Culture

FIMA La grand-messe de la mode africaine à Dakhla

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5400 Le 28/11/2018 | Partager
Première édition du festival en dehors du Niger
Plus de 700 participants
Les créateurs marocains dans la cour des grands
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La 11e édition du Fima a démarré avec une parade qui a investi les rues de Dakhla. Un ensemble de musiciens traditionnels, de troupes folkloriques et de jeunes artistes du continent ont traversé joyeusement la ville en direction du village éphémère bâti pour l’occasion (Ph. ABo)

Pour sa 11e édition, le Festival international de la mode en Afrique (FIMA) s’est offert un très beau voyage. Des falaises du Tiguidit au Niger aux dunes d’or de Dakhla.

Le Fima y a organisé sa première édition hors du pays natal de son fondateur, le couturier  Alfadi, surnommé à juste titre «Le créateur du désert». Depuis 1998, le Fima s’est installé dans plusieurs sites naturels remarquables, des rives du fleuve Niger, en passant par la cité mythique d’Agadez ou encore la capitale Niamey.

Le festival a pour but de faire se rencontrer les 5 continents en terre africaine et de favoriser la construction de passerelles pour permettre l’expression des talents. Pari réussi pour cette date anniversaire, fêtée en grande pompe, avec quelque 500 festivaliers venant de 40 pays et plusieurs milliers de visiteurs.

Dakhla a vu les choses en grand. Un village, de plusieurs hectares, a été installé en face du Palais des congrès. Chapiteau géant pour les spectacles, tentes restaurant, bivouac de luxe pour plus de 700 participants et 200 personnes de l’organisation. Le tout avec un budget conséquent de 25 millions de DH. Une édition exceptionnelle voulue comme un hommage au pays qui a toujours soutenu la manifestation.

«Le Maroc est un partenaire de choix pour le Fima, qu’il accompagne et dont il appuie les actions depuis ses premières heures en 1998, dans le désert du Ténéré (Niger). C’est aussi un hommage à feu Hassan II, qui nous a soutenu dès le début», déclare Alfadi. Hommage appuyé également au Roi Mohammed VI, qui sera évoqué tout au long de cette édition à travers des déclarations, des clins d’œil de créateurs et même une chanson dédiée.

Il faut dire que les organisateurs ont bénéficié d’un  véritable tapis rouge et du soutien total des autorités marocaines durant toutes les phases de l’organisation, ainsi que de la présence du ministre de la Communication et de la Culture, Mohamed Laaraj, pour la séance d’ouverture. A telle enseigne que les organisateurs envisagent d’installer un système de rotation entre la ville du sud marocain et le Niger, berceau du Fima, pour les prochaines éditions.

Un accueil chaleureux à Dakhla

Le festival a consacré sa première soirée à la musique avec une panoplie d’artistes venus de l’ensemble du continent et d’ailleurs,  pour célébrer les 20 ans d’existence du festival. Sur scène, les turbulents Magic System, le mâalem international Hamid el Kasri, le groupe Ballet Niger, la cantatrice Nathalie Leonoff ou encore le chanteur et flutiste nigérien Denke Denke. Le deuxième soir était consacré aux jeunes talents. Une vingtaine de jeunes créateurs ont présenté leurs collections sous le regard avisé d’un jury international.

Le premier prix a été remporté par le Marocain Youssef Drissi. Le jeune lauréat de l’Ecole supérieure de création et de mode de Casablanca (Casa Moda Academy), âgé de 22 ans, a proposé une série inspirée des années 90, intitulée  «Late to work».

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Alfadi, le couturier nigérien et  fondateur du Fima, entouré de Youssef Drissi (Maroc) et Kevin Yao (Côte d’Ivoire), respectivement  1er et 2e  prix du concours des jeunes créateurs (Ph. fima)

Complètement déstructurée et audacieuse, présentée sur le non moins déjanté tube de Plastic Bertrand «Ça plane pour moi», la collection casse ostensiblement le mythe du costume-cravate. Le jeune artiste de 22 ans y a présenté des chemises et pantalons à porter à l’envers,  des vestes flottantes XXL, des manches décousues, ou encore des chemises «fusionnées» avec des maillots de football… dénotant furieusement avec les autres créations «trop sages» ou sans grand relief. Le gagnant est reparti avec un chèque de 35.000 DH offert par l’OCP, une résidence à l’Université internationale de Rabat et une série de cadeaux.

Le défilé panafricain prévu le 3e soir a réuni une pléiade de créateurs confirmés du continent. Un plateau assez inégalé avec des créations manquant quelquefois de cohérence ou du moins de lisibilité, mais quelques séries de très grande facture également. Nous avons noté aussi des créateurs qui, à travers leur audace, leur insolence ou leur talent, ont marqué les esprits.

A l’instar du jeune Ivoirien Zak Koné sous la marque de Pebele, du duo dakarois Laure Tarot et Baay Sooley qui signent la griffe Bull Doff ou encore le jeune marocain Hamza Guelmouss, grand gagnant du prix Elle Rising Star Design Awards 2015.  Hamza Guelmouss s’est déjà frotté avec l’international en  collaborant avec le géant de la mode en Afrique du Sud, MRP. Une collection signée «MRP x Hamza Guelmouss», avec une ligne mode, grunge rock, très pointue. 

Dans la cour des grands pour le dernier soir, le « Défilé des 5 continents» a réuni les créateurs de renommée internationale. Les Marocains Salima Abdel Wahab, Fadila El Gadi, Karim Tassi, Hishma Oumlil y ont défilé aux côtés du Togolais Grace Wallace, du Burkinabé Pathé’O (habilleur de Nelson Mandela et récemment du Roi Mohammed VI) ou encore de l’Ivoirien Gilles Toure.

Un podium exceptionnel pour ce rendez-vous incontournable de la mode africaine initié par le grand styliste nigérien Alfadi qui a ouvert le bal des festivités avec une collection qu’il a voulue en hommage à la culture amazighe.  Un show qui a séduit un public venu nombreux ainsi que des invités de marque comme Gary Dourdan de  la série Les Experts, Georgette Eto’o (l’épouse du footballeur Samuel Eto’o),  l’actrice et mannequin Noémie Lenoir, l’ancienne égérie d’Yves Saint Laurent Rebecca Ayoko…

A. Bo

 

 

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