Politique

Rentrée parlementaire: Le Roi donne le ton

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5371 Le 15/10/2018 | Partager
Des priorités clairement fixées pour les prochains mois
Une Commission ad hoc pour présenter une vision globale du modèle de développement
De nouveaux secteurs ouverts aux étrangers
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Face aux parlementaires et aux présidents des deux Chambres, le Souverain a été on ne peut plus clair: «responsabilité et travail sérieux sont érigés en mots d'ordre». Elus et responsables politiques sont mis devant leurs responsabilités. L'idée est d'en finir avec les guéguerres politiciennes ayant rythmé la vie politique durant les dernières années (Ph. MAP)

Attendus sur une série de dossiers urgents, les parlementaires ont repris leurs activités vendredi dernier. Le discours royal, donné à l'occasion de l'ouverture de la session d'automne, a donné le ton. Les différents chantiers lancés nécessitent «une mobilisation générale et un travail collectif», comme l'a précisé le Souverain.

Pour éviter la reproduction de certaines pratiques ayant plombé les efforts de réformes, le Roi a lancé un véritable rappel à l'ordre. Pour la prochaine période, «responsabilité et travail sérieux sont érigés en mots d'ordre». Le Souverain a été on ne peut plus clair: «le Maroc doit s'affirmer comme un pays d'opportunités et non d'opportunistes».

Les différentes réformes lancées nécessitent l'implication «d'hommes d'Etat sincères et engagés». Tous les élus et responsables politiques ont été mis devant leurs responsabilités. L'objectif est d'en finir avec les guéguerres politiciennes qui ont rythmé les tractations politiques durant les dernières années. Aujourd'hui, les priorités ont été clairement fixées par le Souverain. En tête, l'accélération du processus de réforme du modèle de développement.

■ Modèle de développement: Une commission ad hoc pour mettre le turbo
Plus d'une année après l'appel royal à la refonte du modèle de développement, le gouvernement traîne encore les pieds. La relance de la dynamique économique, sur la base d'une nouvelle approche, est décisive pour favoriser la réduction des inégalités, instaurer la justice sociale et territoriale. Actuellement, plusieurs institutions et instances ont préparé leurs contributions et élaboré des études sur ce sujet. C'est une Commission ad hoc, nommée par le Roi, qui se chargera de faire la synthèse des propositions faites par les différents intervenants. La présentation des contributions devra être activée au cours des trois prochains mois, comme l'a annoncé le Souverain. La Commission ad hoc devra présenter, à terme, «une vision à portée stratégique, globale et intégrée». Le projet du nouveau modèle de développement devra être présenté au Roi, en précisant les objectifs, les leviers de changement et les mécanismes de mise en œuvre.

■ Hausse des subventions des partis
Bonne nouvelle pour les partis politiques. Le Souverain a appelé à revoir à la hausse le soutien public qui leur est accordé. Une partie de ces montants devra être allouée au financement de l'expertise externe à laquelle ils font appel. L'idée est de renforcer la professionnalisation de l'action des partis, notamment en s'appuyant sur des experts dans différents secteurs. Ceux-ci sont généralement mobilisés pour des missions de réflexion, d'analyse et d'innovation. Cela s'inscrit dans la logique du besoin de rénovation des méthodes de travail des partis, évoqué par le Roi à plusieurs reprises. L'amélioration de la performance des partis devra impacter la qualité de leur action législative, d'élaboration et de suivi des politiques publiques.

■ Plus de souplesse pour les dons
La réduction des inégalités et l'amélioration des conditions du vivre-ensemble passe par la relance de la dynamique économique et par la création de suffisamment d'emplois pour réduire le chômage. Mais cela devra s'accompagner du renforcement de la solidarité entre les différentes couches de la société. En plus du lancement de politiques sociales efficaces, le Roi a appelé à revoir le modèle actuel de solidarité. L'idée est de simplifier les procédures pour encourager les dons, le bénévolat, les œuvres caritatives... Le privé est appelé à mettre la main dans la pâte, notamment en s'impliquant dans «l'amélioration des prestations offertes aux citoyens». Cela devra passer par des initiatives liées à la RSE ou encore dans le cadre de PPP dans le domaine social.

■ Favoriser l'ancrage territorial des jeunes ruraux
Le monde rural doit être doté d'une classe moyenne, à même de favoriser l'ancrage territorial dans les campagnes et atténuer le phénomène d'exode rural. C'est dans cette logique que le Souverain a appelé à la création de nouvelles activités génératrices d'emplois et de revenus au profit des jeunes de ces zones. Surtout que leur attachement à la valorisation de leur terre reste tributaire des opportunités offertes. Parmi les pistes tracées par le Roi: la nécessité de mettre en place de nouveaux dispositifs, permettant d'inciter l'esprit coopératif, les groupements agricoles... C'est décisif pour préserver la vocation agricole de ces territoires. Cette dynamique devra s'accompagner du développement de nouveaux mécanismes renforçant les capacités des agriculteurs en matière de commercialisation de leurs produits. Autre mesure proposée par le Souverain, le lancement d'une 2e phase d'appropriation des terres collectives situées dans les zones bour, après ce qui a été fait pour celles des zones irriguées. Actuellement, en dépit des circulaires de l'Intérieur et des promesses gouvernementales, de nombreuses femmes, ayants droit, ne bénéficient pas encore de leurs droits fonciers (cf.www.leconomiste.com).

 

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