Economie

Energies renouvelables: Revoir à la hausse les objectifs à l’horizon 2030

Par Nadia DREF | Edition N°:5386 Le 05/11/2018 | Partager
Le Souverain exhorte Masen à accélérer le déploiement de la stratégie
Exemplarité de l’Etat, programme intégré additionnel, projets 2019…
Biomasse, photovoltaïque flottant… les pistes à explorer
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Le Souverain a exhorté le chef du gouvernement, le ministre de l’Energie et des Mines ainsi que le président de Masen à doubler d’efforts afin de dépasser les objectifs fixés à l’horizon 2030 (Ph. MAP)

Le Maroc est déterminé à passer à la vitesse supérieure en matière d’énergies renouvelables. C’est ce qui ressort des directives royales adressées à Masen, actuel pilote du déploiement de la stratégie ENR, lors d’une séance de travail tenue le 1er novembre à Rabat.

Tout en se félicitant des réalisations enregistrées jusque-là, le Souverain a demandé la révision à la hausse de l’ensemble des objectifs fixés à l’horizon 2030 car les 52% visés des EnR dans le mix électrique «seront largement dépassés». «En se basant sur une stratégie pertinente et audacieuse, tout projet, déployé de façon responsable et rigoureuse, ne peut que se traduire en dynamique vertueuse de développement et de progrès», lit-on dans un communiqué du cabinet royal.

Pour accélérer le rythme des réalisations, le Souverain a exhorté le chef du gouvernement à densifier et encourager l’exemplarité de l’administration publique. Les bâtiments publics devront montrer l’exemple en recourant autant que possible aux énergies renouvelables tout en maximisant l’efficacité énergétique et en réalisant des économies d’échelle.

Autre nouveauté : le Souverain insiste sur la nécessité d’adopter un programme intégré additionnel. Ce dispositif consistera à doter l’ensemble de stations de dessalement d’eau programmées d’unités de production d’énergies renouvelables. Objectif : assurer une autonomie et des économies d’énergie. Ceci en s’appuyant prioritairement sur les gisements disponibles à proximité des stations, à l’instar de l’éolien à Dakhla. Il est même prévu l’exploration de nouvelles sources d’énergie telles que la transformation énergétique des déchets (biomasse) dans les grandes métropoles dont le Grand Casablanca.

Par ailleurs, Masen étudie déjà la faisabilité de centrales photovoltaïques flottantes (Cf. L’Economiste du 29 octobre 2018. Rubrique De Bonnes Sources). Selon nos informations, les usines pourraient être déployées sur les barrages Hassan II (14 km au sud du complexe Noor Midelt) et Mansour Eddahbi (7,5 km au sud du complexe Noor Ouarzazate). 

Après des débuts timides, le photovoltaïque flottant est aujourd’hui la lame de fond un peu partout dans le monde. Par rapport au schéma classique (installations terrestres), le photovoltaïque flottant présente l’avantage de l’économie foncière (moins de terres mobilisées) tout en permettant de valoriser les surfaces d’eau au-delà de leurs fonctions traditionnelles de réservoirs.

S’y ajoute l’avantage d’un ensoleillement maximal. La balle est donc dans le camp du Chef du gouvernement, du ministère de l’Energie et des Mines (tutelle) et surtout le management de Masen en sa qualité de chef de file des EnR. Tous ensemble, ils doivent coordonner leurs actions sachant que c’est un secteur stratégique que le Roi suit de près et régulièrement.

Côté réalisations, Mustapha Bakkoury a présenté l’état d’avancement des projets en cours dans l’éolien, le solaire et l’hydraulique. L’année 2018 a été marquée par la concrétisation des objectifs, conformément au calendrier arrêté lors de la précédente réunion de travail présidée par le Souverain en avril dernier, précise le communiqué royal. Citons, à cet égard, la mise en exploitation de l’ensemble du complexe solaire Noor Ouarzazate (580 MW), qui avec la synchronisation réussie de la tour Noor Ouarzazate III consacre sa position du plus grand complexe multi-technologique solaire en opération au monde.

Les centrales solaires Noor Laâyoune I et Noor Boujdour I, doté d’une capacité cumulée de 100 MW, ont été achevées. Pour leur financement, Masen a eu recours à la première émission obligataire verte au Maroc. «Ces centrales, qui font partie des premiers projets initiés dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud promu par Sa Majesté le Roi, ouvrent la voie à davantage de progrès au bénéfice des populations et des acteurs économiques locaux», précise le cabinet royal.

Mustapha Bakkoury a également présenté au Souverain l’état d’avancement du programme Noor PV II et des travaux de construction des centrales solaires du complexe Noor Midelt. Fortes de l’hybridation des technologies solaires, thermiques et photovoltaïques, ces stations apportent une réponse optimisée aux besoins de la pointe du réseau national.

L’éolien n’est pas en reste. Plusieurs chantiers sont en cours de lancement. Les travaux de construction du parc éolien de Midelt (180 MW) et celui de Taza (pour une première phase de 100 MW) sont prévus pour le premier semestre 2019.

L’année 2019 connaîtra également le lancement du projet de repowering du parc éolien de Koudia El Baida. C’est le premier projet éolien développé au Maroc. Il a été mis en exploitation en 2000 par l’ONEE. Ce projet de repowering consiste à porter la capacité du parc de 50 à 120 MW, tirer profit des derniers progrès technologiques en la matière ou encore améliorer la valorisation du gisement éolien dont disposent les provinces du Nord. «Cette démarche constitue une première en Afrique et dans la région Mena», fait valoir le top management de l’Agence.

La super-agence Masen

L’ Expertise Masen s’étend du solaire à l’éolien jusqu’à l’hydraulique. Mieux, elle prévoit de couvrir à l’avenir le développement de toute autre énergie renouvelable qui serait pertinente pour le pays (énergie marine, hydrogène, biomasse…). Ce qui fait de Masen l’interlocuteur privilégié de tous les acteurs de l’écosystème renouvelable. Cette diversité permet également de tirer profit de la complémentarité de ces énergies et d’identifier la technologie la mieux adaptée aux besoins du réseau national. En matière d’hydraulique, la contribution devrait continuer à augmenter pour atteindre au moins 2.000 MW à l’horizon 2020. Actuellement, elle se situe à hauteur de 1.770 MW.
Côté éolien, les parcs de production d’électricité sont généralement implantés le long des côtes. L’objectif fixé consiste à atteindre une capacité de 2.000 MW dès 2020. Ce plan éolien permettra d’économiser annuellement 1,5 million de TEP, soit 5,6 millions de tonnes de CO2. Il existe actuellement 7 parcs en activité.
Le plan solaire soutient le développement d’un écosystème solaire intégré et compétitif, activé par le déploiement des centrales solaires Noor à travers le Royaume. Le Plan Noor vise le développement d’une capacité de 2.000 MW d’ici 2020. Ses projets génèreront des investissements de plus de 9 milliards de dollars d’ici 2020. Le solaire permettra à l’horizon 2020 une économie d’émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 3,7 millions de tonnes de CO2.

Nadia DREF

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