Dossier Spécial

Ecoles privées: Bataille pour affronter la mondialisation

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5350 Le 14/09/2018 | Partager

Malgré les écueils réglementaires et une défaillance, l’enseignement supérieur privé a dû batailler pour s’affirmer. A force d’acharnement, certains établissements ont réussi à construire de véritables îlots d’excellence. Et le marché a fait le reste. Mais rien n’a jamais été facile.

Même avec cette nouvelle possibilité qui lui a été offerte (à partir de 2016) de délivrer des diplômes équivalents, le privé doit toujours se surpasser dans un environnement complexe, et un contexte marqué par la baisse de la demande solvable. Les patrons d’écoles et d’universités nous livrent les défis qu’ils rencontrent, et leur formule gagnante.

                                                                   

kamal_daissaoui_050.jpg

Kamal Daissaoui, président de l’EMSI: «Rejoindre un groupe nous permettra de réaliser note ambition de nous internationaliser, notamment en Afrique, et de pérenniser le modèle que nous développons depuis  trente-deux ans» (Ph. EMSI)

■ Se regrouper pour survivre

Dans l’enseignement, la concurrence s’internationalise et se durcit. Il devient difficile de s’en sortir en restant seul, ou en se contentant de son petit marché local. La taille critique est une condition sine qua non pour être visible et compétitif. 

«Nous formons des profils qui seront diplômés dans un horizon de cinq ans. Il est donc impératif d’anticiper l’avenir. Et parmi les attentes fortes que nous enregistrons, l’ambition d’une carrière internationale», relève Kamal Daissaoui, président de l’EMSI.

Pour offrir cette possibilité, s’allier à des partenaires ou s’adosser à des groupes forts devient incontournable. L’EMSI (près de 4.000 étudiants) s’est associée au réseau Honoris United Universities. Lancé par le fonds britannique Actif, le réseau compte huit écoles et universités africaines, dont Mundiapolis. L’Ecole d’architecture de Casablanca s’apprête, également, à rejoindre le groupement.

«Nos étudiants peuvent désormais se déplacer en Afrique du Sud, en Egypte, en Tunisie… c’est une expérience enrichissante sur le plan culturel, social et humain», souligne Daissaoui. L’EMSI, considérée comme le pôle ingénierie de Honoris, pourrait même s’implanter dans d’autres pays africains, ou participer à la création de nouvelles entités.

D’autres établissements ont choisi de s’appuyer sur un groupe. C’est le cas de l’Emlyon Casablanca, qui s’est associée au holding marocain KMR, propriétaire de l’Université privée de Marrakech (UPM), de l’ESG et de l’Université internationale de Casablanca. HEM, pour sa part, après avoir ouvert son capital à la Société financière internationale, s’est rapprochée de Paris Dauphine, en acquérant 50% de son campus casablancais.

                                                                   

■ Innover ou disparaître!

• Une tête bien faite d’abord

yasmine_benamour_050.jpg

Yasmine Benamour, directeur administrateur général de HEM: «L’information est aujourd’hui à la portée de tous sur internet. Nous avons donc revu tous nos syllabus pour n’en garder que la quintessence, l’essentiel à retenir» (Ph. HC)

Les business-schools ont choisi une transformation en douceur de leurs filières pour «rassurer» les étudiants. Car, au regard de certains, les spécialités trop pointues sont tout simplement risquées! 

«Nous restons généralement sur des disciplines classiques, comme la finance, le marketing, les ressources humaines… avec quelques nouveautés comme la logistique, la finance islamique…», relève l’administrateur directeur général de HEM, Yasmine Benamour.

«Le Maroc est un pays qui émerge tout doucement, et les besoins en profils pointus ne sont pas très importants. Les étudiants craignent, parfois, que leur spécialisation dans une niche limite leurs débouchés», explique-t-elle. HEM a, par exemple, déjà dû fermer des masters, en management hôtelier et intelligence économique, faute de demande.

Mais si au niveau des disciplines les possibilités sont limitées, il n’en est pas de même pour les approches pédagogiques. Il y a trois ans, HEM a revu de fond en comble ses programmes. Objectif: concevoir une approche sur mesure pour les millenials, ces jeunes ultra connectés et s’ennuyant très vite.

Première mesure, «limiter l’effet bourrage de crâne»! Les chapitres de certaines matières ont été réduits de moitié. Les étudiants ne reçoivent que l’essentiel des apprentissages, puisque tout est aujourd’hui téléchargeable sur internet. Ils sont ensuite tenus d’approfondir leurs connaissances par leurs propres recherches, ce qui les leur fait gagner en autonomie. Des séances de «cristallisation» sont prévues afin de leur faire prendre du recul et donner du sens à leurs cours.

Enfin, l’école a misé sur le e-learning dans certaines matières, notamment les langues. En parallèle, l’école a élaboré en interne un référentiel de compétences (humaines, transversales et techniques) définissant le profil de sortie des étudiants.
 
• Plus de blended learning et de formations à la demande

khalid_benzakour_050.jpg

Khalid Benzakour, DG de l’ISGA: «25% de nos enseignements sont aujourd’hui en mode e-learning. Désormais, il faut dispenser les cours différemment et intégrer plus de souplesse dans les emplois du temps» (Ph. ISGA)

Les classes inversées sont sur le point de devenir le standard pédagogique des grands établissements. Les étudiants préparent leur cours à l’avance. Une fois en classe, ils se penchent plus sur des études de cas et travaux pratiques.

Le prof, lui, se transforme en animateur. Les écoles se sont en majorité arrimées à ce schéma, mais cela ne suffit pas. «Pour s’adapter à la jeunesse d’aujourd’hui, il faut intégrer les cours à distance et assouplir les emplois du temps», insiste Khalid Benzakour, DG de l’ISGA.

L’école d’ingénieurs privée (5 campus à Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès, El Jadida) propose depuis un an 25% de ses cours en e-learning, grâce à une plateforme dédiée, en cours de généralisation à tous ses campus. «Nous formons actuellement nos enseignants au blended learning, pour pouvoir assurer des cours à la fois en présentiel et à distance», précise Benzakour.

L’ISGA essaye, également, d’innover en matière de disciplines enseignées. Cette année, elle ouvre une filière en cyber défense et sécurité de l’information. «Mais ce que nous n’arrivons pas encore à faire au Maroc, c’est la formation par alternance», regrette le DG de l’ISGA.

Les étudiants en formation initiale n’ont pas le droit d’étudier et de travailler en même temps. Les entreprises, pour leur part, ne sont pas très ouvertes sur le monde de l’enseignement, alors qu’elles ne peuvent progresser sans ressources humaines correctement formées.

«Certains pays y sont parvenus, grâce au système modulaire offrant la possibilité d’une formation à la demande. Cela permet, aussi, de résoudre le problème de la cherté de l’école, car les étudiants deviennent financièrement autonomes», explique Benzakour.

offres_elargit_050.jpg

Sur les dix dernières années, une dizaine d’universités privées ont ouvert leurs portes au Maroc, dont la moitié dans le cadre de partenariats. Elles se rajoutent aux écoles classiques qui se développent depuis plusieurs décennies

 

                                                                   

■ Graviter dans un réseau international

• Penser global tout en restant local

thami_ghorfi_050.jpg

Thami Ghorfi, président de l’Esca: «L’international est notre chance de développement, ce qui nous tire vers le haut. Il nous permet de nous confronter aux meilleurs standards» (Ph. L’Economiste)

Le Maroc a besoin de cadres entrepreneurs, innovants, capables de prendre des risques, mais aussi pleinement inscrits dans la mondialisation. Sur ce dernier aspect, les écoles et universités privées ont pris une longueur d’avance sur les établissements publics. Pour se démarquer, et surtout faute de pouvoir délivrer des diplômes équivalents, elles se devaient de s’appuyer sur des alliés étrangers.  

S’il y a bien une business-school ultra dynamique en matière d’alliances et de partenariats à l’international au Maroc, c’est bien l’Esca. L’école compte à aujourd’hui 95 partenaires sur les cinq continents (une cinquantaine de pays).

Le fruit du travail acharné de son fondateur, Thami Ghorfi, qui veille depuis maintenant une vingtaine d’années à construire une identité internationale à sa structure. Pour lui, «il s’agit d’un modèle pédagogique et non d’un outil de travail».

L’Esca tient à rester mono-site, tout en s’ouvrant sur l’international. «Notre destin est lié à Casablanca, mais nous sommes pleinement inscrits dans la globalisation. Car, c’est en nous frottant aux autres que nous relevons nos standards. C’est notre chance de nous développer», livre-t-il.  

Dans son référentiel de compétences, l’école entend diplômer des cadres «entrepreneurs et socialement responsables, à même d’accompagner la performance des entreprises et leur internationalisation».

«Il n’y a pas assez de sociétés exportatrices au Maroc. Il en existe environ 10.000, dont un millier d’exportateurs réguliers. C’est très peu. Nous avons besoin de profils pouvant mener ce travail d’internationalisation», souligne Ghorfi.

Des délégations étrangères défilent tout au long de l’année à l’Esca, qui organise, également, une multitude de séminaires et de colloques. L’école est, en outre, membre d’organisations internationales, dont l’AACSB, le prestigieux réseau mondial des business-schools.   

• Offrir aux jeunes un parcours multiculturel

mohamed_derrabi_050.jpg

Mohamed Derrabi, directeur de TBS Casablanca: «Vivre une expérience internationale permet d’apprendre à agir dans un environnement multiculturel, et pousse les jeunes à ouvrir leur esprit et à accepter la différence» (Ph. TBS Casablanca)

Côtoyer différentes cultures est un atout de taille pour réussir une carrière internationale. Cette expérience de multiculturalisme et d’ouverture d’esprit est cruciale pour exercer dans un environnement mondialisé.

Pour Mohamed Derrabi, directeur de Toulouse Business Scool (TBS) Casablanca, cette dimension internationale peut être offerte de différentes manières. Comme enseigner des programmes internationaux, avec des études de cas de différents pays. Ou encore, ramener des professeurs, y compris marocains, ayant évolué sous d’autres cieux.

L’école peut, par ailleurs, ouvrir son site à des étudiants d’autres pays, ou envoyer les siens chez des partenaires étrangers. Comme elle peut les aider à décrocher des stages ou des jobs à l’international. «Pour cela, il faudrait évidemment disposer de partenariats et de places pour accueillir plus d’étudiants», souligne Derrabi.

«A TBS, nous avons intégré, aussi, le parcours multi-campus. Nos jeunes peuvent passer un semestre, voire une année, dans l’un de nos sites, à Paris, Barcelone ou Londres», ajoute-t-il. Chaque campus est, en fait, spécialisé dans un domaine particulier.

Casablanca est, par exemple, l’endroit indiqué pour s’immerger dans l’expérience d’une économie émergente. Paris et Barcelone sont idéales pour le management touristique, et Londres pour le big data. Les étudiants peuvent ainsi découvrir les écosystèmes de chaque discipline en grandeur nature.

Découvrir d’autres cultures est aussi une chance d’explorer de nouvelles opportunités d’études ou de carrière, et un apprentissage humain sans égal. Les écoles en font l’un de leurs principaux arguments de différenciation.

                                                                   

■ Ecoles/ entreprises: Le difficile rapprochement

• «Les entreprises, il faut aller les chercher!»

abdelaziz_benjouad_050.jpg

Abdelaziz Benjouad, vice-président R&D de l’UIR: «Nos entreprises n’ont malheureusement pas cette culture de l’innovation, qui les pousse à co-investir avec un centre de recherche dans l’espoir d’en tirer des bénéfices à moyen terme. Nous les approchons donc avec des prototypes concrets» (Ph. UIR)

Pour les entreprises marocaines, solliciter une université ou une école pour des projets R&D n’est pas une démarche naturelle. Manque de confiance vis-à-vis des milieux académiques, ignorance de leur potentiel, réticence à s’engager financièrement dans des projets «hypothétiques»… Plusieurs raisons peuvent expliquer cela. Il n’existe, par ailleurs, pas d’incitatifs fiscaux.

Certains établissements, publics et privés, ont pris leur bâton de pèlerin et sont partis démarcher le monde économique. Et ça a fonctionné! C’est, par exemple, le cas de l’ENSEM (Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique) qui a monté le 1er centre de R&D en sciences de l’ingénieur en Afrique, grâce à des partenariats avec des entreprises.

Du côté du privé, l’Université internationale de Rabat (UIR) a développé un modèle basé sur la recherche et l’innovation dans les secteurs-clés du pays. «C’est nous qui allons chercher les entreprises, en faisant valoir notre portefeuille de propriété industrielle», relève Abdelaziz Benjouad, vice-président R&D de l’UIR.

L’université possède 300 brevets d’invention, dont une quarantaine internationaux. A l’échelle des universités, elle a réussi à se hisser en premier déposant des brevets en Afrique et dans la région Mena. 

Les entreprises se méfient des présentations Power point! «Nous les approchons donc avec des prototypes concrets et une promesse de transfert de technologie», relève Benjouad. Un tech center, une sorte de showroom technologique, est mis en place à cet effet.

L’UIR compte actuellement une dizaine de conventions avec des entreprises. Ces accords ont abouti à plusieurs innovations, dont des panneaux de signalisation intelligents, changeant de délimitation de vitesse en fonction des conditions climatiques (installés à boulevard Annakhil à Rabat).

L’université a, également, conçu un chauffe-eau solaire anti-risque d’explosion, et une climatisation hybride (solaire et réseau) permettant une économie d’énergie de 30%. Elle participe, en outre, au projet de mobilité durable en Afrique de l’OpenLab de PSA.

• CGEM et fédérations doivent s’impliquer

amine_zniber_050.jpg

Amine Zniber, directeur régional de Supinfo: «La plupart de nos lauréats s’expatrient à l’étranger, parce qu’ils sont approchés par des recruteurs internationaux pendant leur cursus. Nos entreprises, qui se plaignent constamment de la fuite des cerveaux, ne sont pas aussi proactives» (Ph. Supinfo)

Oui, de plus en plus d’entreprises, conscientes de leur rôle dans la formation des jeunes, se rapprochent d’écoles et d’universités. Elles participent à la conception de cours, au lancement de masters, à l’encadrement des étudiants, au financement de projets de recherche… «Après tout, elles sont le client final de ces jeunes», relève Amine Zniber, directeur régional de Supinfo.

Mais est-ce suffisant, sachant que ces sociétés «citoyennes» sont largement minoritaires? «La CGEM et les fédérations sectorielles doivent intervenir à la fois en amont et en aval du système de formation, en exprimant clairement leurs besoins, et en évaluant la qualité des diplômés.

Aujourd’hui, les interactions avec le monde académique sont quasi inexistantes», estime Zniber. Il va encore plus loin, en proposant l’intervention du monde économique à la première année du lycée, afin d’expliquer les métiers et de participer à l’orientation des élèves. 

Les écoles de dimension internationale ont fait de la proximité avec les entreprises l’un de leurs ingrédients de réussite. Supinfo, qui gère 36 campus dans le monde, dispose d’un conseil de perfectionnement basé à Paris, auquel plus de 300 sociétés sont associées.

majorite_spaclisee_050.jpg

Le plus gros de l’offre du secteur privé est orienté vers le commerce et la gestion. Des disciplines moins budgétivores que les sciences et techniques et le paramédical

Parmi elles, des constructeurs informatiques, dont Microsoft, qui partagent ses innovations avant même leur mise sur le marché. En se rapprochant des écoles, les entreprises identifient aussi les meilleurs talents, les parrainent avant leur diplômation et leur offrent des indemnités de stages alléchantes (jusqu’à 5.000 DH par mois).

Au Maroc, Supinfo possède une dizaine de conventions avec des entreprises. C’est l’école qui a initié la collaboration. Plusieurs ont été associées à des laboratoires de recherche de l’école sur divers thématiques, comme la sécurité informatique, la blockchain, ou encore les applications du langage Java.

                                                                   

■ Soft skills: Créer le déclic!

amine_bensaid_050.jpg

Amine Bensaïd, président de Mundiapolis : «Nous aidons l’étudiant à se regarder dans un miroir et à se projeter dans un métier, grâce au bilan psychotechnique, aux conseils de profs et aux conférences métiers que nous organisons. C’est à partir de là qu’il peut avoir un déclic par rapport à son avenir»
 (Ph. Jarfi)

Langues, communication, savoir-être… ce sont là les compétences qui manquent cruellement aux jeunes lauréats. Pour les professionnels de l’enseignement, c’est un véritable challenge que de recevoir des étudiants avec lesquels tout reste à faire en la matière.

A Mundiapolis, 60% des nouveaux inscrits sont «moyens à bons», 20% ont un niveau plutôt faible, tandis que les 20% restants sont «excellents». L’université veille donc à accorder un traitement personnalisé en fonction des acquis.

Tous les étudiants doivent d’abord passer par des tests psychotechniques, ainsi que par un test de positionnement en langues. «Le mindset est important. Nous veillons à leur faire comprendre très tôt que tout est question de travail et de préparation, et que la confiance en soi peut faire toute la différence», relève Amine Bensaïd, président de Mundiapolis.

L’université travaille sur cinq axes: l’orientation, l’employabilité, les langues & communication, la confiance en soi et l’équilibre avec l’intelligence comportementale, enfin, la confiance en soi et le lien avec les compétences techniques.

«Cela va de l’analyse psychologique au marketing de soi. Très peu se rendent compte du fait que l’employabilité est d’abord une question de marketing de soi!» souligne Bensaïd.

Il y a cinq ans, seuls les étudiants de 5e année étaient accompagnés sur ces aspects. Depuis la rentrée 2017-2018, le programme démarre dès la première année, avec un focus sur l’orientation.
Un complément de diplôme dédié aux activités en lien avec les soft skills a, en outre, été créé (travailler sur un projet d’innovation, organiser un concours…).

La majorité des jeunes choisit sa spécialité par défaut, et continue de naviguer à vue, tout au long de son cursus. Mundiapolis encourage ses étudiants à se fixer très tôt une stratégie de carrière et des objectifs clairs.

Marché: Le potentiel s’améliore, les inscriptions ne suivent pas

Depuis 2011, le taux de scolarisation du supérieur ne cesse de progresser, même s’il reste modeste par rapport aux autres pays de la région. Il est passé de 21% en 2011-2012, à 35% en 2017-2018. Le réservoir d’étudiants grandit, mais les écoles privées n’arrivent pas à en capter suffisamment. Elles attirent à peine 5,5% des effectifs. Selon les données de l’Enseignement supérieur, le Maroc a encore un long chemin à parcourir en matière de scolarisation des 18-22 ans. Dans les pays en développement, le taux moyen de scolarisation est de 74%, contre 57,5% chez les économies émergentes et 28% dans les pays en voie de développement. Au Maroc, le rythme pourrait s’accélérer dans les prochaines années. Entre 2010 et 2018 déjà, le nombre d’étudiants du supérieur public a grimpé de 128%, passant à 822.191, dont 48% de filles.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc