Entreprises

Aéronautique: Le Québec en force

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5365 Le 05/10/2018 | Partager
Une délégation d’opérateurs en prospection au Maroc
Une collaboration pour la formation de jeunes marocains au Québec
Des PME québécoises veulent s’implanter au Maroc pour pénétrer le marché européen
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Selon Suzanne Benoit, il y a beaucoup d’opportunités à saisir pour développer des co-localisations d’enreprises québécoises au Maroc (Ph. Bziouat)

Suzanne Benoit, présidente de l’Aéro Montréal, qui réunit l’ensemble des dirigeants du secteur aérospatial, conduit une délégation d’une douzaine d’entreprises actuellement en prospection au Maroc. La fin de leur visite coïncide avec l’organisation du premier Forum des compétences marocaines du Canada en matière aéronautique, organisé ce vendredi par le ministère des MRE et des Affaires de la migration. A cette occasion, elle signera un accord de partenariat avec Abdelkrim Benatik et Moulay Hafid Elalamy. L’objectif est d’établir une collaboration dans le secteur aéronautique et de lancer des passerelles sur le plan académique. «Nous avons des instituts spécialisés au Québec, l’Ecole nationale d’aérotechnique, l’Ecole des métiers de l’aérospatiale, des facs de génie aérospatial,…

Nous voulons collaborer pour que des jeunes marocains puissent venir étudier au Québec et revenir avec les connaissances que nous avons développées pour les besoins de notre aéronautique, qui fête aujourd’hui ses 105 ans», rappelle la présidente de l’Aéro Montréal. Au cours de ce déplacement, la délégation a visité Bombardier et d’autres sites liés à la construction aéronautique à Casablanca.

Elle devait se rendre à TangerMed. Déjà avant la fin de la tournée, les membres du groupe qui représentent des opérateurs du secteur ont été impressionnés de constater que le Maroc a réussi, en peu d’années, à mobiliser et attirer autant d’entreprises et de filiales de multinationales. La présidente ne peut malheureusement pas parler pour Bombardier, mais elle laisse entendre que la branche «Bombardier-transport examinait la possibilité pour un investissement au Maroc. C’est intéressant pour vous». Pour Suzanne Benoit, cela s’explique par «le positionnement stratégique du gouvernement qui a cherché à attirer les IDE. La disponibilité de la main-d’œuvre est impressionnante. Vous avez conçu des programmes de formation sur place, qui répondent directement aux besoins des entreprises».

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Suzanne Benoit: «Le Maroc est à l'écoute des besoins»

- L’Economiste: En matière de ressources humaines, le Maroc est-il préparé pour accompagner le développement de ce secteur?
- Suzanne Benoit:
Oui, parce que vous êtes à l’écoute des besoins de cette industrie. Les entreprises sont implantées dans le parc industriel, spécifient exactement leurs besoins. Des cadres dispensent des formations courtes, en fonction des attentes de l’industrie. C’est vraiment une force. 

- Existe-t-il des projets de joint-venture ou de co-localisation dans l’aéronautique?
- Nous sommes en mode exploratoire, avec une délégation d’une dizaine de compagnies. Au Québec, nous avons une grappe industrielle avec un chiffre d’affaires de 15 milliards de dollars par an et 200 compagnies faisant partie de l’écosystème. Nous avons la chance d’avoir 5 grands maîtres d’œuvre dont Bombardier et d’autres. Dernièrement, Airbus s’est implanté au Québec. Je pense que d’autres liens vont se créer avec le Maroc, par l’entremise d’Airbus. Bombardier songe à réaliser une extension, nous l’avons entendu aujourd’hui. C’est la preuve de sa satisfaction. Il mettra la pression sur la chaîne d’approvisionnement pour convaincre des sociétés du Québec à se rapprocher de lui via des co-localisations au Maroc. Ce sont de bonnes nouvelles. Nos PME faisaient des affaires uniquement avec Bombardier. Mais après la transformation de la chaîne d’approvisionnement partout dans le monde, elles doivent passer par les intégrateurs, qui sont partout sur la planète. Ces PME, qui avaient l’habitude d’aller chez le client à Montréal, doivent s’internationaliser. Elles auraient intérêt s’implanter ici pour une co-localisation, et éventuellement aller percer les marchés européens.  Il y a des chances que des choses se concrétisent lors de cette mission. 

- Le Québec est connu pour son expertise dans la fabrication des avions d’affaires. Existe-t-il un potentiel pour que les deux pays investissent le créneau des jets privés?
- Au Québec, Bombardier est le leader mondial. Il a lancé la semaine dernière le plus gros et le plus performant avion d’affaires au monde. Les hommes d’affaires sont très impressionnés par le produit qui coûte 90 millions de dollars. Nous avons besoin de fournisseurs de la chaîne d’approvisionnement. Le Maroc pourrait s’intégrer dans la fabrication de ces jets privés. 

 

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