Culture

Festival du film de Marrakech: Robert De Niro, le «gros coup» des organisateurs

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5403 Le 03/12/2018 | Partager
L’acteur reçoit l’Étoile d’or des mains de Scorsese
Ouverture en fanfare de la 17e édition du festival
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L’acteur américain Robert De Niro a reçu l’Etoile d’or des mains de Martin Scorsese. Les deux stars sont amies depuis 45 ans (Ph. Bziouat)

Difficile de lutter contre De Niro. La star américaine a attiré tous les regards et aiguisé toutes les curiosités à l’ouverture du festival. A peine avait-il posé le pied sur le tapis rouge qu’il est allé au contact de la foule. De longues minutes à serrer des mains, échanger quelques mots et poser pour la photo.

Un vent mêlé d’admiration et d’excitation a plané sur cette soirée hommage à Robert De Niro. Le Festival international du film de Marrakech (FIFM) ouvre les festivités de sa 17e édition avec celui qui s’est inscrit dans l’inconscient collectif et dans l’histoire du cinéma. «Raging Bull », «Les incorruptibles», «Les affranchis» et bien sûr «Taxi driver», l’acteur a tout osé et tourné avec les plus grands, de Brian De Palma à Coppola.

Mais c’est un autre réalisateur célèbre qui lui a remis l’Étoile d’or, son ami depuis 45 ans, Martin Scorsese. Ils ont tous les deux grandi dans le Little Italy de New York et ont commencé le cinéma ensemble. Bob a tourné dans 8 de mes 15 premiers films, confie le réalisateur. Robert De Niro a eu droit à une longue standing ovation.

En retour, il démarre par quelques mots en arabe, des remerciements, et quelques mots aussi sur «le climat nationaliste qui plane sur mon pays, un climat contraire à la diversité que nous vivons ici aujourd’hui. Les politiques nous déçoivent, mais l’art nous réunit». Une pique à Donald Trump.

De Niro a rappelé que le Festival du film de Marrakech est né la même année que son propre festival, le Tribeca Film à New York. Du côté des anonymes comme des invités tels que Chiara Mastroiani, l’artiste JR, ou la réalisatrice française Agnès Varda, l’émotion était grande. Varda justement, aux multiples distinctions, fait elle aussi partie des hommages de cette semaine, tout comme le réalisateur marocain Jilali Ferhati et l’actrice américaine Robin Wright.    

Pour ce 17e opus du FIFM, le jury est très «girl power». Mais «qu’il y ait plus de femmes que d’hommes cette année dans le jury ne doit pas être une simple représentation. Il faut encore travailler la parité dans les hautes sphères du 7e art», tempère la réalisatrice et photographe britannique d’origine marocaine, Tala Hadid, membre du jury.

«Sur la question du genre, je n’ai pas envie de signer mes films», explique Lynne Ramsay. «Il faut avoir un rapport direct au cinéma, dénué des questions de genre, d’origine ou de budget». Le 7e art est en effet multiple, et le festival le prouve. «C’est l’occasion de passer d’un film d’action à un film plus intimiste, d’aller du Japon à l’Iran», confirme le réalisateur Laurent Cantet, couronné de 2 Césars en 2000 pour son premier long-métrage, «Ressources humaines».

«C’est ce que j’apprécie le plus dans l’exercice de juré, m’impliquer dans l’esprit d’un autre», ajoute-t-il. Tous auront à départager les 14 films en compétition, dont certains sont signés par la nouvelle génération, avec James Gray comme président. Pour Dakota Johnson, «c’est un cadeau d’être invitée». L’actrice américaine à la jeune carrière avoue venir à Marrakech avec beaucoup de curiosité. «Je vais apprendre, voir des films et côtoyer ceux qui aiment aussi le cinéma».

A l’affiche ce lundi...

Encore un peu de De Niro qui est invité à une conversation libre avec le public à travers le cycle «Conversation with», une nouveauté de cette année, avant celle de Guillermo Del Toro. Des films bien sûr comme «The chambermaid» aux couleurs du Mexique et le japonais «Red snow», tous les deux en compétition. Un autre film mexicain pour une séance spéciale, «Roma», et le fameux «Raging bull» de Scorsese sont au programme. Au Musée Yves Saint Laurent, qui fait aussi partie des lieux de projection, ce sera «Hale country this morning, this evening», un film américain sur la vie quotidienne d’une communauté déshéritée, principalement noire, souvent perçue à travers le prisme de l’homme blanc. Enfin, c’est au tour de l’actrice américaine Robin Wright de recevoir l’Étoile d’or du festival. Pour l’occasion, «Forrest Gump», dans lequel elle joue aux côtés de Tom Hanks, est projeté pour le public sur la place Jemaa El-Fna. 

J.A.

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