Competences & rh

Employabilité/Formation continue: Le dispositif toujours grippé

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5387 Le 07/11/2018 | Partager
La nouvelle loi reconduit la même gouvernance à problèmes
Un maigre budget pour une cible qui passe de 3,4 à 12 millions d’actifs
Bilan de compétences, formation à l’initiative du salarié… quelques acquis
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Mohamed Slassi, président du directoire de l’Observatoire des métiers et compétences des branches professionnelles de la CGEM: «Comment revoir notre modèle de développement et nous préparer aux futurs bouleversements technologiques, si nos entreprises sont privées de leur principal outil, la mise à niveau de leurs ressources humaines? Au Maroc, la formation continue profite à 0,5% des entreprises, contre 76% en France, 50% en Espagne et 80% aux Pays-Bas» (Ph. MS)

Très attendue, la loi 60-17 sur la formation continue, publiée dans le Bulletin officiel du 29 octobre dernier, a déçu le patronat. «La loi a reproduit la même gouvernance défaillante, et reconduit les mêmes ressources financières récurrentes pour un public encore plus large», relève Mohamed Slassi, président du directoire de l’Observatoire des métiers et compétences des branches professionnelles de la CGEM.

C’est, en effet, encore l’OFPPT qui gérera le dispositif des contrats spéciaux de formation. La seule avancée, c’est la tenue de deux conseils d’administration par an au lieu d’un seul auparavant. Les entreprises recevront, par ailleurs, le même budget. Les fameux 30% de la taxe de la formation professionnelle (TFP). L’an dernier, cette part s’est élevée à 700 millions de DH, pour une population éligible de 3,4 millions de salariés.

Chaque année, uniquement près de 1.200 personnes en profitent. La loi a, cependant, élargi le cercle des bénéficiaires, puisqu’elle intègre, également, les formations à l’initiative des salariés, et non plus seulement des employeurs. Ils auront droit à 3 jours de formation pas an, cumulables sur une période de 5 ans. Le texte couvre aussi désormais tous les actifs, non salariés, exerçant une activité privée, et même les salariés ayant perdu leur emploi.

Cela représente une population supplémentaire de 9 millions de personnes (en attendant la précision des catégories exclues), selon Slassi. Que faire avec une enveloppe minuscule de 700 millions de DH, sachant que la formation d’un salarié nécessite au bas mot 5.000 DH bruts?  La stratégie de la formation professionnelle visait 20% de salariés par an.

Si on applique cet objectif aux 12 millions d’actifs actuellement concernés, le nombre de bénéficiaires monte à 2,4 millions. Il est clair que les 30% de la TFP ne feront pas l’affaire. «Chez nous, les mécanismes d’appui à la formation continue profitent à 0,5% des entreprises, contre 76% en France, 50% en Espagne et 80% aux Pays-Bas», souligne Slassi. 

La loi instaure de nouveaux acquis, mais dont les outils ne sont pas encore activés. A l’instar du droit au bilan de compétences et à la validation des acquis professionnels, dont les modalités seront fixées ultérieurement par décrets.

Tout le système de la formation continue semble aujourd’hui bloqué. L’Observatoire de la CGEM, rattaché à l’OFPPT, censé faire remonter les besoins des PME et branches professionnelles en compétences, peine à démarrer, en raison de la lenteur de la gouvernance. Pour sa part, l’Observatoire national du marché du travail, relevant du ministère du Travail, devant analyser l’offre et la demande d’emploi et recommander des programmes de formation, est toujours très peu actif.

Ahlam NAZIH    

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