Entreprises

Aérien: Les compagnies africaines en conclave à Rabat

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5399 Le 27/11/2018 | Partager
Objectif: examiner les potentialités de développement de l’activité sur le continent
Les coûts élevés, principal obstacle pointé par les opérateurs
Les gouvernements appelés à changer leur perception du secteur
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L’assemblée générale des compagnies aériennes africaines a connu la participation des différents intervenants dans le secteur, y compris les constructeurs et les fabricants de composants, dont certains sont déjà implantés au Maroc (Ph. Bziouat)

Quel avenir pour les compagnies aériennes en Afrique? C’est l’un des principaux thèmes pour la 50e assemblée générale de l’Association des compagnies africaines, tenue hier à Rabat. La séance inaugurale de cet événement, tenu sous le Haut patronage royal, a été ouverte à la presse. Elle a été marquée par la participation du ministre du Tourisme et du Transport, Mohamed Sajid.

Pour le PDG de la RAM, Abdelhamid Addou, il s’agit d’un «espace d’échange, qui ne peut que renforcer les partenariats entre compagnies du continent, en vue de générer encore plus de valeur ajoutée à destination des populations». Pour lui, l’organisation d’un tel événement «fait partie de l’ADN de la RAM». L’événement est porté par la RAM, en partenariat avec l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).

Pour les organisateurs, cette rencontre permettra d’examiner les différentes questions relatives au développement du secteur en Afrique. Idem pour l’identification des opportunités de croissance pour les compagnies du continent. Les professionnels ont mis l’accent sur certains obstacles qui entravent le développement de cette activité en Afrique. En tête, le fait que le continent «est une région coûteuse pour les compagnies aériennes», comme l’a noté Alexandre Juniac, président de l’Association internationale du transport aérien (IATA). Par exemple, «le coût du kérosène est plus élevé de 35% au niveau du continent par rapport au reste du monde».

Autre souci pour les professionnels du secteur: «les redevances d’usage qui représentent 11,4% des coûts d’exploitation des compagnies aériennes en Afrique». Un niveau qui contraste avec les pratiques à l’international. Ce taux représente 4 fois plus que ce qui est pratiqué en Amérique du Nord et 2 fois plus que la moyenne du secteur. Idem pour les taxes et autres frais, qui demeurent très élevés sur le continent, par rapport à ce qui est d’usage dans le reste du monde.

D’où l’importance du plaidoyer des professionnels quant à la nécessité de la mobilisation des gouvernements africains pour favoriser le développement du secteur.

«Beaucoup de gouvernements africains considèrent l’aviation comme un luxe plutôt que comme une nécessité», a déploré le patron de l’IATA. Or, «la valeur de l’aviation n’est pas liée aux recettes fiscales qui peuvent en être tirées. C’est plutôt son soutien à la croissance économique et à la création d’emploi, qui est le plus important», a-t-il ajouté.

Ces questions seront au centre des discussions lors des deux journées de cette assemblée générale. Des tables rondes et des débats sont programmés autour de plusieurs thématiques. Les différents intervenants du secteur sont représentés à cet événement, dont les dirigeants des compagnies, les organisations professionnelles de l’aviation africaine, les autorités de l’aviation civile, les sociétés d’aéroports, les prestataires de services de navigation aérienne ainsi que les fabricants de composants et les autres fournisseurs de services.

«Les conclusions constitueront des références continentales et des catalyseurs vitaux pour la croissance d’un secteur du transport aérien africain compétitif et intégré à l’échelle mondiale». Dans cette configuration, la RAM «se positionne en tant que moteur de la dynamique du secteur sur le continent», selon Addou.

Carte visite

Fondée en 1968 à Accra au Ghana, l’Association africaine des compagnies aériennes a pour principale mission «d’établir et de faciliter la coopération entre les professionnels au niveau du continent». Son siège est actuellement à Nairobi, au Kenya. Pour ses responsables, «le transport aérien constitue, aujourd’hui plus que jamais, un pont économique, favorisant l’accélération de l’intégration du continent africain». Les événements organisés, à l’image de la 50e assemblée générale, tenue à Rabat, «permettent aux opérateurs de débattre des enjeux au niveau national et régional, et de développer des stratégies de partenariat et de coopération multilatérales».

L’industrie aéronautique au Maroc en chiffres (Données de 2017)

  • 9 milliards de DH de chiffre d’affaires depuis 2010
  • 17% de taux de croissance annuel moyen depuis 2010
  • 4,5% des exportations
  • Plus de 130 entreprises installées

 

M.A.M.

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