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Bio-intrants: Eléphant Vert, 1er hub en Afrique

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5403 Le 03/12/2018 | Partager
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Éléphant Vert possède 4 filiales en Afrique de l’Ouest. Au Mali, en Côte d’Ivoire via l’acquisition d’une société locale qui fabrique des biofertilisants, au Kenya avec la société Kenya Biologics Limited, spécialisée dans le biocontrôle, et au Sénégal, où la filiale se développe commercialement depuis 2 ans (Ph. K. Nemmaoui)

Implanté au Maroc et en Afrique de l’Ouest, le groupe suisse Éléphant Vert est devenu le premier hub industriel de bio-intrants du continent. Prochain cap: l’Europe.

Engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), c’est s’engager à limiter l’usage d’engrais azotés en agriculture. La raison? Ces engrais augmentent fortement le taux de gaz à effet de serre émis par les sols, contribuant au changement du climat. Parmi eux, il y en a un dont on parle peu: le protoxyde d’azote (N2O) qui, selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), est le troisième plus important gaz à effet de serre rejeté dans l’atmosphère. Il présente un pouvoir de réchauffement global 300 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Il provient des activités agricoles, de la combustion de la biomasse et des produits chimiques, comme l’acide nitrique.

Une problématique d’autant plus forte que le protoxyde d’azote, qui représente plus de 70% des émissions mondiales produites en agriculture, subsiste près de 120 ans dans l’atmosphère. Alors, de plus en plus d’acteurs de l’industrie se tournent aujourd’hui vers des solutions alternatives comme les bio-intrants pour limiter l’usage d’engrais azotés. C’est le cas du groupe suisse Éléphant Vert, créé par la fondation Antenna Technologies, dont le développement ne cesse de s’étendre. Son créneau: la production d’engrais, fertilisants, biostimulants et biopesticides organiques et économiquement rentables fabriqués à partir de microorganismes sélectionnés dans la nature.

Sa première filiale a été ouverte au Maroc, il y a sept ans, pour devenir ensuite le premier hub de bio-intrants en Afrique. C’est dans ce pays que le groupe est né officiellement et a réalisé ses principaux investissements industriels avec deux usines ; une pour les biopesticides, spécialisée dans la production de micro-organismes et bio-stimulants, et une autre dédiée aux biofertilisants, pour la valorisation et recyclage des sous-produits agricoles.

Afin de promouvoir et vulgariser ces méthodes, le groupe s’appuie sur sa Clinique des plantes (CDP) fondée à Meknès en 2014. A travers cette clinique, Eléphant Vert a déjà formé des milliers d’agriculteurs marocains, soit pour le compte de leurs clients directs, soit dans le cadre de missions pour accompagner divers organismes agricoles officiels. Récemment, la CDP s’est dotée d’un laboratoire d’analyse et de contrôle qualité, accrédité par le ministère marocain de l’Agriculture.

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Éléphant Vert cherche à vulgariser davantage le rôle de la matière organique et les bienfaits de ses produits en organisant des rencontres, en partenariat avec les principaux distributeurs et revendeurs de chaque région pour couvrir une large partie du territoire marocain (Ph. Éléphant Vert)

Grâce aux diversifications entreprises, le groupe a réussi à être présent sur l’ensemble de la chaîne agricole. «Nous sommes en mesure de faire les analyses du sol et de l’environnement, proposer des programmes de fertilisation durable sur-mesure, accompagner l’installation des cultures par la fertilisation organique de fond et, bien sûr, épauler l’agriculteur tout au long du cycle de sa production par la fertigation [technique de fertilisation via l’irrigation] et le bio-contrôle», explique Anouar Alasri, directeur général de la filiale marocaine.

Leur ancrage sur le continent africain s’est matérialisé grâce à l’ouverture dequatre filiales en Afrique de l’Ouest. Au Mali, pays qui a fait le choix du «durable» en subventionnant les biofertilisants et biopesticides, au Sénégal, où la filiale se développe commercialement depuis deux ans, en Côte d’Ivoire, par l’acquisition d’une société locale qui fabrique des biofertilisants, et enfin au Kenya, via la société Kenya Biologics Limited, spécialisée dans le biocontrôle.

D’autres ouvertures dans d’autres pays sont en cours d’étude. Le groupe ayant atteint sa vitesse de croisière en termes de croissance sur le continent africain, c’est désormais l’implantation en Europe qu’il cherche à consolider avec l’acquisition de PME innovantes, comme Or Brun et Xurian Environnement en France.

«Cette projection en Europe renforcera davantage les filiales africaines car notre maillage territorial créera une complémentarité d’expertise inédite, tant en termes de recherche et développement qu’en termes de production de produits adaptés aux problématiques de chaque pays», continue Alasri. Un maillage prometteur, animé par l’urgence de changer les pratiques agricoles.

Joséphine Adams

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La pollution de l’eau par l’agriculture: Chiffres clés

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Près de 115 millions de tonnes d’engrais minéraux azotés sont appliqués chaque année sur les cultures dans le monde. Près de 20% de ces apports en azote finissent par s’accumuler dans les sols et la biomasse, là où 35% d’entre eux pénètrent dans les océans.
Dans le monde, chaque année, 4,6 millions de tonnes de pesticides chimiques sont pulvérisés dans l’environnement. Les pays en développement représentent 25% de l’utilisation mondiale des pesticides dans l’agriculture, mais dans ces pays sont pourtant enregistrés 99% des décès dus aux pesticides.
L’appauvrissement en oxygène (l’hypoxie), phénomène d’origine humaine qui trouve son origine dans la surabondance de nutriments, affecte une zone équivalente à 240.000 km² à l’échelle mondiale. Cette zone est constituée de 70.000 km² d’eaux intérieures et de 170.000 km² de zones côtières.
Dans le monde, 24% des zones irriguées seraient affectées par le phénomène de salinisation.
Actuellement, plus de 700 polluants émergents, leurs métabolites et les produits de transformation sont listés comme étant présents dans l’environnement aquatique européen.
Source: FAO

 

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