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Bank Al-Maghrib: Le coût de la politique de taux bas de la BCE

Par Franck FAGNON | Edition N°:5333 Le 10/08/2018 | Partager
Le résultat net a été divisé par 3,7 en dix ans et la contribution au Budget de l’Etat par 5
L’atonie de la demande du crédit pèse aussi sur les performances
Mais BAM est surtout attendue sur la maîtrise de l’inflation
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L’orientation accommodante de la politique monétaire et le ralentissement du crédit pèsent sur le résultat de la banque centrale. Mais la persistance des taux de rendement négatifs dans la zone euro a une incidence plus forte

Bank Al-Maghrib n’est pas jugée sur ses résultats financiers, mais sur la conduite de la politique monétaire et la sauvegarde de la stabilité des prix. Cependant, ses performances ont un impact non négligeable sur les finances publiques par le canal des recettes des monopoles et participations. Il n’y a  pas si longtemps, elle était encore le premier contributeur à cette rubrique.

La banque centrale a généré 13 milliards de DH de recettes sur les dix dernières années (2008-2017), mais seulement 3 milliards de DH sur les cinq dernières. Ce déclin traduit l’évolution du contexte marqué notamment par le ralentissement du crédit, ce qui réduit le recours des banques à la monnaie centrale.

En outre, l’orientation accommodante de la politique monétaire a également des conséquences sur le résultat de la banque. Le taux directeur est revenu de 3,25% entre 2008 et 2010 à 2,25% actuellement. La politique de taux bas menée par les banques centrales étrangères, en particulier la BCE, a une incidence plus lourde sur les performances de Bank Al-Maghrib. Les réserves de changes sont pour une grande partie placées auprès de la BCE.

L’année dernière, l’effet de l’environnement de taux bas dans la zone euro a été contenu puisque le résultat net a légèrement baissé de 1% à 1 milliard de DH comparé à un exercice 2016 impacté par un élément exceptionnel. Hors cet élément, le résultat net aurait pratiquement doublé tout en restant éloigné des performances de la fin des années 2000.

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BAM a dégagé un bénéfice de 1 milliard de DH en 2017, en légère baisse de 1%, sachant que le résultat net de 2016 a été impacté par un élément exceptionnel. Hors cet élément, le bénéfice 2017 aurait pratiquement doublé

La gestion des réserves de changes a permis de dégager un résultat de 1,4 milliard de DH, en baisse de 16%. Au-delà de la persistance des taux de rendement négatifs dans la zone euro, l’effondrement des réserves de changes au cours de l’été 2017 n’a sans doute pas été neutre sur les résultats.

La contre-performance de cette rubrique a été compensée par le résultat des opérations de politique monétaire. Il a été multiplié par 2,5 à 918 millions de DH sous l’effet de l’augmentation du recours des banques au refinancement auprès de Bank Al-Maghrib, surtout au début du deuxième semestre. Les banques ont mobilisé en moyenne hebdomadaire 64 milliards de DH entre juin et septembre contre 18 milliards de DH sur les cinq premiers mois de l’année.

La poussée des demandes de couverture des opérateurs (plus de 40 milliards de DH en deux mois), avant l’entrée en vigueur de la réforme du régime de change, avait accentué le besoin de liquidité des banques. Le résultat des opérations de politique monétaire ont contribué à hauteur de 28% aux revenus de la banque centrale, autant que les autres activités qui ont dégagé un résultat en hausse de 28% à 916 millions de DH.

En tout, le résultat des activités de BAM s’est amélioré de 17% à 3,3 milliards de DH. Après prise en compte des charges d’exploitation, le résultat brut d’exploitation a accéléré de 46% à 1,6 milliard de DH.

 

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