Economie

Sécurité alimentaire Les investissements privés à la rescousse

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5378 Le 24/10/2018 | Partager
Pour réaliser les ODD, il faut le concours de tous
La Berd s’engage et appelle à soutenir davantage le secteur agricole
La FAO est l’atout «confiance»
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Pour Suma Chakrabarti, président de la Berd, c’est ensemble que les financements publics et privés peuvent mettre un terme à la pauvreté et à la faim (Ph. Mokhtari)

«La participation du secteur privé, peut être une force puissante en faveur de la sécurité alimentaire». C’est un appel lancé par Suma Chakrabarti, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). L’occasion était le forum mondial sur la responsabilité du secteur  privé dans l’alimentation et l’agriculture co-organisé par la Berd et la FAO et soutenu par l’Union Européenne à Marrakech.

Une conférence de deux jours qui a rassemblé pour la première fois, 200 acteurs privés et publics. Objectif: identifier les besoins et les contraintes et développer les initiatives pour augmenter les investissements dans les systèmes agricoles et alimentaires.

«Alors que la date limite fixée à 2030 s'approche à grands pas, les institutions internationales spécialisées dans le développement et le financement doivent travailler ensemble aux côtés du secteur privé en vue de trouver des solutions durables», insiste  le président de la Berd. La FAO, gardienne des 21 indicateurs des ODD peut jouer un rôle important en aidant le secteur privé à façonner et à surveiller sa contribution.

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La FAO peut jouer un rôle important en aidant le secteur privé à façonner et à surveiller sa contribution aux Objectifs de développement durable, indique Daniel Gustafson, directeur général adjoint de la FAO  (Ph. Mokhtari)

«Nous nous sommes également engagés à promouvoir des environnements plus propices aux investissements privés au sein de systèmes agro-alimentaires durables, tout en s'assurant que ces financements parviennent jusqu' à ceux qui en ont le plus besoin», souligne de son côté Daniel Gustafson, directeur général adjoint de la FAO.

Aujourd’hui,  le dialogue, la coopération sont nécessaires pour relever les défis des prochaines décennies.  Le secteur est en effet confronté à des difficultés croissantes. L’accroissement démographique et la hausse des revenus devraient générer,
selon les prévisions, une progression de 50 % de la demande de produits alimentaires d’ici 2050.

Selon la FAO, il sera nécessaire de mobiliser 265 milliards de dollars de ressources supplémentaires chaque année afin de mettre un terme à la pauvreté et à la faim d'ici 2030, soit une hausse de 0,3 % par rapport au montant projeté pour cette période.

En parallèle, il faudra bien mieux gérer les réserves de ressources naturelles limitées pour maîtriser l’impact du secteur sur l’environnement, réduire l'empreinte carbone du secteur et créer des opportunités d'emplois décentes, en particulier pour les jeunes dans les pays en développement.

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C’est la première fois que les institutions internationales spécialisées dans le développement et le financement doivent travailler ensemble aux côtés du secteur privé en vue de trouver des solutions durables pour l’agriculture. Au premier rang, le ministre de l’agriculture Aziz Akhannouch, le président de la BERD, Suma Chakrabarti et Daniel Gustafson, directeur général adjoint de la FAO  (Ph. Mokhtari)

Au Maroc, ces défis seront au cœur de la nouvelle stratégie du secteur à l’horizon 2019 où le cap sera mis sur l’employabilité, l’intégration des jeunes, l’amélioration du niveau de revenus des agriculteurs et, à terme, le soutien à la création d’une classe moyenne agricole, indique Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture qui rappelle aussi que  le plan Maroc vert a mis la promotion de l’investissement au cœur du développement du secteur avec un rôle important réservé au secteur privé.

La stratégie a été payante: depuis 2008, l’investissement privé dans l’agriculture s’est élevé à plus de 60 milliards de DH. Le secteur agricole marocain justifie également d’expériences réussies de partenariats public-privé, insiste le ministre qui cite pour exemple le projet de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation du périmètre de Chtouka et l’alimentation en eau potable du Grand Agadir.

Un projet qui devrait s’achever en 2021 et qui ouvre de nouvelles perspectives devant la région pour y sécuriser les investissements agricoles. Plus de 1500 agriculteurs pourront bénéficier de ce projet qui fera également profiter de manière indirecte 3000 agriculteurs dans la région.

Innovation

Comme pour tout autre secteur, les technologies numériques seront déterminantes pour le développement et l’atteinte des objectifs fixés pour l'agriculture. «Les nouvelles technologies ont pour effet de stimuler la productivité agricole, contribuant également à réduire les émissions de carbone et à faire meilleur usage des ressources naturelles de notre planète. Elles permettent aussi de rendre l'information plus accessible aux petits producteurs à travers le monde. Très souvent, c’est le secteur privé qui contribue au développement de telles technologies. Le secteur public peut aider à faciliter leur adoption. Cela implique de comprendre les différentes technologies et obstacles freinant leur adoption - en particulier chez les petits producteurs - et d'identifier les politiques, réglementations, cadres incitatifs qui seront nécessaires, ainsi que le développement des capacités envisagé dans cette optique.

 

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