Economie

Tanger Tech: Comment séduire les entreprises chinoises?

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5405 Le 05/12/2018 | Partager
Réussir le pari de l’attractivité du projet
Une soixantaine d’investisseurs en visite au Maroc
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Maquette de la cité Mohammed VI Tanger Tech. Le pôle économique générera 100.000 emplois. Dans un horizon de dix ans, les développeurs du projet tablent sur 10 milliards de dollars d’investissement total dans la zone

Au-delà de l’attractivité du projet de la cité Mohammed VI Tanger Tech, apparaît la question du caractère attrayant de la destination Maroc pour les entreprises chinoises. Ainsi, BMCE Bank of Africa (BBoA) parie sur deux projets phares pour enclencher les synergies qui feront du Maroc un hub technologique et financier des investisseurs chinois en Afrique.

D’une part, le projet de la cité Mohammed VI Tanger Tech et l’ouverture prochaine de sa succursale à Shanghai. Pour Mohamed Agoumi, directeur général délégué en charge de l’international chez BMCE Bank of Africa: «Cette synergie ne fonctionnera que lorsque les entreprises chinoises commenceront à s’installer en masse au Maroc».

A ce titre, une soixantaine d’entreprises sont venues de Chine pour une tournée au Maroc, dans le cadre du troisième forum des entrepreneurs sino-africains. Ces investisseurs chinois ont participé, lundi dernier, à la conférence Frontier of China Africa Investments, au cours de laquelle Othmane Benjelloun, président et CEO de BMCE Bank of Africa, a soutenu que cet évènement contribuera à la consolidation de la dimension économique et d’affaires du partenariat stratégique scellé en 2016.

Les visiteurs sont allés ensuite à Tanger, sur le site de la cité Mohammed VI Tanger Tech, ainsi qu’à Atlantic Free Zone de Kénitra. Les développeurs du projet de la cité technologique tablent sur l’installation de 200 compagnies chinoises opérant dans la fabrication automobile, l’industrie aéronautique, les pièces de rechange d’aviation, l’information électronique, le textile, la fabrication de machines et d’autres industries.

La rencontre, qui a été un cadre d’échanges francs, a permis d’égrener les ingrédients de succès qui pourraient motiver l’acte d’investir au Maroc, à commencer par l’ouverture de lignes aériennes directes entre les deux pays. En effet, le transit représente une perte de temps énorme.

Le vol qui dure le moins entre Casablanca et Shanghaï affiche 14 heures au compteur. Les entreprises chinoises qui s’implantent au Maroc ne pourront pas travailler en vase clos, d’où la nécessité de développer un tissu industriel marocain tout autour.

Bien qu’étant une initiative chinoise, la nouvelle route de la soie est un projet mondial qui nécessite la participation d’autres pays. Ce qui sous-entend que «les entreprises marocaines occupent la place de maître d’œuvre et non celle d’observateurs», souligne l’ancien diplomate chinois Xu Bo, membre de la délégation. Il faudra également renforcer le dialogue entre les deux peuples.

Parmi les 8 initiatives majeures lancées par le président chinois, figure le renforcement des capacités et des échanges humains et culturels. Il faudrait également assurer une qualité de vie, mais aussi la gestion des conflits interculturels. Le dialogue et les échanges culturels contribueront à atténuer les préjugés et la méconnaissance entre les deux peuples. La réussite d’entreprises chinoises au Maroc en attirera d’autres vers la destination du fait du bouche à oreille.

La stabilité politique et économique et l’ouverture font partie des atouts du Maroc, qui s’affirme à travers ce projet comme la porte d’entrée de la Chine sur l’Afrique de l’Ouest francophone, mais aussi sur l’Europe et les Etats-Unis. Cette position stratégique est renforcée avec la résurgence des barrières commerciales sous le mandat du président Trump.

M.Ko.

 

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