l'Economiste
Edition N° 3770 du 25/04/2012

Plan Maroc vert: 35 milliards de DH investis à fin 2011
Points: 
111 projets d’agrégation dont 34 opérationnels
L’agriculture solidaire se restructure autour de 19 filières
3770
25-04-2012

DEPUIS le lancement du Plan Maroc vert, l’Agence de développement agricole (ADA) pilote un portefeuille de 111 projets d’agrégation dont 34 opérationnels. D’un coût de 26,6 milliards de DH, ces projets occupent une superficie de 211.000 ha et concernent 206.000 agriculteurs. Ils sont le fait de 15 filières dont 6 se taillent l’essentiel. Avec 21 projets, la filière laitière vient en tête. Elle est suivie par l’agrumiculture qui compte 18 projets et l’oléiculture qui en totalise 15. Le maraîchage, les céréales et les viandes rouges se partagent une trentaine de projets.
L’agriculture solidaire n’est pas en reste. Le pilier II a connu en effet le lancement de 224 projets d’agriculture solidaire sur la période 2010-2011. Couvrant 515.000 ha, ce portefeuille devrait bénéficier à 402.000 agriculteurs pour un investissement de 8,8 milliards de DH. Ces projets concernent 19 filières dont 5 se taillent 143. Ces projets qui visent aussi la reconversion des céréales en arboriculture fruitière se caractérisent par la prédominance de l’olivier qui en concentre 63. L’élevage d’embouche occupe la seconde place avec 34 projets et l’apiculture en compte 16. Fait marquant aussi, toutes les régions y participent avec toutefois l’émergence significative de trois périmètres: Le Gharb,
l’Oriental et le Tadla. Ces derniers étant réputés pour la disponibilité de l’eau attirent de plus en plus d’investisseurs.
Certains n’avaient pas lien avec l’agriculture alors que d’autres sont venus d’autres régions, notamment du Souss et du
Haouz où la ressource hydrique connaît une baisse tendancielle.
De plus, le Plan Maroc vert (PMV) prévoit l’accroissement de la production agricole des principales filières en irrigué
(agrumes, sucre et maraîchage) via le recours aux techniques culturales sans procéder à l’extension des superficies, à
l’exception des périmètres du Gharb et Loukkos. Mais la vague des investissements est à attribuer aussi aux subventions de l’Etat. Sur les cinq dernières années, le montant des aides s’est élevé à 9,5 milliards de DH pour un investissement global de 21,9 milliards soit plus de 43%. La répartition des aides par principales utilisation en 2011 a profité à raison de 67% au matériel et à l’aménagement hydro-agricole et foncier contre 77% en 2010. Cependant, les subventions destinées à l’intensification de la production animale représentent 12% du concours de l’Etat durant la même année. Alors que les plantations fruitières ont bénéficié de 5% des aides.
C’est donc les projets structurants, notamment l’aménagement hydro-agricole qui monopolise la volonté et les investissements. A lui seul, «le retard accumulé en termes d’aménagement hydro-agricole se traduit par la perte de 1,2 milliard de m3 d’eau mobilisée», révèle une étude du ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement. C’est un VIImanque à gagner d’une valeur ajoutée agricole de 2,3 milliards de DH. «Le tout génère une perte de 13,8 millions de journées de travail par an, soit l’équivalent de 60.000 emplois permanents», souligne le même document. Or ce décalage est rattaché pour 68% au barrage Al Wahda dans la région du Gharb. Son coût global s’élève à 18,2 milliards de DH et sa réalisation s’étale sur une période de 9 ans (2010-2018). Sa portée dépasse la mise en valeur agricole pour englober le développement local en intégrant l’approvisionnement en eau potable, le désenclavement et l’électrification.
Pour le moment, les études d’aménagement en cours concernent 128.340 ha (91% du programme). Et les travaux ont été lancés l’année dernière sur 11.300 ha dans quatre périmètres : Moyen Sebou (4.600 ha), Bouhouda (2.000 ha), Ansgmir (4.000 ha) et la palmeraie de Figuig (700 ha).

Economie d’eau: 550.000 hectares à reconvertir

LE Plan national d’économie d’eau d’irrigation (PNEEI) est aussi d’importance capitale. Il vise la reconversion de l’irrigation par aspersion qui occasionne beaucoup de pertes en arrosage par goutte-à-goutte. C’est un projet qui concerne 555.000 ha sur 10 ans. Il s’articule sur trois axes : la modernisation des réseaux collectifs, la reconversion du système d’irrigation au niveau de l’exploitation et la valorisation agricole.
Le premier volet d’un coût de 17,5 milliards de DH sera entièrement financé par le budget de l’Etat et des emprunts internationaux. La reconversion individuelle, dont l’investissement s’élève à 10,5 milliards de DH, est financée par les agriculteurs, l’Etat et le Fonds de développement agricole. Là aussi, quatre régions se taillent plus de la moitié du projet. Celle du Tadla-Azilal vient en tête avec 88.700 ha. Elle est suivie par le Haouz (80.600ha), le Gharb (65.000) et le périmètre de la Moulouya (51.000 ha).
Depuis son lancement en 2008, le PNEEI a mobilisé près de 2,4 milliards de DH de crédits budgétaires, dont 75 % à travers le Fonds de développement agricole. Il a aussi suscité beaucoup d’intérêt auprès des bailleurs de fonds. Ainsi, deux prêts totalisant prés de 1,2 milliard de DH ont été conclus en 2010 avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Et les premiers déblocages ont été enregistrés en ce début de l’année.
S’ajoute aussi un projet d’extension de l’irrigation dans le Gharb avec un investissement de 3,5 milliards de DH.

A. G.

Légende Image: 

Sur les cinq dernières années, le montant des aides s’est élevé à 9,5 milliards de DH pour un investissement global de 21,9 milliards soit plus de 43%

Version normal