Entreprises

Holmarcom renforce son pôle agroalimentaire

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5273 Le 16/05/2018 | Partager
Sa filiale Dénia lance la construction d’une usine en Côte d’Ivoire
Un investissement de plus de 200 millions de DH

Holmarcom poursuit son développement en investissant, cette fois-ci, à travers sa filiale Dénia. L’unité transformera de la noix de cajou en produits divers notamment en biodiesel à partir de l’huile extraite du cajou ainsi que de la biomasse provenant de la coque.

La signature du protocole d’accord d’implantation de l’usine s’est déroulée le 8 mai au Village des technologies de l’information et de la biotechnologie (Vitib), à Grand Bassam (périphérie d’Abidjan), en présence de l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Abdelmalek Kettani.

L’investissement du groupe avoisine les 20 millions d’euros, soit environ 222 millions de DH. Au départ, l’unité de production générera 500 emplois directs, pour atteindre des milliers durant sa vitesse de croisière. L’usine démarrera d’ici début 2019 et écoulera plus de 10 tonnes de produits par an.

Dénia est une marque marocaine créée en 2012. Elle est dédiée au snacking et autres produits de grande consommation. L’ouverture de l’usine en Côte d’Ivoire correspond à un renforcement du pôle agroalimentaire du groupe, composé de cinq sociétés partageant des synergies industrielles et commerciales: FruitDeli, SFM, Cosseco, CFS et Taromed, regroupées dans un holding dénommé Dénia, dans lequel Holmarcom a une participation majoritaire.

Le pôle agro-industrie représente environ 27% du chiffre d’affaires de Holmarcom. En 2016, le conglomérat marocain a réalisé plus de 7,8 milliards de DH de chiffre d’affaires. Il écoule des produits de snacking (chips et fruits secs) ainsi que des ingrédients pour l’industrie agroalimentaire: fruits et légumes séchés, plantes aromatiques, épices ou encore huiles essentielles.

Le marché marocain des épices conditionnées est largement approvisionné par des importations. «Vendus principalement en vrac (souks de garage Allal, Derb Milan…), les fruits secs sont valorisés pour garantir la qualité et limiter la contrebande», explique le management. Plus de 70% des ventes d’épices sur le marché se font en vrac.

Au Maroc, l’entreprise dispose de la seule unité de concassage de noix de cajou. Elle y produit pour ses besoins ainsi que pour d’autres industriels. L’industriel s’approvisionne localement, sauf pour la pistache et la noix de cajou, auprès d’un réseau d’agriculteurs implantés essentiellement à Haj Kaddour dans la région de Meknès où Dénia dispose d’une deuxième unité de production.

En raison des faibles volumes de la matière première, l’entreprise importe de plusieurs pays comme la Turquie, l’Inde, la Chine, l’Iran pour le raisin sec. Le Bénin et le Nigéria pour la noix de cajou.

Poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de ce fruit à coque, devant l’Inde et le Vietnam. Un titre qu’elle a défendu en 2017, avec une récolte de 711.200 tonnes. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou à plus de 10.000 dollars (8.400 euros, environ 93.316 DH) la tonne montre à quel point cet investissement est stratégique pour le groupe. Avec cette implantation locale, Dalia s’offre une marge de manœuvre plus appréciable sur le prix de revient. L’Etat ivoirien a fixé un prix minimum aux planteurs de 500 francs CFA (environ 8,50 DH, 0,76 euro) le kilo en 2018. Pour sa part, son voisin ghanéen a fixé la barre à 1.000 francs CFA le kilo (environ 17 DH), ou le Burkina à 900 francs CFA (15,28 DH).

 

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