International

Tensions commerciales: L’effet commence à se faire sentir sur la croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5355 Le 21/09/2018 | Partager
Elle devrait s’établir à 3,7% en 2018 et 2019
Pression sur les principaux partenaires économiques du Maroc
L’OCDE insiste sur les réformes
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Guerre commerciale, crise dans les pays émergents ou encore hausse de l’endettement public et privé… l’OCDE a alerté jeudi 20 septembre 2018 sur l’intensification des risques pour la croissance mondiale

De lourdes incertitudes pèsent sur la croissance mondiale. L’expansion pourrait bien avoir atteint un plafond, alertent les économistes de l’OCDE dans leurs perspectives économiques intermédiaires publiées le 20 septembre 2018. Il faudrait s’attendre à un taux de croissance de 3,7% en 2018 et 2019 (moins que les prévisions du FMI: 3,9%).

Le Maroc qui reste lié, à travers la structure de ses relations commerciales et financières avec de nombreux partenaires (notamment européens), devra être attentif à tout changement sur les perspectives au niveau mondial. 

L’OCDE demeure moins optimiste car une escalade des tensions commerciales aurait des conséquences négatives importantes sur l’investissement, l’emploi et les niveaux de vie mondiaux. Une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire dans les économies avancées, ou une accentuation des tensions commerciales, pourraient aggraver les conséquences des pressions associées aux marchés de capitaux pour les économies émergentes.

Quand une monnaie dévisse, c’est toute la chaîne financière qui souffre. Et les plus affectées sur le terrain de la monnaie l’ont aussi été sur celui de la dette, à savoir la Turquie, l’Argentine, l’Afrique du Sud et l’Indonésie. Un approfondissement des tensions commerciales pourrait exacerber les faiblesses, notamment si la Chine est touchée. Outre les tensions commerciales, l’OCDE évalue la situation dix ans après la crise financière.

Des vulnérabilités liées aux prix élevés des actifs et au niveau substantiel de la dette subsistent sur les marchés de capitaux. Des réformes ont permis de renforcer le système bancaire, mais les risques se sont reportés sur les institutions non bancaires soumises à une réglementation moins stricte.

De nouvelles réformes budgétaires et bancaires s’imposent pour renforcer la résilience dans la zone euro (une croissance moins forte: 2% en 2018 et 1,9% en 2019). Des incertitudes entourent les choix des pouvoirs publics (notamment en Italie et les futures dispositions régissant les relations entre le Royaume-Uni et le reste de l’Union européenne…).

Des réformes complémentaires sont nécessaires pour réduire le risque de contagion, renforcer la résilience et consolider le cadre budgétaire. Un système commun d’assurance des dépôts mis en place à l’échelle européenne renforcerait la confiance et contribuerait à une diversification des risques.

La création de nouveaux actifs européens sûrs, conjuguée à des mesures de réglementation incitant les banques à diversifier leurs portefeuilles de titres de dette souveraine, contribuerait à limiter les liens entre les banques et les Etats au niveau national.

La mise en place d’une capacité de stabilisation budgétaire pour la zone euro l’aiderait également à absorber les chocs économiques et fournirait un instrument complémentaire pouvant être utilisé en cas de fléchissement de l’activité économique.

Les créations d’emplois

Les créations d’emplois sont restées vigoureuses dans les économies avancées, et le taux de chômage dans la zone OCDE, à 5,3%, est finalement passé en dessous de son niveau d’avant la crise. La hausse des salaires reste cependant modérée. Cette situation génère des incertitudes quant à l’ampleur des capacités inutilisées dans de nombreuses économies. Elle explique en partie la faible progression du revenu disponible des ménages observée dans plusieurs économies, en particulier pour les ménages à faible revenu.

                                                                       

Les priorités

Face à l’émergence des risques, les économistes de l’OCDE tracent les priorités. Dans l’immédiat, il faut donner un coup d’arrêt à la dérive qui s’est amorcée vers le protectionnisme et renforcer le système commercial international fondé sur des règles mondiales. Ceci en s’appuyant sur un dialogue multilatéral, de manière à insuffler aux entreprises la confiance nécessaire pour investir.

Le but est de prévenir la dégradation des perspectives de croissance à long terme qui résulterait d’une remise en cause de l’ouverture des marchés. Dans toutes les économies, une mise en oeuvre améliorée des politiques macroprudentielles contribuerait à renforcer la résilience financière et à réduire les risques découlant d’un endettement élevé. Des réformes ambitieuses destinées à stimuler l’offre sont nécessaires.

D’autres initiatives doivent être axées sur les compétences et l’insertion sur le marché du travail, afin d’offrir à tous des perspectives améliorées.

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