Régions

Fès-Meknès se penche sur l’agriculture durable

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5383 Le 31/10/2018 | Partager
Changement climatique, rareté de l’eau, bio…au menu
Objectif : Sensibiliser à une production réfléchie
Une initiative de la Chambre d’agriculture de la région
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Les responsables de la Chambre agricole de Fès-Meknès appellent à l’adoption des bonnes pratiques agricoles adaptées aux changements climatiques et la création de programmes de développement durable des pâturages. Objectif, assurer une agriculture pérenne et raisonnée (Ph. YSA)

L’Economie de la région Fès-Meknès repose essentiellement sur l’agriculture. Une activité qui constitue une source de revenus très importante pour plus du tiers de sa population. C’est ce qui ressort du 2e forum régional de l’agriculture durable, tenu la semaine dernière à Fès.

En effet, la superficie agricole utile (SAU) dans la région s’élève à environ 1,34 million ha, soit 32,7% de la superficie totale de la région. Ce qui représente un véritable potentiel à développer. L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de cette rencontre.

■ Préserver l’équilibre environnemental
Lors du 2e forum régional de l’agriculture durable, organisé par la Chambre d’agriculture de la région Fès-Meknès, les intervenants étaient unanimes quant au développement d’une agriculture pérenne qui tient compte des changements climatiques et de l’épuisement des ressources hydriques.
Initiée sous le thème «l’agriculture durable, produire tout en préservant l’écosystème», leur rencontre vise à examiner les perspectives de développement de l’agriculture durable. «Cette manifestation a coïncidé avec des précipitations abondantes. Ce qui promet en conséquence une bonne campagne agricole», estime Fouad Mansouri, vice-président de la Chambre d’agriculture. En revanche, ajoute-t-il, «la durabilité des ressources et la préservation de l’équilibre environnemental sont devenues une nécessité pour garantir leur pérennisation et accroître leur productivité». En ce sens les politiques publiques, adoptées depuis l’indépendance et appuyées par le Plan Maroc Vert (PMV), visent à assurer un réel développement du monde rural. La mission assignée désormais au département d’Aziz Akhannouch s’inscrit dans cette optique et se base sur la mobilisation d’un million d’hectares en faveur des jeunes agriculteurs. Inculquer les bonnes pratiques, et profiter de l’expérience nationale et internationale en matière de développement durable, n’est pas en reste.

■ Une adaptation aux changements climatiques
Concrètement, «une série de mesures ont contribué à l’adaptation aux changements climatiques et à la garantie d’un développement durable», rappelle Kamal Hidane, directeur régional de l’agriculture. Et d’ajouter: «Ces mesures consistent notamment en l’adoption d’un grand programme volontaire économe en consommation d’eau d’irrigation, à travers l’équipement de quelque 550.000 ha de terres irriguées en techniques d’irrigation localisée au niveau national, et la mise en place d’un programme d’extension des superficies irriguées par l’aménagement de 160.000 ha et la valorisation d’une quantité d’eau estimée à 1,5 milliard m3».
Ces actions concernent également l’encouragement de l’adoption des bonnes pratiques agricoles adaptées aux changements climatiques, la création de programmes de développement durable des pâturages, à travers la mise en place des réserves et l’organisation des nomades, outre l’encouragement de l’agriculture biologique sur une superficie de 36.000 ha au niveau national à l’horizon 2020.
En tout cas, le forum de Fès était l’occasion d’approfondir les débats sur «l’agriculture et la production durables», «l’écologie agricole et son impact sur le monde rural», «l’agriculture économe en ressources», «l’impact des changements climatiques» et «la filière de l’agriculture bio au Maroc, en Andalousie et en France».

■ 40.000 ha de terres visées par l’agriculture bio  
S’agissant de l’agriculture biologique, Fès-Meknès dispose d’importantes potentialités en matière d’agriculture biologique. «Aujourd’hui, nous avons un plan de 4.000 ha qui sera transformé en agriculture biologique dans la région, notamment dans les cultures de l’olivier, l’amandier et le pommier», souligne Hidane. Et de poursuivre : «Les efforts collectifs visent à atteindre 40.000 ha de culture biologique». En attendant, il est nécessaire d’expliquer la loi 39-12 relative à la production biologique des produits agricoles et aquatiques, ainsi que les incitations à la certification et à l’export de produits biologiques.
Les principes de la certification biologique et les mécanismes de conversion à l’agriculture biologique, ne doivent pas être négligés non plus. Notons enfin qu’une première journée de formation et de sensibilisation sur cette nouvelle loi a été organisée récemment dans l’agropôle de Meknès, à l’initiative de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la filière biologique.

■ Oignons, pommes…la région est championne
Deux manifestations «agricoles» d’envergure se sont déroulées en octobre. Il s’agit respectivement du 5e festival d’oignons tenu par la province d’El Hajeb et le 7e festival national des pommes, organisé à Ifrane.
Le premier a rappelé que la région est championne dans la culture d’oignons. Elle occupe toujours la première place dans la production, avec environ 11.600 ha, soit 41% de la superficie totale nationale (27.073 ha).
La production de la région s’élève à près de 454.600 tonnes, soit 62% de la production nationale (737.090 T).
Cependant, l’absence d’une infrastructure adéquate pour le stockage oblige les producteurs à conserver leur récolte dans des silos traditionnels, ce qui engendre des pertes importantes. Pour ce qui est de la culture du pommier, la région de Fès-Meknès concentre plus de 50% de la production nationale et 30% des superficies plantées du pays.
A noter que la province d’Ifrane occupe la première place au niveau national, avec une superficie de quelque 8.000 ha et une production annuelle dépassant de loin les 260.000 T.
Les zones de production les plus importantes sont localisées en zones de hautes et moyennes altitudes du haut et du moyen Atlas, et la répartition de la superficie montre que la province d’Ifrane occupe la première place au niveau régional, avec 45% de la superficie, suivie par les provinces de Sefrou (28%), puis El Hajeb et Boulemane.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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