Culture

Festival du film de Marrakech: En conversation avec Robert De Niro

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5404 Le 04/12/2018 | Partager
Un des temps forts de cette 17e édition
Après Scorsese, c’est au tour de Robert De Niro de parler cinéma
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Martin Scorsese a remis l’Etoile d’or du festival à son ami de 45 ans, l’acteur américain Robert De Niro (Ph. Bziouat)

Pour cette conversation avec Robert De Niro, la salle est comble. Ce nouveau rendez-vous au programme du Festival international du film de Marrakech (FIFM) offre au public d’intimes face-à-face tout au long de cette 17e édition.

Agnès Varda et Guillermo Del Toro étaient eux aussi présents pour cet échange puisque ce sera à leur tour de converser comme l’a fait la veille, Martin Scorsese. Des personnalités, des médias, des étudiants, tous sont venus écouter et voir la légende de près.

Une aubaine toute particulière pour les professionnels du cinéma. Car l’acteur américain affiche plus de 120 films au compteur, et des scènes devenues cultes. Pour tenter de faire parler cet homme peu bavard, excepté au sujet de Trump, le festival a choisi l’actrice et réalisatrice Maïwenn Le Besco, connue notamment pour son film coup de poing «Polisse».

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Moment d’intimité sur le tapis rouge entre les deux légendes du cinéma américain, Martin Scorsese, l’ami du festival, et Robert De Niro qui n’arrive pas à cacher son émotion  (Ph. Bziouat)

Sensibilité féminine oblige, elle a choisi de projeter des extraits de «Falling in love» avec Meryl Streep où De Niro excelle en homme amoureux. Comme un pied de nez aux rôles plus «sauvages» qui lui collent à la peau. «J’ai fait de nombreux films, confie l’acteur, mais ce sont souvent les mêmes que l’on revoit dans les rétrospectives. Ceux où il n’y a ni violence, ni agression, marquent moins les esprits apparemment».

Pour lui, il n’y a pas de petit rôle. «Un acteur se construit sur ses choix». Même lorsque l’on accepte de tourner juste pour le cachet, c’est malgré tout l’occasion de se faire connaître. «Ce que l’on met comme énergie et sensibilité, le public le verra, même si le film n’est pas à la hauteur».

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Robert De Niro était l’invité de «Conversation with», le nouveau rendez-vous du Festival du film de Marrakech. Si Scorsese est passé avant lui, ce sera ensuite au tour d’Agnès Varda et Guillermo Del Toro de tenter l’exercice (Ph. Bziouat)

Quant à ses rapports avec les réalisateurs, il avoue aimer rentrer dans le processus, s’impliquer dans le scénario, «particulièrement avec Scorsese, qui me laisse faire en fonction de mes ressentis. Mais avec d’autres auteurs ou réalisateurs, c’est parfois plus difficile, ils savent où ils veulent aller et ne comptent pas être déviés de leur route», s’amuse-t-il.

Une chose est sûre, le film prime. «Je ne me mêle à aucune intrigue sur un tournage, ni avec mes partenaires, ni avec le réalisateur. Il en va de l’intérêt du projet. Il faut être dans une compréhension mutuelle». Il avoue ne jamais avoir planté un tournage, même en cas de coup dur. «Quand je travaille, je travaille. Être sur un tournage quand dans la vie privée vous avez des difficultés peut être positif justement. Ça éloigne de ses soucis et évite de se recroqueviller dans son coin».

Décidément, Robert De Niro est de ceux qui voient toujours le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. Maïwenn Le Besco s’étonne tout de même que sur la centaine de films qu’il a tournés, un seulement est signé par une femme, Agnès Varda justement, et pour un petit rôle. S’il n’avait jamais réfléchi à cette question, il confirme au passage «je travaille avec qui veut bien me le proposer, que ce soit une femme ou un homme, à condition que le scénario soit bon!».

J. A.    

 

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