiri, directeur du capital humain à M’dina Bus.
En effet, le système de subvention est discuté tous les 3 ans au sein du conseil de la ville. «Ce dernier lance une étude dont l’objectif est d’évaluer le service rendu par M’dina Bus, de dégager les éventuels dysfonctionnements,  de veiller à la réalisation des engagements de l’autorité et du délégataire et d’établir enfin l’équilibre financier en jouant sur le prix du ticket et la part de subvention», explique-t-on auprès de l’entreprise. Force est de constater que cette procédure n’est pas respectée. Celles de 2007 et 2010 n’ayant pas eu lieu, les résultats qui seront présentés par la commission  en fin d’année devront s’appliquer en mars 2014. «Pour l’année prochaine, nous espérons arriver à une gestion équilibrée qui permettra un retour à l’activité normale à travers la reprise des investissements et l’amélioration de la qualité du service rendu», annonce le transporteur. Au sujet de la compensation gasoil, l’entreprise a jusque-là eu des promesses du ministère, mais sans plus. Le mécanisme n’est pas défini à ce jour. Un retard fatal pour l’exploitation car la première hausse de 1 DH a déjà coûté à l’entreprise quelque 40 millions de DH. «Ce qui nous sauve actuellement, c’est la trésorerie, mais si cela continue, nous ne  serons plus en mesure de payer le gasoil et de rémunérer nos collaborateurs», tient à préciser El Ouedghiri. Avec un chiffre d’affaires de 514 millions de DH en 2012, l’entreprise table sur un déficit de 140 millions de DH à fin 2013, subvention de la dernière hausse du prix du gasoil comprise. Pis encore, «le déficit sera encore plus important  si la subvention n’est pas encaissée». La situation est alarmante car sans une restructuration et un système de compensation et de subvention capable de pérenniser le service, M’dina Bus ne s’en sortira pas de sitôt. «Il est sûr qu’un plan de développement en interne, notamment en formation continue, optimisation des charges et des coûts de maintenance… n’est pas suffisant. Il faudra envisager aussi des solutions structurelles tels un plan de déplacement urbain effectif, la lutte contre le transport informel ou encore des investissements en infrastructures (couloirs bus…)».

flotte vétuste

M’dina Bus compte aujourd’hui 866 bus. Une flotte vieillissante qui nécessite la remise en état de 10 bus par mois en moyenne. Pour les besoins du projet de multimodalité, actuellement 70% des bus sont équipés par le système des pupitres, le reste devra se faire dans les 10 jours qui viennent. Le recueil des formulaires clients pour les cartes M’dina Move est en cours avec une capacité de production de 1.200 cartes par jour. Un système déjà opérationnel à Mohammedia. Plus de 3.000 chauffeurs et receveurs ont bénéficié d’une formation pour la manipulation des bus nouvellement rééquipés. Ces derniers seront reconvertis en agents commerciaux. Concernant la nouvelle configuration des trajets et arrêts de bus, une étude est entre les mains de l’autorité organisatrice des déplacements urbains dans la ville.

Imane NAJI

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