Competences & rh

Jeunes entrepreneurs du Sud: La recette MIT

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5404 Le 04/12/2018 | Partager
La Fondation Phosboucraa a rassemblé 17 jeunes pour une formation sur le terrain
Artisanat sahraoui, gestion de déchet plastique, éducation, les projets
Un plan de suivi et d’accompagnement est au programme
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 Mohamed Rachidi et son équipe présentant  le projet «Déchets de bouteilles d’eau en plastique». un projet qui porte un impact environnemental et social et qui pourra facilement bénéficier d’un appui (Ph. OCP)

Partage et apprentissage. C’était les mots d’ordre du «Practical Impact Alliance Co-design Summit» qui s’est tenu à Laâyoune la semaine dernière, coorganisé par la Fondation Phosboucraa et  MIT D-Lab. Une rencontre qui s’est tenue dans une nouvelle approche catalytique de l’entrepreneuriat local basée sur une formation  dispensée par les experts MIT pour accompagner les aspirants entrepreneurs vers la créativité et l’innovation.

«Ce sommet est une initiative qui rentre dans le cadre des projets entrepreneuriaux gérés par la Fondation Phosboucraa, qui travaille sur l’entrepreneuriat et différents aspects liés à la vie des entrepreneurs via le Learning Center de Laâyoune et de Dakhla. Elle dispose également d’une plate    forme d’appui aux petits projets, notamment des prêts d’honneur donnés aux petites associations locales. La fondation soutient aussi les porteurs de projets à travers plusieurs initiatives», explique Hajbouha Zoubeir, présidente de la Fondation Phosboucraa.

Ainsi, pas moins de 60 personnes, dont 17 jeunes entrepreneurs, ainsi que des experts et cadres d'entreprises internationales et d'institutions, ont dû unir leurs efforts pour concevoir différents projets et promouvoir ainsi l'esprit d'entreprise. Organisé sous forme de workshops, le sommet a réuni de jeunes aspirants à l’entrepreneuriat, mais également des acteurs de l’écosystème entrepreneurial local et national, ainsi que les membres du réseau Practical Impact Alliance (PIA) du MIT qui vont appliquer la méthodologie de co-design du D-Lab pour développer des idées entrepreneuriales autour de 6 projets différents. 

Parmi ces idées, il y a des projets qui peuvent aboutir rapidement.  D’abord, le secteur des plantes médicinales et aromatiques par exemple, il existe à Laâyoune des coopératives qui produisent cette catégorie de produits et travaillent à sa commercialisation. Il existe aussi des opportunités entrepreneuriales à explorer pour la gestion des déchets de bouteilles d'eau en plastique.

Un atelier a d’ailleurs été consacré aux opportunités entrepreneuriales qui pourraient réduire, remplacer ou permettre de réutiliser les déchets plastiques. Mohamed Rachidi est un ingénieur de formation et porte justement un projet de recyclage des bouteilles en plastique. «La matière première est abondante dans la région, grâce à l'énorme quantité de bouteilles d'eau utilisées par les habitants de Laâyoune, et je pense que ce projet a un potentiel de réussite important».

Grâce à son impact environnemental et social, ce projet a un potentiel considérable pour pouvoir bénéficier d’un appui. Sur le plan économique, ce projet permettra de fournir des matières premières de base de plastique recyclé, au coût le plus bas. L’autre opportunité d’affaires dans la région est à chercher dans l’artisanat sahraoui. Véritable héritage historique pour la population sahraouie, l’artisanat à Laâyoune se décline en différentes disciplines (textile, argenterie, traitement de peaux de chèvre et de dromadaire, ivoire coloré et produits locaux en argile).

Cependant, et alors que les marchés de l’artisanat traditionnel sont partout très compétitifs au Maroc, l’industrie touristique naissante de Laâyoune ne permet pas encore de tirer pleinement profit du potentiel économique lié à ce secteur. «Il faut analyser les possibilités d'ouverture vers de nouveaux marchés de niche et les moyens qui permettent d’exploiter pleinement le caractère unique du patrimoine sahraoui pour pouvoir le rendre plus compétitif au niveau national et international». 

Sabah Aamar l’a bien compris! Cette jeune femme originaire de Laâyoune et titulaire, entre autres, d’une licence en économie, a décidé d’orienter son choix de carrière vers la création d’une entreprise de vente en ligne de produits artisanaux sahraouis. La jeune femme a d’ailleurs pris part aux ateliers du Co-design Summit dans le but de développer des compétences qui lui permettront plus tard de mener à bien son projet.

A l’issue des 5 jours de workshops, les groupes ont présenté leurs projets et les prototypes lors de la cérémonie de clôture. Et l’expérience ne s’arrête pas là. En effet, le sommet sera suivi d’une étape d’accompagnement et d’évaluation des projets émergents du sommet. Le MIT D-Lab et la Fondation Phosboucraa vont suivre de près les projets qui seront implémentés par la fondation dans les mois suivants.

Badra BERRISSOULE  

 

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