Economie

Examen multidimensionnel de l’OCDE: El Othmani prend acte… mais ne s’engage pas

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5273 Le 16/05/2018 | Partager
Il est resté vague sur les orientations de la refonte du modèle de développement
Au-delà du diagnostic, le gouvernement est attendu sur des mesures concrètes
Aucune visibilité sur le renforcement de la cohérence des politiques publiques
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Pour Saâdeddine El Othmani, l’examen multidimensionnel réalisé par l’OCDE, «est une opportunité pour identifier les lacunes qui doivent être traitées, particulièrement celles liées au développement humain et à la réduction des inégalités sociales et spatiales» (Ph. Bziouat)

Comme nous l’avons souligné dans notre édition d’hier, l’examen multidimensionnel du développement au Maroc, réalisé par l’OCDE, a mis l’accent sur une série de défaillances qui plombent les efforts menés, notamment via les stratégies sectorielles. En tête, la faible cohérence dans les interventions de l’Etat au niveau sectoriel.

Un constat largement partagé, régulièrement pointé par différents rapports durant plusieurs années. C’est l’un des principaux aspects qui devront être pris en compte dans le processus de refonte du modèle de développement, conformément aux recommandations royales.

Lors de la présentation du rapport de l’OCDE, lundi dernier à Rabat, Saâdeddine El Othmani a estimé qu’il s’agit d’une «opportunité pour enrichir le débat en cours du renouvellement du modèle de développement». L’objectif est de «lui permettre de surmonter les difficultés et de rejoindre le club des pays émergents». Ce chantier urgent semble encore à la traîne.

Le gouvernement n’ayant annoncé pour l’instant aucun calendrier concernant ce processus de refonte du modèle de développement. Le chef du gouvernement s’est contenté d’affirmer, lors de cette rencontre, que «les recommandations issues de cet examen permettront d’améliorer le contenu et la gouvernance des politiques publiques».

Il a mis l’accent sur des aspects traités dans ce rapport, notamment la valorisation du capital humain, le renforcement de la compétitivité économique, la rationalisation du rôle de l’Etat ainsi que le renforcement de la culture de suivi et d’évaluation. El Othmani est resté vague concernant l’orientation que devra prendre le nouveau modèle économique. Surtout que le diagnostic est largement partagé, comme l’a souligné le Souverain dans plusieurs discours.

Au moment où les opérateurs économiques et les citoyens s’attendent à des mesures concrètes, le chef du gouvernement s’est limité à des annonces de bonnes intentions. «Je suis confiant que les réformes que nous avons accumulées nous permettront d’évaluer avec confiance notre modèle de développement afin d’accompagner les transformations politiques, économiques, sociales et démographiques», a-t-il dit.

El Othmani a mis l’accent sur «les réformes menées pour améliorer le cadre de l’investissement, ayant permis l’attractivité de l’économie marocaine». Il a aussi insisté sur «l’augmentation du niveau de l’investissement et de la croissance, parallèlement à la diversification du tissu productif national».

Mais il a évité de s’exprimer sur les leviers à activer pour corriger certaines défaillances, particulièrement le faible niveau de création d’emplois par rapport au volume des investissements. Il n’a pas non plus donné des détails concernant la vision de son équipe pour assurer une meilleure cohérence des politiques sectorielles.

Le document élaboré par l’OCDE a mis l’accent sur «l’importance de renforcer les mécanismes institutionnels de coordination dans la mise en place des stratégies sectorielles et de soutenir les prises de décision via un système intégré de suivi de l’exécution des stratégies».

En août 2017, le chef du gouvernement avait annoncé la mise en place d’une commission interministérielle rattachée à la primature, pour assurer la convergence de l’intervention des différents départements. Elle devait être appuyée par un comité technique, chargé de préparer ses travaux et de faire le suivi de l’exécution de ces décisions. Pour l’instant, rien n’a filtré concernant les détails de l’activité de ces deux entités.

Ressources humaines

La réforme du secteur de l’enseignement figure en tête des dossiers traités lors de cet examen multidimensionnel de l’OCDE. Ce document appelle à une «meilleure exploitation des ressources financières dédiées à l’éducation». L’idée est d’éviter de reproduire le scénario de certaines réformes, ayant englouti de gros budgets sans aboutir à des résultats concluants. Dans le processus de réforme du secteur éducatif, l’OCDE plaide pour une mise à niveau du statut des enseignants et de leur formation continue. L’idée est de «rendre plus attractif le parcours professionnel des enseignants», est-il indiqué. Cela devra s’accompagner d’une «meilleure répartition des ressources humaines». L’objectif est de «rehausser le niveau de la formation». Pour éviter de produire une génération de «laissés pour compte», ce rapport appelle à s’impliquer davantage en faveur des élèves en difficulté, à travers une stratégie de soutien scolaire.

 

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