International

Les cours du pétrole grimpent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5358 Le 26/09/2018 | Partager
Le baril de Brent dépasse les 80 dollars
L’offre mondiale inquiète
Impact des sanctions américaines sur les exportations iraniennes
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Les cours du pétrole continuent de grimper. Le Brent a atteint son plus haut niveau en près de quatre ans alors que le marché s’inquiète d’un manque d’offre provoqué par les sanctions américaines sur l’Iran

Le prix du baril va crescendo. Si le Brent a largement dépassé les 80 dollars, le WTI s’échangeait, hier 25 septembre, en fin de matinée à 72,49 dollars. Le rapport CyclOpe 2018 (cf. notre édition N° 5275 du 18/05/2018), avait anticipé un baril de Brent au-delà de 75 dollars.

Goldman Sachs prévoyait même un pic à 82,50 dollars en juillet. Leurs experts étaient certains que la géopolitique allait une nouvelle fois conditionner le prix. Dans ses dernières prévisions annoncées dans l’édition d’avril 2018 du Commodity Markets Outlook, la Banque mondiale avait annoncé que le prix du baril de pétrole s’établira en moyenne à 65 dollars (pour 2018-2019 et bien au-delà), sur fond de demande soutenue et de contrôle des volumes de production.

Depuis le début de la semaine, le Brent a déjà engrangé 4% de hausse, après une réunion dimanche à Alger de suivi de l’accord de limitation de la production qui engage les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres producteurs. Les ministres présents n’ont pas décidé d’augmenter leurs objectifs de production.

Plusieurs observateurs du marché s’accordent pour désigner les sanctions américaines sur les exportations iraniennes de pétrole (qui seront appliquées à partir de début novembre) comme explication de la hausse des prix. Les deux géants participant à l’accord, la Russie et l’Arabie saoudite, ont intentionnellement freiné leurs extractions.

Mais, l’offre provenant de l’alliance a surtout chuté en raison des pertes de l’industrie vénézuélienne et de la baisse des exportations iraniennes suite aux sanctions. Par exemple, les importations coréennes ont pratiquement chuté à zéro, avant même leur entrée en vigueur.

Après leur réunion à Alger, le Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord Opep-non Opep (JMMC) a fait part de sa «satisfaction concernant les perspectives actuelles du marché pétrolier, avec un équilibre globalement sain entre offre et demande», selon la déclaration finale de la rencontre.

L’accord, signé fin 2016 alors que les prix du pétrole souffraient d’une surabondance de l’offre, a contribué à la remontée des cours. En juin, sous la pression des deux plus importants producteurs participants, la Russie et l’Arabie saoudite, la comptabilité du groupe de producteur a été modifiée pour permettre à ces deux géants pétroliers d’augmenter leurs extractions.

Les marchés ont également noté le ton prudent adopté par le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Faleh. Il a jugé «prématuré d’estimer ce que sera le niveau de production en 2019, tout en estimant improbable une hausse de production, sauf surprise concernant l’offre ou la demande».

                                                                     

L’UE va créer un «système de troc»

LES Européens ont annoncé la création d’un «système de troc» afin de préserver leur commerce avec l’Iran tout en échappant aux sanctions américaines. «Concrètement, les Etats membres de l’UE vont instaurer une entité légale pour faciliter les transactions financières légitimes avec l’Iran», a expliqué la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini.

«Ce système permettra aux compagnies européennes de continuer à traiter avec l’Iran conformément au droit européen et pourrait être ouvert à d’autres partenaires dans le monde», a-t-elle ajouté. Ce véhicule dédié (Special purpose vehicle - SPV) fonctionnera comme une bourse d’échanges ou un système de troc sophistiqué à partir de la vente de pétrole iranien, première ressource du pays.

Si par exemple l’Iran vend du pétrole à l’Espagne et l’Allemagne des machines-outils à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand. Ce mécanisme immunise acheteurs et vendeurs en évitant des transactions en dollars qui pourraient les exposer à des sanctions américaines.

Le 4 novembre 2018, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays, qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

 

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