Culture

La «Symphonie Héroïque» expliquée par Jean François Zygel

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5396 Le 22/11/2018 | Partager
Dernière de la série «À la rencontre d’une œuvre»
Un concert didactique proposé par L’OPM
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Pianiste improvisateur, compositeur et grand vulgarisateur de musique classique dans les médias, Jean François Zygel est largement reconnu, en France, pour son travail d’initiation à la musique classique à la télévision et à la radio (Ph. Denis Rouvre/naïve)

Qu’est-ce qu’un concerto? Une sonate? Une symphonie? Quel est le rôle de chaque instrument dans un orchestre? Qu’est-ce qu’une variation? Un thème?  Autant de questions auxquelles se propose de répondre en musique, Jean François Zygel, qui clôture le cycle «À la rencontre d’une œuvre»: une série de concerts commentés, proposés par l’Orchestre Philharmonique du Maroc (OPM).

Pour la 5e  et dernière année, le pianiste improvisateur, compositeur et grand vulgarisateur de musique classique dans les médias aujourd’hui, s’attaque à une œuvre colossale: 3e Symphonie de Beethoven, dite «héroïque». Élan, émotion, énergie, surprise, contraste, enthousiasme, recueillement, fureur, impétuosité, vigueur… les adjectifs ne manquent pas pour illustrer cette symphonie, qui constitue un tournant dans l’Histoire de la musique.

Clef de voûte des neuf symphonies du dernier grand représentant du classicisme viennois du début du XIXe siècle. Grâce à son art d’unir le verbe et la musique, Jean François Zygel décompose les œuvres avec humour et les contextualise  pour mieux les expliquer. Il propose une  manière très ludique, ponctuée de faits historiques réels et d’anecdotes, de découvrir ou redécouvrir des œuvres majeures, grâce aux trésors d’imagination et d’éloquence que déploie l’infatigable explorateur du répertoire symphonique.

«Célébrer Beethoven, c’est d’abord célébrer sa musique, son énergie rythmique, ses motifs, ses thèmes puissants et dessinés. Mais c’est aussi célébrer l’improvisateur, qui conquit le cœur de Vienne en 1795 et dont Czerny disait: «Son improvisation était on ne peut plus brillante et étonnante; dans quelque société qu’il se trouvât, il parvenait à produire une telle impression sur chacun de ses auditeurs qu’il arrivait fréquemment que les yeux se mouillent de larmes, et que plusieurs éclatent en sanglots», confie Jean-François Zygel.

L’Orchestre Philharmonique du Maroc interprétera ce monument de la musique classique sous la direction de Maxime Tortelier, qui fut l’élève de Jean François Zygel, et fils du grand violoncelliste français Paul Tortelier. Du maître à l’élève l’Orchestre Philharmonique du Maroc vivra du 19 au 26 novembre prochains sous le signe de la transmission et du partage tout au long de cette tournée dans quatre villes du royaume (Casablanca, Rabat, Tanger et Marrakech). Hormis Tanger, les autres villes bénéficieront également d’un bonus avec un  récital d’improvisation sur les traces de Beethoven.

Sinfonia Eroïca

La symphonie n°3 de Beethoven, dite «Héroïque» est, parmi toutes les symphonies du répertoire, une des plus belles et des plus grandes de l’histoire. Ebauchée à Heiligenstadt en 1802, cette symphonie fut achevée à Vienne en mai 1804. Elle devait à l’origine s’appeler «Bonaparte», celui-ci étant encore Premier Consul et admiré par Beethoven. L’Histoire raconte que quand le compositeur apprit le couronnement impérial de son héros, il entra en grande colère, arracha la première page de son manuscrit et nomma son œuvre «Sinfonia eroïca». Dédiée au Prince Lobkowitz, elle fut jouée, en privé, pour la première fois, en août 1804 et une seconde fois en décembre de la même année. La première exécution publique fut donnée au théâtre «An der Wien» le dimanche 7 avril 1805. Beethoven dirigeait l’orchestre. Le public viennois fut médusé, stupéfait par la longueur démesurée de l’œuvre et la nouveauté de son style. Certains critiques la jugèrent même «assommante, interminable et décousue, surchargée, incompréhensible et beaucoup trop bruyante». En réalité, il s’agit d’une œuvre  révolutionnaire pour l’époque, ne serait-ce que par sa durée avoisinant les 50 minutes: jamais une symphonie n’avait excédé 30 minutes. On a parlé d’œuvre «colossale». La symphonie Héroïque marque surtout un tournant dans l’Histoire de la musique classique: elle constitue un virage irrévocable pris par Beethoven, faisant passer l’esthétique musicale du classicisme de Mozart, au romantisme des œuvres de Brahms ou Schumann.

A.Bo

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