Culture

Le Musée Mohammed VI illuminé par JonOne

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5396 Le 22/11/2018 | Partager
Une exposition dédiée à l’artiste de rue américain
«Une explosion de couleurs et de vies», selon Mehdi Qotbi
Une toile de 300 mètres réalisée spécialement pour l’évènement
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Le MMVI est garni, durant les jours de cette exposition, des œuvres de JonOne, marquées par ses couleurs et son énergie positive qui révèlent une écriture contemporaine plurielle (Ph. Bziouat)

Mehdi Qotbi est infatigable. Après Chaibia Talal et Fatima Zahra Farouj,  le président de la Fondation nationale des musées a mis sur les rails l’exposition «illuminer le futur» de l’artiste peintre américain JonOne. C’est le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain qui accueille cette manifestation jusqu’au 15 février prochain.

Celle-ci s’inscrit dans le cadre d’une opération qui a consisté à dévoiler une œuvre originale de l’artiste qui habille la tour de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc. Cette toile de 300 mètres carrés, la plus grande jamais peinte par JonOne, a été réalisée à la demande du ministère de la Culture et de la Communication.

Pour le secrétaire général de ce département, «cette œuvre gigantesque réalisée par l’artiste américain est un dialogue entre l’art et le livre et un échange entre l’art marocain et américain qui va illuminer le ciel de Rabat». Lors du vernissage de l’exposition, Abdelilah Afifi a considéré que l’exposition est un moment artistique distingué qui célèbre les œuvres d’un artiste de renommée mondiale. C’est également un hommage à l’interaction entre l’artiste et son environnement.

Avec modestie et humilité, l’artiste new-yorkais a déclaré que c’était un grand honneur d’exposer au Musée Mohammed VI et de réaliser cette œuvre géante pour la bibliothèque de Rabat. Cette exposition, organisée «en l’honneur d’un grand artiste de l’art de la rue, qui a fait un travail extraordinaire, donne la possibilité aux jeunes de découvrir un art inédit et de comprendre comment la peinture de rue peut être porteuse de messages de paix et de tolérance.

Cette exposition est une explosion de couleurs et de vies, un moment intense et une belle aventure», a souligné Mehdi Qotbi lors du vernissage de cette manifestation. D’ailleurs, avant l’inauguration de l’exposition, en présence de l’artiste, un spectacle a été donné. Des jeunes de l’association espoir jeunesse freestyle urban dance ont accroché les visiteurs du musée.

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Jusqu'à l'illisible...

Au rythme hip-hop, avec un spectacle de break-dance, ces jeunes de cette ONG de Meknès, spécialisée dans les arts et sports urbains, ont apporté une fraîcheur qui frise  avec l’art de la rue cher à JonOne. Avant la fin de cette scène, l’artiste américain a esquissé quelques pas de dance et graffiti une toile blanche.

D’ailleurs, ses œuvres sont inspirées de la musique hip-hop, un style né en Amérique avant de devenir un phénomène mondial, dira Stéphanie Miley, la chargée d’affaires à l’ambassade américaine de Rabat.

Pour cette diplomate, ce street artiste qui s’attaque aux murs est très connu sur la scène américaine par ses couleurs et son énergie positive qui révèlent une écriture contemporaine plurielle. Intense et brutale, la peinture de JonOne exulte. La toile sert d’écran qui appelle la possibilité d’une libération, dans un corps à corps ultime avec l’artiste.

Poussé par un élan acharné de création, il superpose des couches considérables d’écriture jusqu’à l’illisible et scande ainsi son nom dans un dynamisme obsessionnel qui semble raviver les corps de la lettre, la force du mot, lit-on dans un dossier de presse.

Bio express

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Né en 1963 à New York aux Etats-Unis, John Andrew Perello, dit JonOne ou Jon 156, vit et travaille à Paris. Il fonde en 1984 le groupe 156 All Starz après avoir débuté, à l’âge de 17 ans, dans le monde du graffiti grâce à son ami d’enfance White Man. JonOne réalise des œuvres abstraites, influencées par le mouvement, la couleur et l’énergie. Pendant ce temps, les autres graffeurs s’adonnent à des actions figuratives. Artiste autodidacte, JonOne commence à peindre sur toile en 1985 car elle offre la possibilité de laisser une empreinte dans le temps. La même année, le galeriste Rick Librizzi l’expose à New York.  Suite à l’invitation de Bando, il s’installe à Paris en 1987. La France lui donne alors l’occasion de poursuivre son enrichissement personnel. En 1990, JonOne fait la rencontre de Maître Pierre Cornette de Saint Cyr qui lui permet de s’installer à l’Hôpital éphémère, un squat de 1991 à 1996. Il y rencontre Sharp, Ash, JayOne et Skki et A-One qui l’initient au monde de l’art parisien en lui faisant découvrir les galeries et les expositions.

M. C.

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