Société

Impulsion royale pour les médinas des villes impériales

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5273 Le 16/05/2018 | Partager
1,4 milliard de DH mobilisés pour Fès, Marrakech, Rabat et Casablanca
Valorisation et sauvegarde des tissus anciens… au programme
Meknès attend toujours son projet de restauration
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Le Souverain lors de la présentation des programmes de valorisation des anciennes médinas de Rabat, Marrakech et Fès (Ph MAP )

L’avenir touristique des villes impériales réside dans la capacité de celles-ci à valoriser leurs tissus anciens et sauvegarder leurs savoirs ancestraux. C’est ce qui ressort des conventions signées, lundi dernier à Rabat, en présence du Souverain. D’un montant global de 1,4 milliard de DH, ces accords portent sur la valorisation des anciennes médinas de Fès, Marrakech, et Rabat, ainsi que la 3e phase de la réhabilitation de la médina de Casablanca.

«Ces programmes visent la consolidation de la dynamique de développement que connaissent ces villes et le renforcement de leur attractivité touristique et culturelle», estime Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l'Artisanat et de l’Economie sociale.

A noter que la seule ville impériale ne profitant toujours pas d’une opération similaire est la capitale Ismaïlienne. Pourtant, un programme de l’ordre de 189 millions de DH devait y être lancé il y a quelques années dans le cadre du projet «Madinati», mais est resté lettre morte. L’Economiste revient sur les principaux projets prévus par les conventions actées lundi devant le Roi.

■ Fès: La réhabilitation des monuments à la tête des priorités

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Le projet concernant Fès vise la restauration et la restructuration des ouvrages touristiques, la réhabilitation des infrastructures de la cité Idrisside et le renforcement de son attractivité (Ph YSA)

En mai 2017, le Souverain inaugurait, à Fès, le projet de restauration de 27 monuments. Lancé 4 années plus tôt, ce programme a concerné différents sites de haute charge historique dont certains datant du 10 et 11e siècles. Accompagné d’Irina Bokova, la directrice de l’Unesco de l’époque, Mohammed VI s’est rendu dans les médersas, foundouks et autres joyaux architecturaux «remis à neuf et à l’identique». Le chantier réalisé par l’Agence pour le développement et la réhabilitation de la ville de Fès (Ader-Fès) est vivement apprécié. Bokova a admiré l’approche participative qui associait la population dans le chantier de réhabilitation. A noter que les retombées  d’un tel projet sont immédiates (création d’emplois, intégration, appropriation…). Par ailleurs, la réouverture de ces sites (restaurés pour plus de 300 millions de DH) a suscité un véritable engouement de la part des touristes marocains et étrangers (y compris les VIP). Pour la petite histoire, la capitale spirituelle a terminé l’année 2017 avec une hausse de plus de 40% d’arrivées, et plus 33% durant les trois premiers mois de 2018. Et c’est pour consolider cette dynamique qu’un programme complémentaire pour la valorisation de la médina est lancé. Celui-ci mobilisera près de 583 millions de DH (2018-2023).

■ L’Ader, l’opérateur indiqué pour la restauration

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L’expertise de l’Ader en matière de réhabilitation de la médina lui procure le statut de l’opérateur indiqué lorsqu’il s’agit de travaux de restauration au niveau du tissu ancien. Ainsi, la maîtrise d’ouvrage du nouveau chantier est confiée à l’Agence. Concrètement, ce projet vise la valorisation des monuments historiques inaugurés par le Roi l’année dernière. Ce chantier concerne 113 sites historiques d’activités économiques (Foundouks, ateliers, souks) et 10 mosquées et écoles coraniques, et la valorisation de 11 sites historiques (horloge à eau, musée de la culture juive), la restauration de Dar Al Makina, outre l’aménagement de 8 parkings, la rénovation du système de signalisation et la mise en place d’un système d’information électronique pour le renforcement de l’offre touristique. «Au programme également, la réhabilitation de 39 espaces dédiés aux activités artisanales et commerciales telles que les hôtels et les marchés traditionnels, bénéficiera directement à quelque 3.000 personnes», indique Fouad Serghini, directeur de l’Ader. Selon lui, ce projet vise la restauration et la restructuration des ouvrages touristiques, la réhabilitation des infrastructures de la cité Idrisside et le renforcement de son attractivité. La dynamisation de l'activité commerciale et économique de la ville n’est pas en reste. Par ailleurs, un autre programme, d’une valeur de 400 millions de DH, prévoit la réalisation de 8 parkings d'une capacité de 3.600 places, le revêtement des rues qui mènent aux sites touristiques et la rénovation du système de signalisation dans l'ancienne médina. Signalons que les études pour la réalisation de ce projet sont déjà lancées. «Nous n’avons pas droit à l’erreur…tous les chantiers doivent respecter le tableau de bord et se réaliser selon un calendrier prédéfini», explique Serghini.

■ Cure de jouvence pour les tissus anciens de Rabat et Marrakech

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Les conventions relatives à la valorisation des médinas de Rabat et Marrakech prévoient respectivement 325 et 484 millions de DH d’investissement. Dans la première ville, le chantier de 4 ans (2018-2021) portera sur l’aménagement de la Place Bab El Had et des Places jouxtant le marché central, le renforcement du système de signalisation, la mise en place de plateformes interactives d’informations touristiques, le revêtement des ruelles (8 km) et la création de deux parkings souterrains à Bab El Had et Bab Chellah, d’une capacité totale de 1.090 places. Pour ce qui est de la ville ocre, il est question de valoriser ses monuments historiques, le renforcement du système de signalisation et du réseau d’éclairage, la mise en place de plateformes interactives d’informations touristiques et l’aménagement d’espaces publics et de six parkings, dont deux souterrains, d’une capacité de 1.000 places. Rabat et Marrakech, comme Fès et Casablanca, avaient déjà bénéficié de programmes de sauvegarde de sites historiques et réhabilitation des maisons menaçant ruine, dans le cadre des projets «Rabat, ville lumière, capitale marocaine de la culture» et «Marrakech, cité du renouveau permanent».

                                                                              

Casablanca: 300 millions de DH pour l’habitat menaçant ruine

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Prioritaire également, l’élaboration de la 3e phase du programme d’habitats menaçant ruine de la métropole. Doté d’un budget de 300 millions de DH, financé par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, celui-ci fait partie intégrante du programme de réhabilitation de l’ancienne médina de Casablanca. Sa réalisation est actée par une convention signée par les ministres de l’Intérieur et du Tourisme, Abdelouafi Laftit et Mohamed Sajid, le président du directoire du Fonds Hassan II, Abdelouahed Kabbaj, le wali de la région de Casablanca-Settat, Abdelkébir Zahoud, et le gouverneur, directeur de l'Agence urbaine de Casablanca, et Mohamed El Aouzai. La réalisation de tous ces chantiers est confiée à des entités opérant sous la direction des départements de l’Intérieur (Ader) et l’Habitat (Al Omrane).

 

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