Economie

Le dialogue social pédale dans le vide

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5386 Le 05/11/2018 | Partager
Le gouvernement maintient ses propositions que rejettent toujours les syndicats
Le boycott, l’arme brandie par l’UMT, la CDT et l’UGTM

Fiasco! La réunion tenue vendredi 2 novembre entre les syndicats et le gouvernement a abouti à nouvel échec. L’UGTM a pratiqué la politique de la chaise vide, la CDT s’est retirée juste après le discours du chef du gouvernement et l’UMT a décidé de boycotter les futurs rendez-vous. «Nous avons essayé de convaincre le chef du gouvernement  de l’augmentation des salaires et du smig mais sans résultat», déclare El Miloudi El Mokharik, secrétaire général de l’UMT.

A moins que le gouvernement n’évolue dans le sens  des revendications des syndicats, le dialogue social tournera, comme le prédisent les syndicalistes, dans le vide. D’où la décision des trois organisations présentes à la réunion du vendredi 2 novembre.

A l’UGTM, l’on critique l’absence d’un ordre du jour clair, de propositions qui tiennent compte des revendications et de toute intention sérieuse du gouvernement d’avancer sur ce dossier. La CDT a également marqué sa déception par rapport aux propositions du gouvernement jugées «en deçà des attentes».

Le gouvernement propose une hausse des salaires des fonctionnaires de 400 DH: 200 DH dès janvier 2019, 100 en 2020 et 100 DH en 2021. L’offre écarte ceux qui sont à l’échelle 10 (échelon 6) et l’échelle 11 ainsi que les hors-échelle. Ce qui est jugé discriminatoire et qualifié de non-sens par les syndicats. «Le montant proposé est échelonné sur trois ans, c’est dérisoire.

Le secteur privé est écarté des discussions», commente le patron de l’UMT. L’offre compte aussi une hausse des allocations familiales dans la fonction publique à 300 contre 200 DH actuellement, soit une augmentation de 100 DH pour 6 enfants. Le gouvernement est resté focalisé sur le secteur public provoquant ainsi l’ire des centrales syndicales.

Ce nouveau cycle de négociations a démarré en octobre avec une réunion au cours de laquelle le gouvernement a présenté les grandes lignes du projet de loi de finances aux syndicats et avec son offre au secteur public. Le privé est exclu puisque la hausse du smig et des salaires devraient avoir l’aval du patronat.

Ce cycle intervient après l’échec des discussions menées à la veille du 1er mai et celles bien avant avec le gouvernement Benkirane. Ce qui  fait dire à plusieurs observateurs que ce fiasco marque peut-être la fin du dialogue entre le gouvernement et les syndicats.

«L’exécutif semble méconnaître l’art de la négociation. Il propose des mesures et s’y accroche sans tenir compte des arguments des uns et des autres», souligne un syndicaliste.  A moins d’un changement dans la manière de procéder et d’une vision claire, voire d’un programme pour le privé et le public, les relations entre le gouvernement et les syndicats ne risquent pas de se détendre.

Allocations familiales: Impact sur les cotisations CNSS

Revalorisation salariales, refonte de la grille IR, hausse des allocations familiales, déductibilité des frais de scolarité, hausse du smig… Ce sont là les principales revendications des syndicats alors que l’offre du gouvernement se limite à deux mesures en faveur des fonctionnaires: une hausse des salaires sur trois ans et une revalorisation des allocations familiales. Dans le privé, cette revalorisation nécessite  l’aval du conseil d’administration de la CNSS et une hausse des cotisations. En tout cas, les simulations réalisées par la CNSS relèvent que la hausse à 300 DH aura un impact: 2,6 milliards de DH. Cela pourrait même occasionner un déficit financier dès 2023 nécessitant une hausse du taux de cotisation (0,16%).

Khadija MASMOUDI

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