Culture

Festival international du film de Marrakech Fishburne: «J’ai décroché mon premier rôle à 10 ans»

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5405 Le 05/12/2018 | Partager
L’acteur américain est l’invité du FIFM
Il présente jeudi «Ant-man et la guêpe» sur la place Jemaa El Fna
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Rencontre en aparté, à l’occasion du Festival du film de Marrakech, avec Laurence Fishburne, qui va présenter jeudi au public «Ant-man et la guêpe» sur la place Jemaa El Fna (Ph. Bziouat)

Matrix, Mission impossible, Passengers, et aujourd’hui Ant-man et la guêpe, Laurence Fishburne a le physique de l’emploi. Et l’expérience aussi, même si sa filmographie va bien au-delà de ces «super-héros». Rencontre en aparté, à l’occasion du Festival du film de Marrakech, avec un acteur aussi impressionnant que chaleureux. Tête-à-tête.

- L’Economiste: Vous incarnez le docteur Bill Foster dans «Ant-man et la guêpe», pouvez-vous nous en dire quelques mots?
- Laurence Fishburne:
Je ne connaissais pas ce personnage avant que l’on me propose ce rôle. Je connaissais mieux Thor, l’homme araignée ou les avengers. Après l’univers DC, entrer dans l’univers Marvel est très excitant pour moi. Pour certains, ce n’est pas forcément compatible mais personnellement, je n’y vois aucun inconvénient.

- Vous allez présenter ce film jeudi sur la place Jemaa El Fna, et donc rencontrer le public marocain. Un sentiment à ce sujet?
- C’est un vrai plaisir pour moi de venir au Maroc. Les gens y sont particulièrement chaleureux. J’ai été accueilli à bras ouverts, alors c’est un peu comme si je retrouvais une famille.

- D’Apocalypse Now à Ant-man, en passant par Matrix, vous avez vu évoluer les effets spéciaux au cinéma. Comment un acteur compose avec ces nouvelles technologies sur un tournage?
- Personnellement, que ce soit pour le théâtre, le cinéma, la télévision ou la radio, avec ou sans effets spéciaux, mon jeu d’acteur reste le même. Je me prépare toujours de la même manière, mais je n’ai pas de recette, tout est une question de passion. Il s’agit simplement de jouer votre personnage, accompagné de vos partenaires de jeu, pour le rendre aussi vivant et crédible que possible. Je viens du théâtre et lorsque vous êtes sur scène, vous êtes seul avec votre texte et les spectateurs. Une bonne école. Pour la petite histoire, j’ai toujours joué des personnages plus âgés que moi, comme dans la série que je tourne actuellement, «Black-ish», pour laquelle j’ai le rôle du grand-père! Même si je n’ai pas de petits-enfants moi-même, je suis pourtant très à l’aise dans ce fauteuil.

- Justement, vous avez commencé le théâtre à l’âge de 10 ans. Peut-on dire que vous avez toujours voulu devenir acteur?
- J’avais même commencé un peu plus tôt en faisant du théâtre à l’école, mais en effet, mon premier rôle professionnel, je l’ai décroché à 10 ans. C’est là que j’ai réalisé à quel point ce métier pouvait m’enrichir. En tant d’afro-américain, mes ambitions personnelles et professionnelles étaient limitées. Le métier d’acteur m’a ouvert la voie de tous les possibles. Je pouvais enfin faire mes propres choix et vivre la vie dont je rêvais. Ma mère a été un grand soutien. Elle était professeure, donc en dehors du cinéma, mais elle a très tôt décelé cette passion dévorante chez moi et m’a encouragé dans ce sens.

- Incarner le «méchant» est définitivement ce que vous préférez?
- Vous savez, dans toutes les carrières d’acteurs, c’est une question de cycles. Celui qui incarne le méchant dans un film, a toutes les chances pour incarner plus tard un héros. Prenons l’exemple de Michael Keaton, qui a commencé par être Beetlejuice, ce qui a d’ailleurs définitivement lancé sa carrière, pour ensuite endosser le costume de Batman, puis celui de Birdman pour aujourd’hui faire le «vautour» dans le dernier Spiderman. Comme je vous le disais, ce métier nous fait vivre de nombreuses vies!

Propos recueillis par Joséphine ADAM

                                                                                      

Les dernières «news»

 

■ Dîner royal

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Le prince Moulay Rachid, président de la Fondation du Festival international du film de Marrakech, a reçu les personnalités du 7e art, à l’occasion de l’ouverture officielle de la 17e édition. Accompagné des princesses Lalla Meryem et Lalla Oum Kaltoum, il a présidé le dîner offert par le Roi Mohammed VI au Palais des Congrès de Marrakech.

 

■ Leçons de cinéma avec Scorsese

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Audace et intransigeance de la mise en scène sont les qualités novatrices des films de Martin Scorsese. Pour le FIFM, il a été le premier à se lancer pour le nouveau rendez-vous du festival: «conversation with». L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les coulisses du cinéma. Se confiant sur ses toutes premières émotions, il explique que «en 1948, mon père a acheté une télévision où une chaîne locale diffusait des films italiens avec des sous-titres. Je n'oublierai jamais la séquence du corps, le cadavre d'un homme qui flotte sur l'eau avec un écriteau où il était écrit «partisan». La souffrance du film «Paisa» de Roberto Rossellini est restée en nous». Scorsese a en effet été marqué par l’impact sur ses parents d’une réalité mise en images au cinéma. Très vite, il se tourne vers ce qui se fait ailleurs. «Je regardais les films russes d’Eisenstein, de Vertov. J’ai découvert d’autres cultures grâce au cinéma étranger». Puis, la révélation avec «Citizen Kane» d'Orson Welles. «Cela a tout changé pour moi. J'avais déjà vu des images fortes, des images poétiques mais là, je réalisais qu'on pouvait faire ce qu'on voulait avec la caméra». Son incroyable carrière était lancée!

■ Pas de festival pour Robin Wright!

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L’actrice américaine, qui devait recevoir l'Étoile d’Or du FIFM, a dû annuler sa venue au Maroc pour des «engagements professionnels de dernière minute». L’actrice vedette de la série à succès «House of cards» a tenu à adresser un message aux festivaliers: «je suis très touchée par cet hommage. J’étais impatiente de découvrir Marrakech, de rencontrer le public et les amoureux du cinéma au Maroc. Mais ces engagements professionnels urgents et parfaitement inattendus rendent cela impossible. Merci à tous».

J.A.

 

 

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