Régions

Meknès-Mairie: Bouano défend son bilan

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5384 Le 01/11/2018 | Partager
L’embellissement de la ville assuré grâce au partenariat
Budget, ressources humaines, domaine public…en priorité
Voiries, transport urbain, valorisation de la médina…aussi
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 Abdallah Bouano veille personnellement sur la réalisation des travaux de réfection des voiries. Le maire PJD de Meknès affirme qu’il inspecte, jour et nuit, les différents chantiers…mais reste intrigué par la prolifération des chiens errants «natifs de Meknès et ceux issus de l’exode» (Ph YSA)

Abdallah Bouano est content du lancement de la valorisation de la médina de Meknès et veut le faire savoir. Le premier élu de la capitale ismaïlienne a tenu, mardi dernier, une conférence de presse, «pour remercier le Roi pour l’intérêt porté à la ville» et le ministère de l’Intérieur pour la mobilisation des différents partenaires, en un temps record, autour du projet de restauration de la médina séculaire. Projet qui, rappelons-le, coûtera quelque 800 millions de DH et dont la réalisation s’étalera sur 5 années d’exécution (2019-2023). L’Economiste revient sur le bilan défendu par le premier responsable de la ville.

■ Menaçant ruine, assainissement, équipement…en priorité
Parallèlement au projet royal, la Commune de Meknès est partenaire dans la réhabilitation de 3.300 maisons menaçant ruine pour un investissement de 250 millions de DH. «Lancé en octobre 2017, ce chantier est confié à la société Al Omrane», explique le maire PJD. Sa mairie accompagne, par ailleurs, la RADEM dans la mise à niveau du réseau d’assainissement liquide pour une enveloppe de 100 millions de DH. Le même montant est alloué à la restauration des monuments historiques, initiée par l’Ader, et en partenariat avec la Commune de Mechouar. Sur un autre registre, la mairie de Meknès a adopté un plan d’action communal (PAC) pour la période 2016-2022 et instauré des commissions d’organisation. Celles-ci sont chargées de la circulation et la gestion des secteurs névralgiques (éclairage public, transports, ramassage des ordures, voiries…etc). Ainsi, en matière de PAC, plusieurs conventions sont en cours d’exécution. Elles concernent la mise à niveau de plus de 30 quartiers sous-équipés, en plus des avenues Biranzarane, FAR, et Mohammed VI. «Ceci a été possible grâce à l’appui de l’Intérieur pour la mobilisation de plus de 395 millions de DH dans ces projets». L’aménagement des ronds-points giratoires et rocades extérieures en fait partie. «Ce chantier visant particulièrement le décongestionnement de la circulation au niveau du centre urbain, démarrera en 2019. Il se fera, étape par étape, pour éviter tout blocage au niveau de la circulation urbaine», précise le maire.

■ Fructifier les recettes publicitaires
Pour 2019, la mairie de Meknès a adopté un budget de 527 millions de DH, soit une hausse de plus de 15,5% par rapport à 2018 (447 millions de DH). A ce titre, Bouano se veut rassurant: la ville a tous les moyens pour fructifier ses recettes». En revanche, l’élu appelle les 540.000 Meknassis à payer leurs taxes et impôts afin de permettre à la ville d’engager des investissements conséquents dans la mise à niveau urbaine. «Ils sont demandeurs de l’amélioration de la qualité de vie (routes, voiries, ramassage d’ordures, éclairage public…), et ceci a un prix», dit-il. En outre, la mairie entend au moins doubler les recettes des panneaux publicitaires. Outre la sensibilisation des habitants de la ville, Bouano exhorte l’administration fiscale à motiver ses fonctionnaires en charge du recouvrement. «Aussi, il faut autoriser les communes à recruter du personnel dédié au reste à recouvrer». A ce titre, le département de Laftit, selon Bouano, est en train de travailler sur une «solution globale» qui répondrait aux besoins des communes en ressources humaines. Signalons que la municipalité de Meknès compte 1.376 fonctionnaires dont seulement 15 ingénieurs et 4 techniciens en informatique «formés par leurs propres moyens». Ceci, pour dire qu’il y a un manque flagrant de ressources humaines communales. A cela s’ajoute aussi le manque de ressources financières. A ce titre, il est demandé à l’Intérieur d’honorer un engagement de 25 millions de DH conventionné dans le cadre d’un projet portant sur la décharge publique de Meknès. «Sur les 65 millions de DH promis depuis 2014, la mairie n’a reçu à ce jour que 40 millions de DH», rappelle-t-on.

■ Libérer le domaine public et améliorer le transport urbain
Prioritaires également, la libération du domaine public ainsi que l’amélioration du transport urbain. Pour le premier volet, le maire propose une intervention commune et concertée entre autorités locales et élues. «L’opération doit être sévère, rigoureuse et globale. Elle viserait la reprise en main de la place Lahdim ainsi que l’éradication des marchands à la sauvette, les kiosques, et l’affichage sauvage», propose Bouano pour qui «la réussite de cette opération dépendrait de l’engagement de tous les acteurs à faire respecter la loi». En ce qui concerne le transport urbain, un prolongement du contrat de gestion avec City Bus transport est en cours de finalisation. Ainsi, il est demandé au délégataire d’assurer la mise en circulation de 130 bus, au lieu de 101 actuellement, renforcer le réseau, et embaucher du personnel formé. «Son contrat avec la mairie ira jusqu’en 2027 sur la base d’une convention révisée. Laquelle prévoit des investissements conséquents. Toutefois, la proportion des minibus ne devra pas dépasser les 40%», affirme l’élu. Des bus aux normes européennes, une plateforme numérique pour le transport, et un plan de déplacement urbain sont également au menu.    

■ Les parkings et chiens errants intriguent
Pas de solution pour les parkings de la ville de Meknès. Lesquels rapportent zéro recette à la commune. Pourtant, il y a bien des gardiens qui squattent les quatre coins de la ville. Où vont les recettes quotidiennes récupérées par ces individus? Personne ne le sait. Consterné par cette situation, le maire de la ville a tenté d’y remédier en lançant deux appels à manifestation d’intérêt pour la gestion des parkings, «mais en vain», dit-il. Enfin, pour ce qui est des chiens errants qui prolifèrent, l’élu parle d’un réel problème. Surtout qu’un chien enragé a fait dernièrement une nouvelle victime. Le phénomène est tel que le nombre des animaux à abattre atteint, d’après Bouano, les 4.000 au sein du périmètre urbain et plus de 14.000 si l’on compte les communes avoisinantes». «Nous avions un problème de permis de chasse. Ce qui a engendré un accroissement surdimensionné du nombre de ces chiens, nés à Meknès. En plus, nous sommes confrontés à la colère des associations de protection des animaux», regrette le maire.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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