International

Aléna: Vers un accord en août

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5325 Le 31/07/2018 | Partager
Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique poursuivent les négociations
Le caractère trilatéral du traité évoqué
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Washington et Mexico ont affiché un regain d’optimisme sur la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna). Ils évoquent une possible conclusion en août après des mois de discussions. Le sujet a été largement évoqué lors de la rencontre la semaine dernière du représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, avec des responsables mexicains venus dans la capitale fédérale américaine pour reprendre les tractations interrompues depuis juin. Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avait lui-même indiqué que Washington espérait nouer un accord de principe prochainement. Le gouvernement mexicain avait estimé qu’il pourrait être trouvé d’ici la fin du mandat du président Enrique Pena Nieto, prévue le 30 novembre. Pour autant, la forme que l’accord pourrait finalement prendre demeure incertaine.
Le Mexique et le Canada ont réaffirmé leur volonté de maintenir le caractère trilatéral du traité malgré les menaces de la Maison-Blanche d’opter pour des accords bilatéraux. Mais Steven Mnuchin a introduit une confusion en soulignant que Donald Trump n’excluait toujours pas l’adoption d’accords bilatéraux Etats-Unis/Canada et Etats-Unis/Mexique. Ces déclarations interviennent au moment où le président américain a pressé le Mexique de faire aboutir rapidement les négociations. Autrement, il menace de sortir du traité.
Après sept sessions, les négociations s’étaient arrêtées mi-juin, à l’approche des élections mexicaines du 1er juillet. «Tout est possible», a commenté le ministre mexicain de l’Economie, Ildefonso Guajardo. «Nous avons neuf chapitres du traité totalement terminés et 10 pratiquement finis», a-t-il expliqué. Le traité Aléna est crucial pour le Mexique qui exporte 80% de ses biens, essentiellement des biens manufacturiers comme les voitures mais aussi des produits agricoles, vers les Etats-Unis. Washington et Ottawa sont eux aussi intimement liés. Quelque 9 millions d’emplois américains dépendent ainsi du commerce et des investissements avec le Canada. Ce dernier achète plus de biens américains que la Chine, le Japon et le Royaume-Uni réunis.

L’Amérique d’abord…

Prônant l’Amérique d’abord, Donald Trump n’a eu de cesse de dénoncer cet accord le jugeant responsable de la disparition de milliers d’emplois aux Etats-Unis. Ceci en particulier dans le secteur automobile en raison de délocalisations massives d’usines vers le Mexique, où la main-d’œuvre est moins chère. Il a aussi déploré l’important déficit commercial des biens avec Mexico, 70,95 milliards de dollars en 2017 contre un excédent de 1,6 milliard avant l’entrée en vigueur de l’Aléna en 1994.
Les trois pays (Canada, Etats-Unis, Mexique) sont convenus que cet accord, vieux de près d’un quart de siècle, avait besoin d’une cure de jeunesse. Et ils avaient initié mi-août 2017 les tractations avec la volonté d’accélérer le processus. Mais les discussions ont achoppé sur les exigences de l’administration Trump. Cette dernière veut notamment imposer une «clause crépusculaire» (sunset clause), qui, tous les cinq ans, permettrait aux parties de mettre fin à l’accord. 

 

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