International

Erdogan inaugure la plus imposante mosquée d’Europe

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5361 Le 01/10/2018 | Partager
Un projet contesté démarré dès 2009 à Cologne
900 lieux de culte gérés en Allemagne

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a achevé le week-end dernier sa visite d'Etat en Allemagne par l'inauguration d'une grande mosquée à Cologne, marquée par des manifestations sous haute protection policière.

Le chef de l'Etat turc, doté de pouvoirs accrus depuis le début de son nouveau mandat en juillet, a inauguré samedi 29 septembre ce lieu de culte, l’un des plus vastes d'Europe, financé par l'Union des affaires turco-islamiques (Ditib), étroitement liée au pouvoir turc.

Il s'agissait de l'ultime étape du déplacement en Allemagne de Erdogan, qui s'efforce de tourner la page de deux années de tensions avec Berlin. Une visite dont il a salué le bilan «très fructueux», après les "tensions récentes", dans un discours à la mosquée de Cologne.

Vendredi 28 septembre, il s'est entretenu avec Angela Merkel, avant d'être l'invité d'un banquet boudé par une partie de la classe politique allemande, dont la chancelière. Les deux dirigeants se sont toutefois retrouvés samedi matin pour un petit-déjeuner, avant que Erdogan ne gagne Cologne.

Le chantier de la mosquée y avait débuté en 2009 et, malgré de nombreuses oppositions et controverses locales, de premiers fidèles ont pu aller y prier dès 2017, avant l'inauguration officielle samedi dernier.

Avec ses minarets hauts de 55 m et une grande coupole de 36 m, cet édifice de béton et de verre, censé incarner l'ouverture, selon son architecte Paul Böhm, est l’une des plus imposantes mosquées d'Europe. Située dans le quartier d'Ehrenfeld, non loin de la tour de télévision de Cologne, sa superficie atteint 4.500 m2.

L’inauguration a été boudée par une partie des dirigeants politiques du Land (Etat régional). Ils reprochent à Ditib l'opacité qui a entouré le déroulement du chantier et le fonctionnement de la mosquée.

Des élus accusent aussi cette institution religieuse de défendre les intérêts du régime de Erdogan car elle gère 900 lieux de culte en Allemagne avec des imams en provenance de Turquie. Ses détracteurs affirment même qu'elle espionne les opposants au président turc.

Avec cette visite d'Etat, la Turquie, minée par une crise économique aigüe et en froid avec les Etats-Unis de Donald Trump, tente un rapprochement avec l'Allemagne, où vivent 3 millions de résidents de nationalité ou d'origine turque.

 

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