Régions

Fès-Tourisme: Une nouvelle vie pour Bab Boujloud

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5400 Le 28/11/2018 | Partager
Cette place historique retrouve son lustre d’antan
La ville aura ainsi son propre «Jamâa El Fna»
Sajid attendu aujourd’hui par les professionnels
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Lancement imminent du projet d’aménagement de Bab Boujloud. S’étalant sur une superficie de 28.000 m2, cette place est un élément phare dans l’histoire de la capitale spirituelle. Elle se trouve à la croisée des chemins entre Fès Jdid et Fès El Bali et constitue l’un des prestigieux sites de la médina construite à l’époque des Almoravides (Ph. YSA)

La promotion du tourisme dans la région de Fès-Meknès, l’animation culturelle et le transport aérien seront au centre de la rencontre prévue ce mercredi entre les professionnels du tourisme et le ministre de tutelle, Mohamed Sajid. Cette réunion devrait permettre aux deux parties d’évaluer le travail accompli depuis la rencontre de  février dernier.

En effet, la destination continue son embellie touristique (+21% d’arrivées par rapport à 2017). Ce, malgré les différends entre les professionnels en raison du statu quo du Conseil régional du tourisme (CRT Fès-Meknès). L’Economiste revient sur les projets prioritaires de la région.

■ Un CRT «apolitique» d’abord…
Dans un communiqué jugé «sévère», cinq associations professionnelles (dont les CPT de Meknès et Ifrane) ont récemment appelé à l’élection d’un CRT représentatif des différentes provinces de la région, démocratique, à l’écoute, et «apolitique». Pour ce dernier volet, le CRT devrait, selon le communiqué, être «délivré de tous les politiciens professionnels et de leur agenda politique». Dans la ligne de mire des signataires de ce message, Aziz Lebbar, président du CPT de Fès et également député PAM. Pour eux, le CRT doit jouer son rôle de locomotive du tourisme régional oeuvrant au développement du tourisme national et international, sans lobbies ni parachutés». Suite à cette communication qui a provoqué un tollé dans les milieux professionnels, Essaid Zniber, wali de la région, a voulu jouer le rôle du médiateur en convoquant à une réunion l’ensemble des protagonistes, vendredi dernier. Après près de 4 heures de débat, il a été convenu de prolonger le mandat de Driss Faceh, président sortant du CRT, de 3 mois en attendant l’élection d’un nouveau bureau. Ceci, afin de débloquer la situation des employés du CRT, non payés depuis l’élection contestée de Aziz Lebbar, en mai dernier. La proposition du wali vise également à «sauver» le budget promotionnel de la destination. Car, en cas d’absence d’une instance professionnelle élue, le CRT serait sans budget. En tout cas, les solutions proposées ne font pas l’unanimité. Ce qui risque de compromettre la visite du ministre de tutelle.

■ L’animation de Bab Boujloud en priorité
Tant espéré par les professionnels du tourisme, le projet de réaménagement de la célèbre place Bab Boujloud et son extension d’au moins 10.000 m2 supplémentaires est sur le point d’être lancé. Pour rappel, ce projet fait partie du programme des parkings pour un budget global de 400 millions de DH. A ce titre, le ministère des Finances et la Direction des domaines publics viennent d’être autorisés à procéder à l’expropriation de deux parcelles de terrain totalisant 7.626 m2 situées à Bin Lamdoun. Le foncier servira à la construction d’un parking. Outre la réalisation d’une aire moderne de stationnement, il est prévu d’animer cette place, la faire revivre et préserver une culture orale populaire (halqa) tout en contribuant à la promotion du secteur touristique. En clair, l’idée de faire de la place Boujloud «la soeur jumelle de Jamaâ el Fna». Concrètement, il s’agira d’élargir ladite place pour y construire une dizaine de kiosques dédiés à la promotion de la destination et créer une animation sur une esplanade de plus de 40.000 m2 de superficie. Notons que l’animation de Bab Boujloud et le jardin Jnane Sbille ainsi que la relance du spectacle «Son et lumières» sont confiées à Abderrafih Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès.

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■ Moulay Yacoub, Ifrane, Sefrou… ne sont pas en reste
S’il y a un produit qui a la cote auprès d’une clientèle nationale et internationale, c’est bien les nouveaux thermes de la station Vichy Moulay Yacoub. En effet, le projet Thermalia connaît, depuis son ouverture, en juin dernier, un succès phénoménal. Outre Moulay Yacoub, il y a nécessité d’oeuvrer en parfaite coordination entre les différentes provinces de la région, le ministère, le prochain CRT et l’ONMT pour la mise en valeur du produit touristique local, la consolidation des infrastructures d’accueil et l’élaboration d’un plan d’action à même de faire de la nouvelle région (Fès-Meknès) un pôle d’attraction aussi bien pour les visiteurs étrangers que pour le tourisme national. A ce propos, l’appui aux projets d’écotourisme et produits du terroir à Ifrane, Sefrou, Taounate, Azrou et Taza, serait d’un grand apport. De l’avis unanime des professionnels, l’accompagnement du ministère pour le tourisme de bien-être à Moulay Yacoub, le golf, la chasse et la pêche pourrait booster l’activité de l’arrière-pays.

■ Liaisons aériennes africaines et domestiques
Une doléance est régulièrement rapportée. Il s’agit de l’activation des packages pour le tourisme religieux, et la création d’une liaison aérienne entre Fès et Dakar. Cette idée est vivement acclamée par les responsables de la ville qui reçoivent fréquemment leurs homologues des villes sénégalaises. «Il faut l’appuyer par des éductours, workshops, et émissions TV axés sur le développement du marché africain», soulignent-ils. Pour eux, la région Fès-Meknès pourrait également intéresser les touristes de l’Europe de l’Est principalement la Pologne, la Hongrie, et la Turquie. D’où l’idée de vouloir programmer des vols directs avec ces destinations.
Notons enfin l’engouement créé grâce aux 140 rotations hebdomadaires de l’aéroport Fès-Saïss. En fait, suite à un contrat co-marketing acté entre l’ONMT et la compagnie aérienne Air Arabia. Cette dernière a lancé, en partenariat avec l’Office, 14 nouvelles dessertes entre Fès et les principales villes européennes. Ces liaisons concernent Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Rome, Amsterdam, Londres et Barcelone.
En outre, le récent lancement des dessertes domestiques avec Casablanca, Agadir, Dakhla et Errachidia promet un bel avenir pour la destination Maroc Centre. Surtout que les 80 premiers passagers ne payent que 250DH TTC pour l’aller simple. Très encourageant.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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