International

Voilà de quoi calmer la fronde des «gilets jaunes»!

Par L'Economiste | Edition N°:5405 Le 05/12/2018 | Partager
Plusieurs mesures fiscales suspendues
Un geste économiquement coûteux pour le gouvernement français

Face à la colère des «gilets jaunes» et des opposants politiques, le Premier ministre français Edouard Philippe a annoncé de nouvelles mesures. Un geste qui pourrait se révéler économiquement coûteux pour le gouvernement. «Si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent», a assuré le Premier ministre.

Le manque à gagner des mesures qu'il a annoncées s'élève à environ deux milliards d'euros, selon le gouvernement. Mais ces annonces sont qualifiées d'insuffisantes par l'opposition et les protestataires. Une concertation locale sera menée du 15 décembre au 1er mars. Le plan de sortie de crise est composé de plusieurs volets:

■ Carburant: La hausse prévue le 1er janvier 2019 de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel est suspendue pour six mois. Au coeur des revendications, cette hausse de trois centimes sur l'essence et de six centimes sur le diesel n'aura donc pas lieu dès le début de l'année. Le gouvernement renonce également pour la même durée à la convergence fiscale du diesel et de l'essence, c'est-à-dire à davantage taxer le diesel, jugé plus néfaste pour l'environnement, afin de le rendre plus onéreux que l'essence. Enfin, Edouard Philippe a suspendu une troisième mesure, elle aussi source de crispation: l'augmentation des taxes prévue sur le gazole non routier (GNR) utilisé notamment par les entreprises de travaux publics. Selon le gouvernement, ces hausses auraient dû rapporter trois milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2019 dans les caisses de l'Etat, soit un manque à gagner de 1,5 milliard pour le report de six mois.

■ Gaz et électricité: Le tarif régulé de l'électricité et du gaz ne bougera pas jusqu'au 31 mars. Cette hausse inquiétait de nombreux ménages pour l'hiver 2019. Des associations de consommateurs avaient alerté la semaine dernière sur une probable augmentation de 8% à 10% du prix de l'électricité. Ce dernier est victime d'un mécanisme complexe de fixation, entre le tarif régulé et celui du marché de gros qui augmente depuis un an. Selon les associations, le surcoût pour les consommateurs d'électricité se serait élevé à 1,47 milliard d’euros pour la seule année 2019. La semaine dernière, le ministre de la Transition écologique François de Rugy avait évoqué la piste d'une baisse de la contribution au service public de l'électricité. Une taxe servant notamment à couvrir les missions de service public assurées essentiellement par EDF. Pour le gaz, la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN) devait augmenter de 22% au 1er janvier pour passer de 8,45 euros/MWh à 10,34 euros/MWh. Une hausse qui devait rapporter un milliard d'euros à l'Etat sur l'année.

Contrôle technique

Redouté par les «gilets jaunes» qui possèdent des voitures anciennes et en particulier des diesel, le durcissement du contrôle technique prévu pour janvier 2019 est lui aussi suspendu pour six mois. En mai, il avait déjà été alourdi avec notamment davantage de points de contrôle et plus de défaillances scrutées lors de l'examen du véhicule. Sa deuxième phase vise à faire sortir du parc automobile les véhicules diesel qui émettent le plus de particules. Mais selon des professionnels, certaines voitures récentes auraient pu elles aussi être victimes de cette nouvelle mouture. Edouard Philippe a affirmé souhaiter trouver les justes adaptations pendant la période de suspension.

F. Z. T. avec AFP

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