International

«Gilets jaunes»: Matignon passe à l’offensive

Par L'Economiste | Edition N°:5404 Le 04/12/2018 | Partager
Nouvelles mesures et débat à l’Assemblée nationale et au Sénat
La grogne des protestataires se poursuit

En France, l’exécutif engage une course contre la montre pour tenter d’apaiser la crise sociale et politique des «gilets jaunes». Le Premier ministre Edouard Philippe va annoncer d’autres mesures et programme un débat à l’Assemblée nationale mercredi et au Sénat jeudi 6 décembre, a indiqué Matignon, où se succèdent en consultation les chefs des principaux partis politiques.

Les images des heurts ont fait le tour de la planète. L’Arc de Triomphe tagué et saccagé, des grilles du jardin des Tuileries arrachées, des véhicules incendiés, des magasins pillés... Les violences du week-end dernier à Paris ont donné lieu au chiffre record de 363 gardes à vue, dont 32 pour des mineurs, selon un nouveau bilan du Parquet de Paris. Parmi eux, 139 suspects majeurs ont été présentés à ce stade à la justice tandis que 111 ont vu leur garde à vue prolongée.

Une autre nouveauté: plus d’une centaine de lycées étaient bloqués, partiellement ou totalement, par un mouvement de protestation contre les réformes dans l’éducation, qui s’est inscrit parfois en soutien aux «gilets jaunes».

La contestation est née du refus de la hausse de la fiscalité sur les carburants pour financer la transition écologique. Elle est exacerbée par la question du pouvoir d’achat. Elle s’appuie, selon les sondages, sur le soutien de 70 à 80% de l’opinion publique.

Pour les protestataires, la résolution du conflit passerait par un moratoire sur les taxes sur le carburant, une annulation de l’alourdissement du contrôle technique automobile et un rétablissement de l’impôt sur la fortune. Le député des Républicains (LR) Guillaume Larrivé a estimé que «l’exécutif avait 72 heures  pour tenter de reprendre en main une situation de plus en plus incontrôlable... ».

La plupart des responsables de l’opposition demandent un moratoire sur la hausse prévue du prix de l’essence et du diesel au 1er janvier. C’est l’un des messages qu’ils entendent transmettre au Premier ministre. Matignon tient à préciser que les nouvelles mesures promises sont destinées à «permettre le déroulement serein de la concertation et à assurer le maintien de l’ordre et le respect de la loi».

Plus précis, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a jugé nécessaire d’accélérer la baisse des impôts mais aussi celle de la dépense publique pour répondre au plus vite au mouvement.

De son côté, la Confédération générale du travail (CGT), le syndicat français de salariés, a appelé à une grande journée d’action le 14 décembre. Elle revendique «une augmentation immédiate des salaires, pensions et de la protection sociale».

F. Z. T. avec AFP

 

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