Régions

Décharge de Médiouna: La société civile se mobilise

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5384 Le 01/11/2018 | Partager
Lettre adressée aux politiques pour réclamer la fermeture du site
Un collectif d’associations organisera des sit-in en cas de non-réponse
Si rien n’est fait, le chef du gouvernement et l’Intérieur seront saisis
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Fumées, effluves nauséabondes, jus malodorants, pollution de la nappe phréatique... Les nuisances de la décharge de Médiouna concernent non seulement les riverains (à Nouaceur, Médiouna, Deroua, Bouskoura…), mais aussi l’ensemble des habitants de Casablanca. Portés par les vents, les relents de la décharge arrivent jusqu’au centre-ville (Ph. L’Economiste)

Le retard pris sur le traitement du dossier de la décharge de Médiouna continue de susciter l’ire des Casablancais. Face à l’immobilisme des décideurs sur l’avenir de cette bombe à retardement écologique, la société civile monte au créneau. Un collectif d’une trentaine d’associations vient d’adresser une série de courriers aux principaux concernés par cet épineux dossier, qui traîne depuis des décennies.

«Nous avons observé un sit-in à l’occasion de la dernière session du Conseil de la ville et nous avons essayé en vain d’entrer en contact avec les responsables communaux», déplore Mehdi Laimina, président de l’association «Défi pour l’égalité et la citoyenneté» qui chapeaute ce collectif.

Appuyé par plusieurs élus de l’opposition (PAM, RNI, PSU…), ce collectif associatif pour l’environnement demande, dans ces lettres remises mercredi 31 octobre, à une audience avec le wali, le président de la région Casa-Settat, le président du Conseil de la ville ainsi que la Direction régionale de l’environnement et celle de la santé. «Nous ciblons ces instances dans un premier temps, en cas de non-réponse, nous nous adresserons ensuite  au chef de gouvernement et au ministère de tutelle», poursuit Laimina.

Cette action vise «l’ouverture d’un débat public concernant ce point noir environnemental et son impact négatif sur la santé du citoyen», précise le collectif dans sa lettre. Ce groupement associatif dénonce notamment la situation catastrophique de la décharge et réclame sa fermeture dans les plus brefs délais.
«Nous réclamons la constitution d’une commission d’enquête au sujet de cette catastrophe écologique», renchérit Najwa Koukous, élue PAM du Conseil de la ville.

Selon elle, le bureau actuel n’assume pas ses responsabilités quant aux multiples nuisances occasionnées par la décharge non contrôlée de Casablanca (odeurs, fumées, lixiviat, contamination de la nappe phréatique…). «Normalement, le Conseil de la ville devrait créer une cellule de crise ou un comité chargés d’éclairer l’opinion publique sur le processus de sélection du nouveau délégataire qui traîne depuis plusieurs mois, sans aucune explication plausible», poursuit-elle, en déplorant l’ambiguïté qui entoure ce sujet. Elle évoque même l’éventualité d’un recours à la justice si rien ne change entre-temps.

Pour rappel, Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville, avait assuré, lors de la session du 18 octobre dernier, qu’il préférait «avoir plus de visibilité et ne pas trancher sous la pression du temps et des délais». «Nous sommes à la recherche de la bonne formule pour assurer la qualité de service tout en prenant en considération les capacités financières de la commune», avait déclaré le maire pjdiste.

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Plusieurs membres du collectif associatif pour l’environnement ont interrompu la session, jeudi 18 octobre dernier, pour protester contre le traitement du dossier de la propreté à Casablanca. La commune peine à régler, depuis plus d’un an, le problème de la collecte des déchets et celui de la gestion de la décharge de Médiouna (Ph. L’Economiste)

L’exclusion de ce point de l’ordre du jour de la dernière session d’octobre était d’ailleurs à l’origine de protestations des membres du collectif associatif pour l’environnement durant cette session (cf. édition du 19 octobre 2018).

«En cas d’absence de réaction des instances concernées, nous organiserons des sit-in, voire des campements devant le siège du Conseil de la ville», menace le représentant du collectif pour l’environnement. Le milieu associatif suit de près ce dossier. Il appelle à l’ouverture d’un débat public avant d’opérer des choix stratégiques. Faut-il continuer sur l’enfouissement pour des années à venir alors que d’autres options écologiques et économiquement viables sont disponibles?  A titre d’exemple, l’incinération, la méthanisation, la pyrolyse ou encore le traitement bio-mécanique des déchets…

Toutes ces questions restent sans réponse, alors que les politiques sont aux abonnés absents. Pourtant, Mustapha Bakkoury, président de la région Casa-Settat, avait répété à maintes reprise sa ferme volonté de résoudre définitivement ce problème écologique. Il en a même fait une «des priorités de son mandat» selon ses propres termes (cf. édition du 8 décembre 2016).

La commune aurait-elle exclu la région du traitement de ce dossier sensible où des intérêts occultes sont-ils en jeu? Notamment ceux de la filière de l’informel qui tire largement profit de la manne de la récupération des matières premières (plastique, métaux, carton, papier…) dont regorge la décharge…

Aziza EL AFFAS

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