Economie

Financements participatifs: Un Fonds de garantie en préparation

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5386 Le 05/11/2018 | Partager
Le projet soumis au Conseil supérieur des oulémas dans les prochains jours
Deux produits proposés: garantie entreprise et garantie Iskane
Le plan Maroc Vert mis en avant

Tout au long des débats de la Commission des finances, qui avaient démarré la semaine dernière, Mohamed Benchaâboun est resté placide. Jeudi soir, il était également de marbre en dépit des attaques des députés du PJD qui le ciblaient lorsque l’un d’entre eux a parlé de «repeindre des cadres aux couleurs du RNI». Il est vrai qu’avant d’être nommé ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun n’avait pas d’appartenance politique.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Un autre député du même parti s’en est pris à son président Aziz Akhannouch. L’opposition n’y est pas allée de main morte. Malgré ces tirs croisés, le ministre de l’Economie et des Finances n’a rien laissé transparaître lors de la présentation de sa réponse jeudi soir aux questions soulevées par les parlementaires. Il est resté sur le plan économique.

Ainsi, sur le plan de l’investissement public, il a remis sur le tapis le plan Maroc Vert, critiqué par des députés au cours de ces derniers jours. Selon lui, le PMV a réalisé des résultats importants au cours des dix dernières années au point que l’investissement public a atteint près de 43 milliards de DH en ciblant les infrastructures de base productives et les projets du Pilier II.

L'effet Maroc Vert

Quant à l’investissement privé, il a atteint 60,5 milliards de DH au cours de cette période et a concerné l’équipement des exploitations en vue d’améliorer la productivité. «Grâce au plan Maroc Vert, la valeur des exportations agricoles a augmenté de 117%, particulièrement les agrumes, les fruits et légumes. Ce qui a permis de couvrir les importations agricoles», a dit le ministre.

Sur le plan social, les journées de travail pour chaque poste ont progressé de 40% comme résultat des filières de production et l’élargissement des superficies agricoles. Selon Mohamed Benchaâboun, le secteur agricole a contribué à hauteur de 37% dans l’accroissement du revenu individuel. Le ministre a par la suite énuméré d’autres effets positifs induits par le PMV sur les différentes filières agricoles.

Dans le cadre du soutien affiché en direction de l’entreprise, et après avoir cité les dispositions qu’il compte mettre en place pour le règlement des arriérés de la TVA accumulés depuis des années, le ministre a attaqué un nouveau chantier. Il s’agit de la simplification des mécanismes de garantie, à travers plusieurs dispositions.

Ainsi, il compte regrouper les 12 produits de garantie en 2, l’un relatif à l’investissement, l’autre à l’exploitation. Ce dispositif est destiné aux TPE, aux auto-entrepreneurs et aux PME. Le but est d’arriver à plus de clarté pour les banques et pour les entreprises.

Mais c’est la création d’un Fonds de garantie pour faciliter l’accès aux financements participatifs qui a accroché l’attention des députés. Le projet est en cours de préparation. Le ministère des Finances, la Caisse centrale de garantie et la Banque islamique de développement travaillent ensemble pour le sortir rapidement. Ce fonds sera financé par l’Etat, avec des contributions des banques à travers une dotation pour tout dossier de garantie.

Selon le ministre, ce fonds présentera prochainement deux produits phares. L’un relatif à la garantie entreprise, l’autre à la garantie Iskane. Dans les prochains jours, ce projet sera soumis à l’appréciation du Conseil supérieur des oulémas pour une conformité avec la Chariâ.

En parallèle, le ministère veut renforcer l’offre de garantie pour les TPME. Cette disposition vise à augmenter le plafond de la garantie de ces entreprises qui doit passer de 10 à 20 millions de DH pour chaque opération et de 20 à 40 millions de DH pour chaque société. Cette offre porte sur l’investissement et l’exportation et ciblera les activités à forte valeur ajoutée. Cette garantie sera conditionnée à l’amélioration de la gouvernance et à la transparence des entreprises. 

En outre, le ministère propose la création d’une offre de garantie spéciale pour les associations de microcrédit. Cette proposition est censée limiter les risques auxquels les associations de microcrédit sont exposées et qui représentent entre 2 et 13% selon les associations. Cela devra améliorer les conditions financières qui leur sont appliquées, particulièrement le taux d’intérêt et le montant des crédits.

Enseignants par contrat

L'année prochaine, le ministère de l’Education compte recruter 15.000 enseignants sur la base de contrat avec les Académies régionales d’éducation et de formation (Aref).  Ainsi, on aura totalisé 70.000 contractuels durant la période 2017-2019. En pratique, il s’agit de signer un contrat de deux ans. Durant cette période, la productivité professionnelle de l’enseignant contractuel sera évaluée. Celui-ci passera par la suite un examen d’aptitude professionnelle. S’il réussit cet examen, le contrat sera reconduit chaque année et de façon automatique. Selon Mohamed Benchaâboun, les enseignants recrutés selon cette formule bénéficient de toutes les garanties et les avantages accordés à leurs collègues sur les plans du salaire, de la promotion interne et de la couverture sociale ainsi que les autres droits mentionnés dans le statut de la fonction publique. Au niveau de la formation, il faut reconnaître que les enseignants de la première promotion, vu l’urgence des sureffectifs dans les classes, ont été recrutés  directement, avec la possibilité de bénéficier d’une formation parallèlement du travail. La 2e vague a profité d’une formation de base durant 6 mois dans les centres régionaux des métiers de l’éducation et de formation. Les contractuels ont reçu une bourse de stage de 1.400 DH par mois.

Mohamed CHAOUI

 

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