Economie

Assemblées générales du FMI: Comment Marrakech s’est imposée

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5278 Le 23/05/2018 | Partager
Le Maroc a décroché le ticket après une compétition avec 13 pays
14.000 personnes de 189 pays, dont 4.000 VIP, attendues
Plus de 20 hôtels requis pour héberger les participants
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Christine Lagarde, directrice générale du FMI, lors de sa première visite au Maroc en 2014, en compagnie de Mohamed Boussaid qui est parvenu à convaincre le Fonds et la Banque mondiale de choisir le Maroc pour abriter leurs assemblées générales de 2021 (Ph. Bziouat)

La campagne de boycott de certains produits a complètement occulté un coup de maître que vient de réussir le ministre de l’Economie et des Finances. En effet, Mohamed Boussaid est parvenu à convaincre le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale de choisir le Maroc pour abriter leurs assemblées générales de 2021.

Ces rendez-vous sont traditionnellement organisés deux années successives à Washington et la troisième, dans un pays tiers. Ils constituent une occasion pour faire le point sur les activités de deux institutions et de débattre, à travers des rencontres et des séminaires, des sujets d’actualité relatifs à l’économie mondiale, au développement international et au système financier mondial.

Cette manifestation aura des répercussions importantes sur l’économie. En pratique, ce sont 14.000 personnes, dont au moins 4.000 VIP, qui feront le déplacement à Marrakech.

Elles viendront de 189 pays pour y passer une semaine. Ce gotha mondial de la finance comptera des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales, des PDG de multinationales, des bailleurs de fonds et des leaders de la société civile.

Ce tableau sera complété par l’arrivée d’un millier de représentants des médias internationaux qui viendront couvrir cet évènement planétaire. Il faudra additionner plus de 5.000 visiteurs et invités représentant surtout les milieux d’affaires privés et le secteur bancaire.

Une opportunité en or que le Maroc doit exploiter au maximum pour renforcer son rayonnement régional et international. Il s’agit de mettre en avant ses avancées en matière économique, sociale, démocratique et de droits de l’Homme.

La stratégie marocaine de percée économique et politique en Afrique, qui a déjà commencé par donner ses fruits, devra être mise en relief devant un parterre composé essentiellement de pilotes de la finance mondiale. Compte tenu de la nature et de l’importance des participants attendus, l’organisation de cette manifestation devrait avoir un impact positif sur l’image du Maroc, en matière de stabilité, de tolérance et d’ouverture.

Une occasion supplémentaire pour mettre en avant la renommée de Marrakech en tant que destination de plus en plus prisée pour l’organisation de manifestations d’envergure internationale. La tenue de la COP22 au Maroc en 2016 est encore dans les mémoires. L’impact sur l’économie locale de la région de Marrakech n’est plus à prouver, notamment sur l’activité touristique.

Rabat est arrivée à décrocher le sésame, dans une compétition animée par 13 pays, chacun voulant attirer l’organisation de cette grande manifestation chez lui.

Avant la ligne d’arrivée, la candidature marocaine a dû franchir des étapes. Certes, ce n’est pas le «Morocco 2026», mais le saut d’obstacles dressé sur le chemin  n’a pas été simple. Les informations autour de ce challenge n’ont pas filtré en raison essentiellement de la confidentialité qui caractérise les milieux financiers. Une délégation des deux institutions de Bretton Woods a fait le déplacement pour examiner, sur le terrain, le dossier marocain.

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L’AG du FMI est une occasion supplémentaire pour mettre en avant la renommée de Marrakech en tant que destination de plus en plus prisée pour l’organisation de manifestations d’envergure internationale. La tenue de la COP22 au Maroc en 2016 est encore dans les mémoires. L’impact sur l’économie locale de la région de Marrakech n’est plus à prouver, notamment sur l’activité touristique (Ph. Bziouat)

En fait, c’est en juin de l’année dernière que Mohamed Boussaid a officiellement fait part de la volonté du Maroc de se porter candidat pour acccueillir les assemblées générales du groupe Banque mondiale et FMI en 2021. Le dossier de candidature, élaboré sur la base d’un cahier des charges détaillé, a été officiellement déposé en septembre 2017.

A l’issue d’une première sélection achevée en octobre dernier, cette candidature a été présélectionnée avec celles de trois autres pays que sont la Jordanie, l’Ethiopie et l’Azerbaïdjan. Pour départager les quatre prétendants, une commission technique d’inspection des deux institutions, composée d’une dizaine d’experts, s’est rendue au Maroc durant le mois de décembre 2017. Elle était chargée «d’examiner en profondeur l’offre marocaine, notamment en visitant et en évaluant les différentes installations proposées.

Cette mission a visité Marrakech, le site de la conférence proposé pour abriter l’évènement, plus de 20 hôtels requis pour héberger les participants ainsi que l’aéroport de la ville. En outre, des exposés ont été présentés aux membres de la commission.

Ils ont porté sur les espaces de conférences, l’expérience réussie de l’organisation de la COP22, les aspects relatifs à la sécurité du lieu de conférences et des déplacements des VIP, l’accueil et le transport des personnalités et des participants ainsi que les modalités de visa.

La qualité des installations techniques nécessaires à la tenue de la conférence en matière notamment de télécoms, technologie de l’information et d’audiovisuel a été également abordée. La délégation devra revenir au Maroc en juin prochain pour affiner le travail entrepris.

Afin d’éviter que le scénario de la COP22 ne se reproduise, les hôtels ont pris l’engagement officiel de ne pas augmenter les prix à l’occasion de ces assemblées générales.

Par ailleurs, une action de promotion a été menée à Rabat auprès des ambassadeurs et des représentants des pays disposant d’un pouvoir de vote au niveau du Conseil des gouverneurs de ces deux institutions. C’est Mohamed Boussaid qui a présidé cette rencontre pour solliciter l’appui de leurs pays. 

A la mi-mars, une délégation conduite par le ministre des Finances a eu plusieurs réunions avec les administrateurs et hauts responsables du groupe de la Banque mondiale et le FMI. Au niveau du ministère des Finances, c’est la Direction des affaires générales qui a piloté l’opération. Ce travail, qui s’est étalé sur une année, était soutenu notamment par le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade du Royaume du Maroc à Washington.

Une coopération ancrée

Les relations de Rabat avec le groupe de la Banque mondiale ne datent pas d’hier. En effet, le Maroc est membre de cette institution depuis avril 1958.
Le volume de financement, la qualité et la diversité des relations de coopération qu’entretiennent les deux partenaires depuis 1960 font de la Banque mondiale un partenaire financier privilégié. Ce partenaire accompagne la dynamique de développement économique et social à travers sa contribution au financement des grands programmes de réformes et des projets d’investissement. Son appui porte sur le développement durable et la croissance verte, le secteur financier, la compétitivité de l’économie, la gouvernance, la territorialisation et le développement humain. Son assistance technique couvrant un large éventail de secteurs  prioritaires dont notamment le développement inclusif, l’approche genre, la microfinance et la promotion de la jeunesse.
Le FMI n’est pas en reste puisque la coopération est également très ancienne. En effet, le Maroc est membre du FMI depuis avril 1958. Il bénéficie d’une assistance technique, couvrant principalement le régime de change, le secteur financier, la fiscalité, la supervision bancaire, les comptes nationaux…

 

 

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