Régions

Marrakech hésite pour son nouveau palais des congrès

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5378 Le 24/10/2018 | Partager
Trois fonciers identifiés pour ce centre de conférences et d’expositions
Les professionnels recommandent un site proche de la ville et accessible
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En attendant cette grande infrastructure qui devrait permettre de positionner la destination sur le mice, on continue de monter et démonter des chapiteaux  avec des investissements colossaux perdus à la fin de chaque opération, comme dans le cas de la COP22 (Ph L'Economiste)

Du nouveau pour le palais des congrès et centre d’exposition à Marrakech. Trois fonciers ont été identifiés (Agdal, Route de Fès et l’Oudaya) dans le cadre du programme de développement régional de la Région Marrakech/Safi. C’est  pour le second, un terrain domanial que la visibilité est plus grande. Un lieu qui n’emporte pas l’unanimité auprès des professionnels du tourisme. 

«Un palais des congrès et centre d’exposition doit être proche du centre touristique pour offrir un accès facile aux participants», insiste Lahcen Zelmat, hôtelier de Marrakech et président de la Fédération de l’industrie hôtelière.  Même son de cloche auprès de Taoufik Madih, président des voyagistes de Marrakech. «Il faut se baser sur les expériences des pays voisins, notamment européens pour ne pas tomber dans les mêmes pièges et se retrouver avec un centre inaccessible».

En réalité, il y a plus de 5 ans qu’une infrastructure d’accueil adaptée aux grands événements internationaux (salons, foires, congrès, rencontres sportives internationales…) est en cours d’étude. Objectif: positionner de manière plus agressive sur le segment du MICE, compléter l’offre actuelle pour le tourisme d’incentive et d’affaires à Marrakech.

Le projet faisait partie du contrat-programme régional concocté par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) (Cf. L’Economiste n° 4131 du 10 octobre 2013) et a été repris par le plan de développement régional de la Région. Sur le segment du mice, le Palais des congrès de Marrakech, créé il y a plus de 22 ans par un professionnel du tourisme éclairé, Abdelhadi Alami a pu hisser la ville ocre parmi les grandes destinations sur cette niche porteuse. Seulement, cette infrastructure ne suffit plus d’autant plus qu’elle a été conçue au départ pour abriter les congrès et non pour  les exhibitions.

De fait, à chaque grande exposition organisée à Marrakech, des chapiteaux sont montés et démontés pour accueillir les évènements avec des investissements colossaux.  A chaque grand événement que la ville a attiré durant les 5 dernières années,  (COP22, congrès des droits de l’Homme, la conférence mondiale sur la migration prévue en décembre prochain), ce sont des millions de DH investis pour une structure éphémère.

A noter qu’au lendemain de la COP22 et après que Marrakech ait montré au monde sa capacité organisationnelle, les professionnels du tourisme ont appelé à accélérer ce projet de palais des congrès. S’il se concrétise, il devrait générer un volume d’affaire annuel  de 150 millions de DH et près de 40.000 nuitées supplémentaires, estiment les experts.

Quel que soit le choix du foncier, il faudra cependant attendre quelques années avant la construction de l’infrastructure. En attendant, les professionnels de Marrakech souhaitent avancer sur une autre alternative: un parc d’exposition de taille moyenne et modulable qui pourrait être rapidement réalisé», insiste Madih.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

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