Société

Salon du cheval d’El Jadida: Faut-il revoir la formule?

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5376 Le 22/10/2018 | Partager
Une 11e édition en demi-teinte qui s’essouffle
Les visiteurs moins nombreux que les années précédentes
Le week-end a quand même sauvé la mise
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Côté spectacle, les attractions ont été nombreuses et ont attiré du monde. Particulièrement la «tbourida» et ses cavaliers en costumes traditionnels hauts en couleur et chevauchant de beaux étalons (Ph. L’Economiste)

Le rideau est tombé, hier soir, sur la 11e édition du Salon du cheval d’El Jadida. Une édition qui inaugure une nouvelle décennie que l’on espère prometteuse quant au développement de la filière équine.

Certes, on a été assez loin des records d’affluence enregistrés lors de la précédente édition. Et pour cause, les intempéries et les pluies qui se sont abattues sur El Jadida et sa région dès les premiers jours du Salon y sont pour quelque chose. Le public a certainement été découragé et le nombre de visiteurs cette année n’a guère dépassé les 150.000 personnes, selon des estimations provisoires.

Heureusement, les journées de samedi et dimanche ont été particulièrement ensoleillées et ont enregistré un rush de dernière minute. Les organisateurs s’attendaient, certes, à dépasser les 200.000 visiteurs. Un nombre qui aurait pu être largement atteint si le beau temps avait été de la partie dès les premiers jours. Mais est-ce là l’unique raison de ce qui semble être une baisse d’intérêt pour un grand salon? Certainement pas.

Des sources concordantes ont affirmé à L’Economiste que «10 ans après son lancement, le salon est, certes, arrivé à maturité, mais la formule a tendance à s’essouffler». Déjà l’on a constaté que certains participants, qui étaient devenus des inconditionnels du salon, ont brillé par leur absence lors de cette 11e édition.

D’autres ont tout simplement réduit de la superficie qu’ils réservaient pour leurs stands. Quant aux 12 région territoriales, l’espace qu’elles occupaient lors des précédentes éditions a été réduit comme peau de chagrin. Elles ont été toutes installées sur un petit stand. Idem pour le stand de l’OCP, pourtant parmi les grands sponsors du Salon.

Toutefois, le salon continue à faire le bonheur des enfants qui, eux, ont afflué dès les premiers jours bravant la pluie et le mauvais temps. Ils ont été plus de 22.000 à visiter le salon cette année.

En tout état de cause, le bilan demeure, somme toute, positif. Malgré les 8 km qui séparent la ville d’El Jadida du Parc d’expositions, lieu où s’est déroulé cet événement, les fans de chevaux ont afflué par dizaines pour admirer l’art de la «tbourida» ou encore pour suivre les différents concours et manifestations organisés à cette occasion.

Il faut aussi dire que le Salon est aujourd’hui arrivé, d’abord, à une grande maîtrise de l’organisation: point de bousculades ni à l’accès ni au moment des sorties. Ensuite, la disposition et l’aménagement des stands ont été aussi bien étudiés de façon à permettre une grande fluidité de la foule. Les visiteurs ont ainsi pu passer d’un point à un autre sans se perdre dans les dédales des couloirs.

Ajoutez à cela une signalétique claire et bien visible même de loin. Tout au bonheur des exposants et surtout des visiteurs. En effet, l’espace attribué à chaque exposant, la largeur des allées et aussi la décoration rappellent aux visiteurs que le salon du cheval s’est définitivement inscrit au top des événements organisés à travers le Royaume. Ils ont pu également juger de la grande propreté des lieux et des sanitaires mis à leur disposition.

Côté spectacle, les attractions ont été nombreuses et ont attiré du monde. Particulièrement la «tbourida» et ses cavaliers en costumes traditionnels hauts en couleur et chevauchant de beaux étalons. Ce salon a le mérite de mettre en avant le patrimoine équin séculaire du Royaume.

Tout autant qu’il consacre le rayonnement des arts équestres traditionnels et des métiers du cheval à l’échelle mondiale. Cet événement a également donné une dynamique toute nouvelle à la filière équine. Cela à travers un développement significatif des procédures et méthodes de l’élevage des chevaux dans tout le pays.

Considéré comme un élément-clé dans le patrimoine immatériel du Royaume, le cheval a joué un rôle important dans l’histoire séculaire de tout le pays. Et a permis l’éclosion d’un savoir-faire qu’il est nécessaire aujourd’hui de protéger, valoriser et promouvoir.

Le salon, outre le cheval, n’a de cesse, depuis la première édition, de favoriser également la découverte et la transmission des métiers qui lui sont liés. Devenant de plus en plus rares, ces métiers retrouvent aujourd’hui une nouvelle vie, un second souffle...

                                                                       

Dans les coulisses du salon

■ Participation
28 pays ont pris part à la 11e édition du salon du cheval. Cette édition a également enregistré pas moins de 100 exposants représentant des institutions publiques ou privées.
n 400 journalistes accrédités
PR, l’agence qui était en charge de la presse, a distribué quelque 400 accréditations. Les membres de son staff présents dans la salle de presse et sur le site ont également géré l’ensemble des journalistes de la presse nationale et internationale qui ont fait le déplacement pour couvrir l’événement. Et aussi leurs problèmes de logistique, de demandes d’interviews…
■ Poneys
500 poneys étaient «présents» au salon et avaient été répartis dans différents espaces. Tout au bonheur des enfants qui ont pu également profiter et participer aux différents ateliers qui leur étaient réservés.
■ Succès renouvelé pour «tbourida»
L’aire réservée à la tbourida était pleine à craquer. La grande tribune était bondée de spectateurs venus admirer les prestations des sorbas qui étaient en compétition finale pour le Prix Mohammed VI de la tbourida. Compétition remportée par une sorba de Maher El Bachir de la région Casablanca-Settat.  
■ Beaucoup d’espace pour les peintres
L’espace réservé aux artistes plasticiens, spécialisés dans l’art du cheval, a été multiplié par trois cette année. Les visiteurs ont pu découvrir de belles toiles et des sculptures en fer forgé, en zinc et en bois. Cet espace a connu un rush particulièrement le week-end.

 

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