Economie

Didier Rappaport: «Je ne considère pas l’IA comme une menace»

Par Karim Agoumi | Edition N°:5372 Le 16/10/2018 | Partager
Data scientist, Youtubeur… Les nouveaux métiers de la digitalisation
Une forme d’intelligence utile aux entreprises qui dépasse les possibilités du cerveau humain
didier_rappaport_072.jpg

Didier Rappaport était l’invité de Dauphine Alumni Maroc lors de la dernière conférence à thème de l’association à Casablanca. L’entrepreneur high tech a lancé sa première startup en 1998. Depuis, il a co-fondé le site de streaming vidéo mondialement connu Dailymotion et créé l’application de rencontre mobile Happn. Des entreprises à succès pour lesquelles l’intelligence artificielle a joué un rôle clé (F. Al Nasser)

- L’Economiste: Certains voient l’IA comme une menace pouvant détruire de nombreux emplois. Comment la percevez-vous?

- Didier Rappaport: Je ne considère pas l’IA comme une menace. Elle constitue à l’inverse une chance d’interagir avec le monde plus en profondeur tout en ouvrant aux entreprises d’infinies possibilités. Cette forme d’intelligence permet en effet de trier et d’étudier un nombre inimaginable de data. Des calculs et des algorithmes bien trop complexes à traiter pour un être humain. La démarche a par ailleurs déjà porté ses fruits dans de nombreux domaines, permettant aux entreprises une prise de décision plus rapide et efficace. Citons notamment le trading automatisé dans le monde de la finance ou encore la modération automatique de réseaux sociaux en community management. Précisons également que cette nouvelle ère technologique crée de l’emploi en donnant naissance à de nouveaux métiers comme celui de «data scientist». Il s’agit plus exactement d’ingénieurs formés pour gérer un flux démesuré de data en temps réel. Autre profession qui commence à se développer, celle de Youtubeur.

- L’éthique est-elle un socle essentiel à respecter dans l’usage de technologies aussi intrusives sur le plan social?
- Data safety, Data privacy…Toutes ces terminologies se réfèrent à l’importance de protéger les données privées. La data n’appartient pas à l’entreprise mais à la personne qui l’a émise. Il est donc essentiel de ne pas faire usage de ces informations de manière détournée et sans avoir obtenu l’accord du propriétaire. Un monde digital qui ne serait pas régulé pourrait devenir dangereux. En Europe, nous sommes particulièrement avancés dans ce domaine. Depuis mai dernier, les pays de l’Union européenne se doivent en effet d’appliquer le règlement général de protection des données, appelé communément GDPR.

 - Happn, c’est combien d’abonnés à ce jour? Comment se positionne cette plateforme et que pèse-t-elle aujourd’hui sur le marché?
-  Opérationnelle depuis 2013, Happn regroupe pas moins de 55 millions d’utilisateurs dans le monde, répartis  notamment en Amérique du Sud, en Inde ainsi qu’en Europe. Nous sommes la seconde plateforme de rencontre après Tinder. Néanmoins, notre positionnement diffère sensiblement du leur. Happn ne propose en effet pas de swiper (faire défiler) machinalement des profils. Notre entreprise tient en haute estime la valeur humaine et vise avant tout à créer des relations solides et durables dans le temps.

Propos recueillis par Karim AGOUMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc