Régions

Fès: Comment relancer le secteur immobilier?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5403 Le 03/12/2018 | Partager
Réglementation, produits, partenariats… les pistes
Les professionnels du secteur créent leur fédération
La taxe sur terrain non bâti est toujours contestée

La question de la «relance de l’immobilier» à Fès était au centre de la dernière rencontre entre les promoteurs immobiliers et le ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Abdelahad Fassi Fihri.

Cette réunion, tenue le 26 novembre, a permis aux deux parties de rapprocher leurs idées autour d’une offre immobilière de qualité, à un prix compétitif. L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de cette rencontre.

■ L’initiative de la CGEM et du groupe Jamai
C’est à l’initiative de la Confédération générale des entreprises du Maroc de Fès-Taza et le groupe Jamai que la première rencontre traitant de la relance de l’immobilier a réuni les professionnels d’un secteur en crise. Organisée en partenariat avec le Conseil syndical des notaires, le Conseil régional de l’Ordre des architectes, l’Association des lotisseurs et promoteurs immobiliers de Fès et le Conseil régional des ingénieurs topographes, cette réunion a examiné les différentes mesures visant à dynamiser et relancer l’immobilier, considéré comme une véritable locomotive de l’économie de la ville de Fès.
Le prix du mètre carré varie entre 5.000 et 13.000 DH. Cela malgré la crise et l’important stock des appartements (environ 45.000 unités). Pour la petite histoire, les appartements au quartier «Champs de courses» se négocient entre 9.500 DH et 12.000 DH/m2. Tout dépend s’ils ont une vue sur le parc luxurieux ou pas.

■ Offre et réglementation du marché
Pour Abdelahad Fassi Fihri, «plusieurs mesures ont été prises pour la dynamisation du secteur de l’immobilier». Celles-ci portent notamment sur le développement de l’offre et la réglementation du marché de l’immobilier à travers la maîtrise du développement urbain. L’objectif étant de combler le déficit enregistré en la matière et répondre à la demande croissante de toutes les couches sociales.
Le ministre de tutelle souligne «la nécessité de l’instauration d’une approche territoriale basée sur la révision des mesures incitatives de l’Etat pour concevoir un produit destiné aux couches moyennes et démunies». Le responsable gouvernemental insiste également sur le développement de l’habitat destiné à la location, la promotion de l’habitat rural et participatif et l’encadrement de l’auto-construction. Sans oublier le développement de programmes visant la lutte contre le déficit en matière d’habitat.
La révision des activités du Fonds de solidarité habitat et intégration urbaine, le renforcement du contrôle et de l’efficacité et l’amélioration de la bonne gouvernance, ne sont pas en reste.

■ Partenariat public-privé aussi
«Offrir un produit de qualité, à un très bon prix et bien situé, reste toutefois une équation difficile», soulignent les promoteurs. Pas du même avis, Fassi Fihri propose la dynamisation du partenariat entre les secteurs public et privé. Outre le renforcement de la qualité et de la durabilité, cette opération doit s’accompagner de l’amélioration du cadre juridique à travers la qualification et l’encadrement de tous les intervenants. Encore faudrait-il résoudre «la problématique de la taxe sur terrain non bâti (TNB) qui atteint dans certaines villes des sommets (ndlr 20 DH/m2 à Fès)», estime Aziz Lebbar en sa qualité de promoteur. Selon lui, «n’ayant pas les moyens de payer cette taxe, certains héritiers laissent leurs terrains à l’abandon occasionnant des nuisances de toutes sortes pour leurs voisins». D’où la proposition de trouver un cadre légal et réformateur pour la TNB. Lebbar a par ailleurs appelé à l’embellissement du paysage urbain et l’accès aux lotissements (voieries, espaces verts, éclairage public) afin d’encourager les investisseurs potentiels. 

■ Le wali et le maire sur la même longueur d’onde
Pour sa part, Essaid Zniber a noté que «cette rencontre tend à identifier les défis à relever pour améliorer les mécanismes d’accompagnement et de développement du secteur de l’immobilier». De l’avis du wali de la région, également ancien SG du ministère de l’Habitat, «cette réflexion intervient à point nommé au vu des actions lancées par les collectivités territoriales pour le développement de la ville de Fès et le renforcement de la compétitivité de son territoire». Sur la même longueur d’onde, Driss El Azami El Idrissi a rappelé le fort impact des programmes de valorisation de la médina de Fès menés à l’initiative du Roi. Le maire de la capitale spirituelle a souligné l’importance des projets engagés dans les secteurs du tourisme, l’artisanat et la valorisation du patrimoine historique, pour plus d’un milliard de DH.

Une fédération régionale pour les promoteurs

«La rencontre du 26 novembre a permis de réfléchir de manière concertée sur la relance du secteur de l’immobilier», estime Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza. La rencontre a été marquée par la signature d’un protocole d’accord portant création de la Confédération régionale des professionnels de l’immobilier qui sera chargée de la relance du secteur au niveau de la région. «Nos intentions à l'origine de la création de cette confédération sont le maintien des liens que nous avons pu tisser tout au long de cette période des préparatifs de cette journée, et surtout les consolider pour devenir un acteur majeur, responsable et écouté et une force de proposition  pour participer à la relance et le développement du secteur de l’immobilier. Bien entendu, la confédération reste ouverte à toutes les bonnes volontés capables de la  renforcer et de l’enrichir», conclut Rkhami.

 

 

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