Culture

Festival des musiques sacrées
Gros shows à la médina

Par L'Economiste | Edition N°:3804 Le 13/06/2012 | Partager
l’Iran, la France et la Guinée, grandes vedettes
Spectacles à guichets fermés au musée Batha, à Dar Adyel et Mokri

LES nuits de la médina ont aussi leur clientèle. Programmées dans le cadre du festival de Fès des musiques sacrées, ces soirées séduisent de plus en plus de monde.
Lundi, les trois spectacles se sont tenus presque tous à guichets fermés. «La particularité de ce concept, c’est qu’il offre des nuits d’invocations et spiritualités dans des endroits intimistes», déclare Faouzi Skali, initiateur du festival. Que ce soit au musée Batha, ou encore à Dar Adyel ou Dar Tazi, le public est venu en force ce 11 juin. Il faut dire que jamais la médina n’était aussi propre, éclairée et bien sécurisée que lors de ce festival. Car, l’on sait qu’à la clé, il y a un événement qui crée l’activité, attire des visiteurs aussi bien marocains qu’étrangers qu’il faut accueillir dans les meilleures conditions afin de les inciter à y revenir. Pour ce qui est des spectacles de la première «nuit», les artistes Mahsa et Marjan Vahdat d’Iran ont animé Dar Mokri avec des chants mystiques que tous les présents ont suivis avec beaucoup d’intérêt. Ihsan Rmiki et l’ensemble Zaman Al Wasl du Maroc ont ébloui le public de Dar Adyel. Mais le spectacle apothéose est celui donné par Mory Djely Kouyaté et Jean-Philippe Rykiel (France-Guinée) au musée Batha. En effet, la rencontre d’une voix mélodieuse et d’un pianiste chevronné a englouti le jardin du musée et les spectateurs réunis sous le chêne centenaire. Hier, à l’heure où nous mettions sous presse, une autre nuit de la médina était annoncée. Celle-ci sera animée par Rabbi Haim Louk, l’ensemble arabo-andalou dirigé par Abderahim Souiri, Cherifa, la poétesse du Moyen-Atlas (Maroc), et l’Ensemble Nour (France-Iran).
Parallèlement aux soirées musicales, les sites du festival abritent aussi des expositions. Celles-ci sont signées Hassan Makaremi (Je ne suis pas moi, pas moi, je suis), Laila Iraki (Hommage à ma ville), David Packer (Des Astrolabes) et Caroline Fulton (Nos voisins les vivants: animaux du Maroc). Cette dernière est une artiste peintre écossaise. Elle invite le public à un voyage dans le monde des animaux du Maroc par ses différentes toiles aux styles et couleurs variés. Dans un contexte de motifs abstraits et figuratifs, elle transmet par un regard tendre et nostalgique la condition incertaine de ces animaux pourtant familiers, au sein de l’esthétique d’un environnement humain.

Une projection

Vendredi 15 juin - 10h00, le public a rendez-vous à Dar Batha pour une projection intitulée «Pour une nouvelle Séville». Ce film de Kathy Wazana sera projeté en hommage à Simon Lévy et en présence de André Azoulay. «Pour une nouvelle Séville» est à la fois enquête historique et film d’essai poétique et musical sur la dépossession et l’exil, sur l’espoir et les possibilités de coexistence. Tourné au Maroc et en Israël, ce long métrage documentaire explore les circonstances qui ont mené à l’exode des Juifs du Maroc, exode inextricablement lié à l’exil et la dépossession du peuple palestinien.

Youness SAAD ALAMI

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