Régions

Rencontre à Marrakech autour du judaïsme marocain

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5393 Le 15/11/2018 | Partager
Musulmans et juifs pour une marocanité en partage
Quelque 200 personnes présentes, beaucoup venant de l’étranger
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Quelque 200 personnes, des musulmans et des juifs du Maroc et de l’étranger, sont actuellement à Marrakech, réunies autour d’une rencontre sur la marocanité en partage (Ph. Mokhtari)

Une marocanité en partage. «Tous ensemble, en Europe, en Amérique, en Afrique ou au Moyen-Orient, les enfants du Maroc, juifs ou musulmans, doivent être les porteurs, les défenseurs et les promoteurs de cette exception», expriment dans un communiqué Abdellah Boussouf, secrétaire général du CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger) et S.E. Serge Berdugo, celui du CCIM (Conseil des communautés israélites du Maroc).

Ces deux conseils organisent, jusqu’à dimanche prochain, une rencontre autour du judaïsme marocain. L’événement réunit actuellement quelque 200 personnes à Marrakech, qui ont pu découvrir une première exposition, organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, consacrée aux portraits des juifs marocains de l’Atlas et du Sahara, signés du photographe Elias Harrus.

Une deuxième, organisée par le CCIM et la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, invite à la découverte des lieux de mémoire et des cimetières réhabilités. La communauté juive marocaine ayant contribué de façon substantielle au développement culturel et artistique du Royaume.

Sous la présidence d’honneur d’André Azoulay, conseiller du Roi, un concert a été donné par la Chorale Al Maghrib, qui revisite ici les grands classiques du répertoire judéo-marocain, sous la direction du chef d’orchestre Sanae El Amri. Enfin, le documentaire «Yahssra… Douk Lyam» de S.E. Serge Berdugo et Marc Berdugo a été projeté aux invités, démontrant le brassage culturel et le respect mutuel entre juifs et musulmans du Maroc dans les années 1950.

Un tel rassemblement est surtout l’occasion de se réapproprier une histoire commune pour en assurer la transmission aux nouvelles générations et lutter contre toutes les exclusions et toutes les stigmatisations.

«Nous avons peut-être trop célébré nos différences et investi sur nos spécificités sans nous préoccuper d’une dimension essentielle qui nous unit et nous réunit: notre marocanité», s’expriment les organisateurs. En toile de fond, ce que nous appelons «l’exception marocaine». Le Maroc étant la preuve vibrante que ce dialogue et ce vivre-ensemble sont des réalités et que le conflit proche-oriental n’est pas une fatalité.

«L’ambition de cette rencontre n’est pas d’apporter des réponses à ces questions, mais de prolonger la réflexion», précise le communiqué. Nouvelle Constitution, discours du Roi, restauration des synagogues et des cimetières juifs, liberté et sécurité des membres de la communauté juive dans la pratique de leur foi ou encore l’existence en terre marocaine d’un Musée du judaïsme, une exception dans le monde arabe et islamique, sont autant de volontés érigées contre la prolifération des obscurantismes.

De notre correspondante permanente, J.A.

 

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